Mine d’or de Inata : Un accord pour sauver les meubles

• Une nouvelle rotation pour les travailleurs

• Réduction de la masse salariale

Les mines du Burkina vivent-elles leur première crise de croissance ? Le moins que l’on puisse dire c’est que la situation actuelle n’est pas du tout reluisante pour les acteurs du secteur. Après quelques années d’exploitation de l’or faisant du Burkina un pays minier, le pays vit ses premiers conflits du travail qui, ajoutés à la baisse continue du cours de l’or, plombent l’activité extractive.

Les sociétés minières sont contraintes de revoir leur business plan et leurs résultats à court et moyen termes et de développer des stratégies de survie en attendant le redécollage du cours de l’or. C’est le cas actuellement à la mine d’or de Inata détenue par la Société des mines du Belahourou (SMB) où direction et représentants des travailleurs sont parvenus à un accord pour préserver leur outil de travail, améliorer le climat social et la productivité. Le 6 novembre dernier, après de longues négociations, l’administration et le personnel sont parvenus à un protocole d’accord qui a fait l’objet d’une note de service. Ce protocole d’accord s’appuie sur des constats. En effet, depuis janvier 2015, date de reprise des activités après le mouvement de grève qui avait contraint la mine à fermer et à se séparer d’un certain nombre des agents, la mine fait face à des difficultés entre autres liées à la baisse de la production à cause de la faible teneur en minerai du site selon la direction et aux coûts de production élevés dus à un système de traitement du minerai plus onéreux. «Des coûts additionnels liés au ‘cut-back’ de la fosse du nord» sont également avancés. A ces problèmes liés aux fiances s’ajoute celui de l’organisation du travail. La nouvelle rotation qui a été mise en place à la reprise en janvier s’est avérée «inadéquate» selon le préambule du protocole d’accord. Il s’agit d’un système de rotation 14/7 qui ne permettait pas aux employés de bien récupérer, qui ne favorisait pas non plus la productivité. Le protocole d’accord qui a été négocié courant octobre et donc rendu public en début novembre a débouché sur une nouvelle rotation et des réductions de coûts issus d’un effort. Les points d’accord sont au nombre de 11. Le nouveau système de rotation est 14/14 pour le personnel junior. La rotation du personnel senior reste inchangée, mais le protocole précise que les départements disposent d’une certaine flexibilité pour organiser le travail en fonction des besoins. L’ajout d’une quatrième équipe partiellement ou entièrement externalisée est acquis également.
Les heures supplémentaires sont désormais calculées sur un cycle de 28 jours. Les deux parties ont convenu du maintien des emplois et d’en éviter la suppression pour des motifs économiques. Mais surtout, le protocole d’accord assure la prolongation des CDD qui expirent en 2016 jusqu’au 31 décembre de la même année. Les travailleurs ont consenti au non-paiement de la prime de quart durant la validité du protocole d’accord. Cependant, le paiement la prime de panier est maintenue à travers un forfait. Sur les efforts financiers à consentir, l’accord prévoit entre autres la réduction de 10% de la rémunération de base du personnel senior (les cadres) et la recommandation d’une baisse de 10 % également de la masse salariale des expatriés. L’accord entre en vigueur le 1er janvier 2016 et est valable pour 12 mois.
FW


 

Transparence

Ce protocole d’accord qui a été signé sous la supervision de l’Inspection du travail est révisable «en cas d’augmentation stable et continue (sur une période de deux mois) du cours de l’or à 1.400 dollars l’once». Cet accord porte aussi sur la diffusion de l’information sur la vie de l’entreprise, notamment par la mise à disposition d’information sur la situation de l’entreprise.
Les délégués du personnel en seront les courroies de transmission, mensuellement. Mais certaines sources nous font savoir que les travailleurs dans leur grande majorité ne maitrisent pas encore les détails de cet accord et d’autres sont désabusés vu les conséquences du mouvement de décembre 2014 et il faut attendre les effets sur les bulletins de paie autour de février pour prendre la vraie mesure des changements.

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Numéro d'édition: 133

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