Société-Culture

Planification familiale : Faible recours aux méthodes contraceptives

Le Burkina Faso enregistre un faible recours à la contraception avec un taux de 34,3% d’utilisation des méthodes contraceptives. L’annuaire statistique du ministère de la Santé 2014 (publié en mai 2015) indique que seulement 1.452.671 de personnes utilisent des méthodes contraceptives au Burkina. Parmi elles, 579.396 seraient de nouvelles utilisatrices et 873.224 d’anciennes utilisatrices. Dans le lot des nouvelles personnes utilisatrices, le condom masculin serait le plus utilisé, avec 50.774 nouveaux utilisateurs. Quant au condom féminin, il enregistre 953 nouvelles utilisatrices. C’est dire que de nombreux couples n’ont pas toujours recours à la contraception.

Plusieurs raisons expliqueraient ce faible taux. Si l’insuffisance des ressources humaines et des infrastructures impactent l’accessibilité des femmes aux soins de santé en général et à la planification familiale en particulier, on note que: «Les barrières socioculturelles font que les gens n’adhérent pas toujours à la planification familiale», selon Djéneba Sanon, secrétaire générale du ministère de la Santé qui s’exprimait le 4 novembre dernier lors de la revue à mi-parcours de la mise en œuvre du projet pilote d’introduction de SayanaPress au Burkina Faso. C’est pour contribuer à rendre les méthodes contraceptives accessibles que le projet pilote de SayanaPress est mis en œuvre par le ministère de la Santé en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers.
Le projet vise à développer des stratégies innovantes de promotion de la planification familiale parmi lesquelles l’introduction dans la gamme des produits contraceptifs du nouveau contraceptif SayanaPress dans 4 pays que sont l’Ouganda, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso.

Grace à la planification familiale, de nombreuses femmes peuvent pu retarder le moment d’avoir un ou plusieurs enfants.
Grace à la planification familiale, de nombreuses femmes peuvent pu retarder le moment d’avoir un ou plusieurs enfants.

Au Burkina Faso, le projet pilote couvre la période 2014-2016 et concerne 4 régions à fort potentiel que sont la Boucle du Mouhoun, le Centre, le Centre-Ouest et les Hauts-Bassins. A côté de l’Etat, de nombreuses autres initiatives sont pilotées par des ONG dans toutes les régions du Burkina Faso en matière de planification familiale jugée alarmante si on en croit les données du ministère de Santé.
La modestie des allocations budgétaires dans le domaine de la santé en serait une des causes selon une étude réalisée par le Réseau d’accès aux médicaments essentiels (RAME) en juillet 2014. L’étude relève qu’au regard de la modestie de la dotation budgétaire en faveur la santé, la part revenant à la «santé de la mère et de l’enfant» est en constante baisse, passant de 5,01% en 2011 à 4,49% en 2012 et 3,76% en 2013. Pendant ce temps, celle de la «lutte contre le VIH/SIDA» reste relativement élevée: 13,33% en 2011, 4,92% en 2012 et 13,27% en 2012. Est-ce la conjugaison de tous ces facteurs qui explique que seulement 19,9% des femmes en âge de procréer utilisent des méthodes contraceptives? Quoi qu’il en soit, on relève une faible couverture des sensibilisations au planning familial. En effet, on évalue à seulement 714.947 le nombre de personnes qui ont été touchées par le planning familial au cours de l’année 2014 dans les districts sanitaires.
Parmi ces personnes, on dénombre plus de femmes (605.480) que d’hommes (109.467) selon les données du ministère de la Santé. Pourtant, le recours aux méthodes contraceptives permet aux populations d’avoir le nombre souhaité d’enfants et de déterminer l’espacement des naissances. «On estime à plus de 222 millions le nombre de femmes qui souhaiteraient retarder le moment d’avoir un enfant ou de ne plus en avoir, mais qui n’utilisent aucun moyen de contraception», selon les explications de Siaka Traoré de l’UNFPA.
Elie KABORE


La santé de la mère et de l’enfant en danger

Les indicateurs du ministère de la Santé mettent en exergue la gravité de la situation sanitaire de la mère et de l’enfant au Burkina. Seulement 828.854 des femmes ont été vues en consultations prénatales sur 977.337 grossesses attendues. Parmi elles, 7.033 étaient anémiées.
Le nombre d’accouchements réalisés dans les formations sanitaires a été estimé à 701.654 dont 18.149 par césarienne. Au moins 0,9% des femmes enceintes ont été dépistées positives au VIH dans l’année et 3.488 enfants nés vivants ont des mères portant le VIH+. Enfin, sur les 4.008.815 consultations de nourrissons sains, 537.752 présentaient un état de malnutrition aiguë. Au cours de l’année 2014, le nombre des avortements étaient de 30.928 dont 28.503 avortements spontanés, 2.377 avortements clandestins.

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