L’ANJE-BF estime que d’importants défis économiques sont à relever dans le contexte du renouveau démocratique dans lequel s’est engagé le pays. (DR)

Assises des jeunes économistes

• Une 1re édition sous l’agenda post-électoral

• La question des emplois jeunes discutée

Les jeunes économistes ne veulent pas rester en marge du débat démocratique au Burkina Faso. Réunis sous la bannière de l’Association nationale des jeunes économistes du Burkina Faso (ANJE-BF), ils ont tenu leurs premières assises le vendredi 20 novembre 2015 à Ouagadougou, sous le thème: «Les défis économiques du renouveau démocratique au Burkina Faso : contribution de la jeunesse à la réflexion sur l’agenda post-transition».

Les jeunes économistes ont prêté l’oreille aux différentes communications. (DR)

Les jeunes économistes ont prêté l’oreille aux différentes communications. (DR)

Ces assises étaient parrainées par le ministre de l’Economie et des finances, Gustave Sanon, représenté par son conseiller technique, Moumounou Gnankambary.
Notant que chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir, le président de l’ANJE-BF, Idrissa Kaboré, affirme que leur mission consiste à la consolidation et au renforcement des institutions démocratiques et à l’édification d’une économie nationale prospère. «J’ose croire qu’à l’issue de ces deux jours de travail sortiront des conclusions, des recommandations fortes et des orientations à même de permettre à la jeunesse d’accomplir sa mission avec efficacité», a-t-il souhaité. Pour le représentant du parrain, Moumounou Gnankambary, l’ANJE-BF n’a pas une force obligatoire, mais ses membres ont le mérite de poser des questions cruciales.
Il estime également que des sujets sur l’éducation, la santé, les infrastructures peuvent alimenter les débats s’ils sont pris en compte par les candidats à l’élection présidentielle. Ce qui permettrait à la jeunesse de sonder les futurs dirigeants qui veulent faire du Burkina Faso un pays émergent.
Durant 48h, les économistes ont échangé avec les professionnels du monde économique et de la politique sur plusieurs thèmes. Et pour le président du conseil scientifique de l’ANJE-BF représenté par Sayouba Oudéraogo, ces thèmes sont pertinents et d’actualité car ces assises se tiennent dans une période post-insurrectionnelle où «tous les espoirs des Burkinabè sont fondés sur le type de changement qui va apporter un mieux-être dans leur vie», a-t-il ajouté. Pour cette première édition, l’ANJE-BF a compté avec des participants venus de la sous-région, des représentants d’OSC, de partis politiques, des institutions et aussi de la Banque mondiale. «Le développement n’est pas un fait du hasard, mais le fruit d’une réflexion, d’une planification et d’une bonne gestion», a noté le président de la Fédération des associations des jeunes économistes de l’Afrique de l’Ouest (FAJEAO), Amadou Dicko. Il n’a pas manqué de rassurer que la fédération restera à l’écoute des recommandations qui seront issues des échanges.

Les panels
«Croissance économique et emploi des jeunes au Burkina Faso», c’est sous ce thème que l’économiste en chef à la Banque mondiale, Jacques Morisset, s’est entretenu avec les jeunes économistes. Dans son exposé, il a affirmé que le taux de chômage est élevé en zone urbaine pour les jeunes ayant des diplômes qui ne répondent pas aux besoins du marché de l’emploi. Il a détaillé également que 80% des emplois sont dans le secteur agricole. Pour établir une adéquation significative entre croissance économique et emploi, Jacques Morisset propose un certain nombre de solutions.
«Il faudra créer d’abord plus d’emplois productifs dans le milieu agricole en augmentant la production et en la diversifiant; ensuite apporter un appui conséquent aux initiatives de jeunes indépendants et enfin promouvoir la création d’entreprises pourvoyeuses d’emplois en améliorant, entre autres, le climat des affaires et en formant davantage la main-d’œuvre qui manque de compétence », a-t-il suggéré.
Par rapport à l’intervention de la Banque mondiale au Burkina Faso en matière de création d’emplois, l’économiste Mariam Diop précise que l’institution intervient dans quatre projets à travers une aide de plus de 250 millions de dollars américains. Il s’agit des projets de l’amélioration de l’accès et de la qualité de l’éducation; l’emploi des jeunes; le Pôle de croissance de Bagré et l’appui aux filières agro-sylvo-pastorales.
Outre cette communication de la Banque mondiale, plusieurs communications ont ponctué les assises, notamment celle du Pr Laurent Bado sur la qualité des Hommes : quel Burkinabè pour un Burkina Faso émergent ?, du Dr Souleymane Diarra de l’UEMOA sur «les gains de l’intégration économique pour les pays de l’UEMOA: cas du Burkina Faso».

J. B. KABORE


 

L’ANJE-BF en bref

Créée en décembre 2011 et reconnue trois mois plus tard, l’Association nationale des jeunes économistes du Burkina Faso (ANJE-BF) est une organisation à caractère scientifique, laïc, apolitique et à but non lucratif. Elle a pour vocation d’être un cadre de partage d’expériences et de formation pour la jeunesse burkinabè.
L’ANJE-BF est également membre de la Fédération des associations des jeunes économistes de l’Afrique de l’Ouest (FAJEAO) créée en 2014 et qui regroupe 10 pays. Il s’agit du Mali, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Niger, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Ghana, du Bénin, du Togo et du Burkina Faso.

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Numéro d'édition: 134

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