Le défi de la disponibilité de l’énergie est toujours aussi criard au Burkina. Augmenter la capacité de production de la Sonabel tout en innovant pour plus de sécurité énergétique, voilà l’équation. (DR)

Déficit énergétique : La solution des présidentiables

• Les centrales solaires ont de la cote

• Ram et Salvador proposent la biomasse

• Natama pense à l’énergie éolienne

Quelles solutions préconisez-vous pour résorber le problème de l’énergie au Burkina Faso si vous êtes élu? Cette question, L’Economiste du Faso l’a posée aux 14 candidats à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015. Voici les réponses de quelques-uns.

Le candidat Salvador Maurice Yaméogo du Rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF) estime qu’il faut élargir les sources d’énergie (thermique, hydroélectrique, solaire, biomasse, etc.) et diversifier les sources d’importation par les interconnexions pour baisser le coût par le jeu de la concurrence. «Il faut aussi économiser l’énergie, d’autant qu’elle est chère, et pour cela sensibiliser, prévenir et sanctionner dans les administrations publiques tout gaspillage d’énergie», ajoute-il. Toutefois, concernant le biocarburant, il faudra bien en mesurer l’incidence, relativement aux cultures vivrières. Il importe enfin d’opter résolument pour le solaire, voire l’éolien.
Victorien Tougouma du Mouvement africain des peuples (MAP) se propose de subventionner l’accès à l’électricité pour chaque ménage des villages, par des kits solaires. Pour les villes, ce sera un mélange énergie solaire/ énergie fossile. Il compte ainsi augmenter la capacité de production de la SONABEL par la construction de centrales solaires d’une capacité totale de 300 MW et de poursuivre les interconnexions. Aussi, il engagera les grands consommateurs d’électricité du public comme du privé à avoir au moins 50% de consommation en énergie solaire. Enfin, l’augmentation des capacités de stockage, d’embouteillage et de distribution de la SONABHY et de ses partenaires en gaz butane pourra faire face à la demande et réduire les prix.
Ram Ouédraogo du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF) compte transformer les ordures en combustibles. Il fera la promotion des énergies nouvelles et renouvelables comme le solaire afin de les vulgariser et les rendre accessibles à tous par des mesures incitatives et des subventions. Outre l’industrie, Ram Ouédraogo indique que le solaire servira aussi à la consommation domestique avec une promotion des fours solaires pour la cuisson. «D’autres sources d’énergie seront recherchées et expérimentées, par exemple l’énergie éolienne et l’expérience biomasse seront fortement encouragées», conclut-il.
Tahirou Barry, candidat du Parti de la renaissance nationale (PAREN), propose «des aménagements hydro-électriques et la construction de centrales solaires». Pour Jean-Baptiste Natama, candidat indépendant, le Burkina Faso est un pays sahélien avec un taux d’ensoleillement exceptionnel. «Je m’engage au cours de mon mandat à offrir des kits solaires d’éclairage à tous les ménages, à doter chaque commune d’une centrale solaire, à doter également chaque CSPS d’une installation solaire. L’énergie éolienne sera également introduite et vulgarisée dans certaines zones du pays».
Elie KABORE


Zéphirin Diabré pour le thermique et le solaire

Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), propose des mesures étalées dans le temps. Il part du constat que le déficit de puissance électrique est de 50 MW en 2015 et sera de 68 MW en 2016.
Dans l’immédiat, il va acheter des groupes électrogènes de 80 MW et la remise en service des groupes électriques en panne. Dans le court et moyen termes, il envisage la construction d’une grande centrale solaire de 160 MW à 400 milliards de F CFA. Dans le même temps, il compte construire 6 centrales solaires connectées au réseau national d’une capacité de 20 MW, tout comme il prendra les dispositions nécessaires pour achever la construction de la centrale solaire de Zagtouli. Enfin, Zéphirin Diabré compte poursuivre et dynamiser les projets en cours comme les projets hydro-électriques de Samandeni (2,6 MW) et les projets de la Bougouriba, de Ouessa, Bagré aval, Gongourou, Folozon, Bontioli, Koutséni et Arli, tout comme l’interconnexion avec la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Ghana.


Comment adoucir le coût de l’énergie ?

Pour adoucir la facture énergétique qui plombe la compétitivité des entreprises, Salvador Maurice Yaméogo propose à court terme de revoir la structure de prix du kW/h. A moyen et long termes, la question de la libéralisation de la production et de la commercialisation de l’énergie pourrait constituer une piste de réflexion pertinente, combinée à celle des énergies vertes.
Le candidat du MAP compte augmenter la capacité de production de la SONABEL par la construction de centrales solaires et poursuivre les d’interconnexion, ce qui permettra une baisse du coût du kW/h, du déficit en électricité. Aussi, il envisage de baisser le prix des produits pétroliers, notamment l’essence, le gasoil, le pétrole, et indexer les prix sur le cours du baril de pétrole.
Jean-Baptiste Natama observe que «l’Etat sera prêt à accompagner les entreprises désireuses d’utiliser des énergies propres et renouvelables comme l’énergie solaire. Un fonds de garantie pour l’utilisation des énergies renouvelables sera instauré avec notre propre appui et celui de nos partenaires désireux de promouvoir le développement durable ».
Pour Zéphirin Diabré, « nous ne serons pas compétitifs sur le plan énergétique. Alors, nous devons voir sur quel autre facteur de compétitivité nous pouvons dépasser les autres pays de la sous-région et compenser notre retard en matière d’énergie». Citant l’exemple du Japon qui ne produit pas de pétrole et ne dispose pas de ressources minières, Zéphirin Diabré note que ce pays a mis l’accent sur d’autres facteurs de compétitivité qui ont compensé son handicap énergétique.

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Numéro d'édition: 133

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