Offre sanitaire : Un médecin pour 20.000 habitants

n Le rayon d’action des infrastructures est de 6,4 km

n Seulement 12,7% du budget national alloués à la santé

n 89,9% des CSPS remplissent les normes minimales en personnel

Sur une population estimée à 17.880.386 habitants en fin 2014, le Burkina Faso présentait à cette date un rayon d’action moyen théorique des infrastructures sanitaires (y compris le privé) de 6,4 km selon les données du ministère de la Santé. L’acquisition de nouvelles infrastructures sanitaires a permis de revoir à la hausse ces estimations puisqu’elles étaient de 9,1km il y a 10 ans, c’est-à-dire en 2003.

Fichier1Ces infrastructures se composent de 3 Centres hospitaliers universitaires (CHU), de 9 Centres hospitaliers régionaux (CHR), 47 Centres médiaux avec antenne chirurgicale (CMA), 35 Centres médicaux (CM) et de 1.643 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS). Malgré cette hausse, ces infrastructures sont en deçà des attentes. Au cours de l’année 2014, le ministère a dénombré 127 dispensaires isolés et 15 maternités isolées. Une des raisons qui expliquent cette situation serait la faiblesse du budget alloué au secteur de la santé.
En effet, sur un budget national évalué à 1.816,193 milliards de FCFA, seulement 12,7%, soit un montant de 185,752 milliards de FCFA, revenaient au secteur de la santé. Malgré cette faiblesse dans les allocations budgétaires, on note que le ministère de la Santé n’a pas consommé toute sa dotation puisque seulement 72,7% de ce budget ont été dépensés.
Les 12,7% alloués à la santé sont en deçà des engagements pris par le Burkina Faso au niveau international, surtout la déclaration d’Abuja adoptée en 2001 par les chefs d’Etat africains d’accorder au moins 15% de leurs budgets au secteur de la santé.

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Cette insuffisance en infrastructures au niveau du public est suppléée par le secteur privé qui dispose de 407 formations sanitaires privées (tous types confondus) et de 716 officines et dépôts pharmaceutiques. Sur le plan des ressources humaines, la situation n’est guère reluisante. Au 31 décembre 2014, le pays ne comptait que 857 médecins, avec un ratio de 20.863 habitants pour un médecin. Du côté des infirmiers, on a dénombré à la même date 3.718 infirmiers diplômés d’Etat, 2.640 infirmiers brevetés et 2.280 agents itinérants de santé. Ce qui donne le ratio d’un infirmier pour 2.812 habitants contre une norme internationale qui est d’un infirmier pour 1.000 habitants. L’insuffisance en personnel infirmier se ressent sur le terrain. Parmi les CSPS existants, 89,9% remplissent les normes minimales en personnel. Aussi, on dénombre 24 chirurgiens-dentistes et 217 pharmaciens.
Le paludisme reste un gros souci de santé publique. Sur 14.456 décès enregistrés dans les formations sanitaires, 4.116 l’ont été par suite de paludisme, 3.314 étaient des enfants de 0 à 6 jours et 805 décès maternels.

Elie KABORE


Le paludisme, premier motif de consultations et de décès

Au cours de l’année 2014, 58,4% des consultations externes dans les formations sanitaires de base, soit 7.617.317 consultations, l’ont été pour cause de paludisme. Avec 712.582 consultations, le paludisme a été le premier motif de consultations externes dans les centres médicaux et les hôpitaux au cours de la même année, tout comme il a été le premier motif d’hospitalisations (101.591). Les statistiques du ministère de la Santé indiquent que, malheureusement, cette maladie a causé 4.116 décès dans les centres médicaux et les hôpitaux, soit 26,2% de l’ensemble des décès.

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Numéro d'édition: 131

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