Tontama Charles Millogo, nouveau président de l’ARCEP . (DR)

ARCEP : Nouveau président, vieux défis

• Susciter des services de qualité

• Savoir manier le bâton et la carotte

Tontama Charles Millogo succède à Mathurin Bako au poste de président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Décision prise par le Conseil des ministres du 22 octobre dernier. Nommé en septembre 2009, le président sortant est au terme de son mandat de 6 ans. Parmi les activités qui auront marqué ce mandat, il y a l’opération de renouvellement des licences des trois opérateurs téléphoniques du pays en 2010. Une opération au cours de laquelle le réseau Telecel a même été suspendu pendant environ 96h pour non-paiement de la redevance, qui s’élevait à plus 26 milliards de F CFA.
Mathurin Bako a également conduit, à deux reprises, le processus de recrutement d’un 4e opérateur de téléphonie; processus resté jusque-là sans suite. Au cours de sa présidence, des sanctions pécuniaires ont également été infligées, par deux fois, aux opérateurs de téléphonie en raison du non-respect du cahier des charges sur la qualité des services. Sur ce dernier point, il n’est pourtant pas arrivé à faire changer significativement la situation. Malgré les sanctions qu’ils ont connues, les opérateurs peinent encore à assurer des services électroniques de qualité irréprochable.
Les plaintes des consommateurs restent nombreuses. Le service internet est l’un des plus incriminés. Amener les opérateurs à offrir des services de qualité dans les domaines comme celui de l’internet est l’un des principaux chantiers que le nouveau président de l’ARCEP hérite de son prédécesseur. Les sanctions appliquées aux opérateurs en raison de leur défaillance ont déjà atteint le 2e niveau prévu sur l’échelle des sanctions. La première fois, c’était en février 2012.
Les trois opérateurs avaient écopé chacun d’une sanction de l’ordre de 1% sur le chiffre d’affaires. La deuxième sanction administrée en avril 2014 avait obligé chaque opérateur à payer environ 3% de son chiffre d’affaires. Pour autant, la situation n’a pas vraiment changé sur la qualité des services reçus par les consommateurs.
Les prochaines sanctions, qui sont graduelles, prévoient «la suspension des licences pour une durée d’un mois maximum», «la réduction de la durée des licences pour un an maximum», «le non renouvellement des licences» et même «le retrait pur et simple des licences».
Au regard de la persistance des défaillances, va-t-on arriver un jour à ces extrêmes ?
Certes, l’ARCEP doit continuer à exercer son rôle de gendarme, qui permet aux opérateurs de respecter les dispositions du cahier des charges, mais cela n’empêche pas que des réflexions soient ouvertes.
Le tout n’est pas de sanctionner pour récolter de l’argent. Il faut surtout veiller à ce que les peines puissent porter des fruits. Les mesures doivent concourir au règlement du problème en cause. Par exemple, contraindre les opérateurs à réserver chaque année un certain budget aux investissements techniques pour l’amélioration des réseaux pourrait être étudié.
Cela pourrait permettre d’une part d’offrir des services de qualité aux consommateurs et d’autre part de consolider la fiabilité et la santé financière des opérateurs.
C’est leurs contributions en termes d’impôts et taxes particulières pour l’Etat, qui prendraient ainsi du volume. Dans une interview accordée à L’Economiste du Faso en 2014, Hervé Ollivier Njapoum, ancien DG de Airtel, avait critiqué la formule des sanctions. «Nous aimerions davantage être encouragés à investir dans nos installations, à offrir de nouveaux produits et services. Plus nous investissons, plus nous dégageons de bons résultats et plus la part absolue de l’Etat s’accroit», avait-il déclaré. Depuis 2014, les opérateurs de téléphonie sont soumis à une nouvelle taxe de 5% sur le chiffre d’affaires en plus d’être assujettis à l’impôt sur les bénéfices.
Karim GADIAGA


 

Tontama Charles Millogo, un pur produit des télécommunications

Celui qui prend désormais les rênes de l’ARCEP est Ingénieur d’Etat en électronique option Télécoms de formation de base, obtenu à l’Institut d’électronique de Bab-Ezzouar (USTHB) à Alger en Algérie.
Il était depuis octobre 2012 Directeur technique à Atlantique Telecom au Niger jusqu’à sa nomination à la tête de l’ARCEP.
Il a fait ses débuts dans les télécommunications en 2000 au sein de Telecel Burkina. Dans cette boîte, il a occupé successivement les postes d’Ingénieur NSS puis Chef de Service/Division commutation, avec en charge la coordination du roaming international et des interconnexions.
En mai 2005, il est promu Directeur technique de ACELL-RCA aujourd’hui MOOV Centrafrique.
En avril 2008, il revient au Burkina Faso pour occuper le poste de Directeur technique de Telecel Faso avant de rejoindre la Holding à Abidjan quelque temps après.
D’avril 2009 à septembre 2012, il a occupé le poste de Directeur technique à MOOV Togo en charge de l’exploitation, la maintenance et le développement du réseau.
Source : Lefaso.net

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Numéro d'édition: 130

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