Chaque année, plus de 12000 jeunes diplômés sont sur le marché de l’emploi. Cependant, la majeure partie des personnes en âge de travailler au Burkina Faso sont sans instruction, ni formation. (DR)

Chômage des jeunes : A la recherche d’une parade

• 12.000 diplômés chaque année sur le marché

• 75,3% des actifs sans instruction

• La contribution des jeunes économistes

L’emploi des jeunes a été l’une des préoccupations majeures des assises de l’Association des jeunes économistes (ANJE-BF) qui se sont tenues les 20 et 21 novembre derniers à Ouagadougou. Le chômage frappe les jeunes. Dans un marché de l’emploi très étroit, avec des emplois peu productifs et en inadéquation avec le besoin exprimé.

Selon les statistiques de la Banque mondiale, près de 12.000 jeunes diplômés se positionnent chaque année sur le marché du travail, à la recherche d’un premier emploi. Selon le Bureau international du travail, pourtant, le chômage a chuté au Burkina Faso entre 2007 et 2014, passant de 3,3% à 2,2%.
Un taux en deçà des autres pays africains tels que l’Ouganda, la Tanzanie (5%) et la Côte d’Ivoire (7%). Les chiffres de l’ANPE font état de 93% d’actifs pour un taux de chômage de 6,6%. La population active est extrêmement jeune, avec 42,3% de personnes ayant moins de 30 ans. Le nombre de personnes actives est de plus de 6,33 millions, et le nombre de personnes inactives est d’environ 11,54 millions. La répartition des actifs par secteur place en première position le secteur de l’industrie qui emploie 31,1%, suivi du secteur de l’agriculture, la pêche et l’élevage avec 29,9%, le commerce 21,3%, les services 17,7% (source ANPE).
Le secteur de l’emploi au Burkina Faso connait beaucoup de problèmes. Avec une population de plus en plus jeune qui croit de manière rapide, le pays a du mal à équilibrer croissance et emploi. La Banque mondiale fait ressortir une forte croissance ces dernières années qui sont malheureusement marquées par un ralentissement économique tenant à des facteurs exogènes tels que la baisse du cours des matières premières, le contexte politique national.
Toute chose qui tend à accentuer la question du chômage. De plus, la majeure partie des personnes actives est confrontée au problème d’instruction.
Selon les données, 75,3% des personnes actives sont sans niveau d’instruction. 12,8% ont le niveau de l’école primaire, 10% ont atteint le niveau du secondaire et seulement 2% le niveau supérieur.
Le secteur de l’agriculture emploie certes près de 80% de la population. Cependant, le revenu moyen du paysan burkinabè est largement en dessous du seuil de la pauvreté et en deçà de la moyenne africaine selon la Banque mondiale.
De nombreuses solutions ont été mises en place par les gouvernants successifs pour prendre à bras-le-corps le problème du chômage qui, si rien n’est fait, constituera une vraie gangrène, car le chômage des jeunes handicape sérieusement le développement du Burkina Faso même si des critères de définition du chômage tendent à minorer son ampleur.
Des projets et programmes ont vu le jour pour pallier ce problème. La SCADD, à travers les Politiques nationales de l’emploi (PNE), les Politiques nationales du travail et bien d’autres, vise à répondre au besoin d’améliorer la qualité des emplois, sans oublier le défi de la création d’emplois. Les pouvoirs publics quant à eux ont mis en place le Programme de formation de 10.000 jeunes par an aux métiers depuis 2008, le Fond d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) depuis 2007 et bien d’autres. Cependant, malgré tous ces programmes et projets, le chômage des jeunes perdure.

Germaine BIRBA


Les recommandations de l’ANJE-BF

Face aux chiffres sur le chômage au Burkina, l’Association des jeunes économistes a fait des recommandations. Ce sont entre autres : l’appui du gouvernement aux initiatives des jeunes dans le domaine de l’entrepreneuriat par des programmes soutenables, diversifiés et orientés vers les diplômés, mais aussi les non diplômés; bénéficier du dividende démographique (fenêtre d’opportunités) d’ici à 2025-2030 en agissant sur la chaîne aux différentes étapes, de la maîtrise des naissances aux investissements adéquats dans le capital humain et la création d’opportunité d’emplois pour les jeunes de manière cohérente ; mettre en adéquation les orientations et réformes de la SCADD avec celles des autres institutions parapubliques et politiques du pays de façon cohérente. La Banque mondiale soutient le Burkina Faso pour relever ce défi depuis plusieurs années. Elle a d’ailleurs injecté plus de 250 millions de dollars pour la création d’emplois à travers des projets.

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Numéro d'édition: 135

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