Le 14 octobre 2015 devait marquer la fin du chômage technique des travailleurs de Tambao. Le 16 septembre dernier, le «Collectif des travailleurs victimes de la suspension des activités de la société Pan African Tambao» avait appelé le gouvernement à tenir compte des emplois.

Tambao : Début effectif et tranquille des négociations

• La première rencontre s’est tenue le 20 octobre

• Un projet d’accord sur le chemin de fer et la route

• Des précisions sont néanmoins attendues

Le coup d’Etat avorté de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a bouleversé le programme des renégociations sur le contrat de Tambao. Initialement prévues pour démarrer le 21 septembre dernier, ces nouvelles négociations ont été plongées dans la même incertitude que celle qui a frappé le pays tout entier pendant la deuxième quinzaine du mois de septembre 2015. Avec la reprise en main de la gestion du pays par les autorités de la transition, le dossier vient d’être remis sur la table.
Presque un mois après le rendez-vous manqué du 21 septembre, le ministre en charge des Mines, Boubakar Ba, a relancé son invitation à l’endroit des responsables de Pan African Burkina (PAB), la société attributaire de la licence d’exploitation du manganèse.
Les travaux ont effectivement commencé le 20 octobre dernier. L’objectif de ces négociations est de parvenir à un avenant sur l’Accord de partenariat public-privé (PPP) relatif à la réalisation des projets intégrés dans le cadre de la mise en valeur du gisement de manganèse de Tambao.
Depuis le 22 juin 2015, le PPP de Tambao a été suspendu par le ministre en charge des Mines. Cette décision grave est arrivée après une première décision de suspension, le 15 janvier 2015, qui a concerné l’exportation du minerai et entrainé du coup l’arrêt total des activités d’exploitation de la mine. Définies entre-temps comme celles de la «dernière chance» par le ministre Boubakar Ba, ces nouvelles discussions étaient donc très attendues du côté de la société Pan African et de l’ensemble de ses travailleurs plongés dans une inquiétude depuis le début de l’année.
Lors du premier round des négociations qui a mis face-à-face les délégués du gouvernement et les responsables de Pan African Burkina, le 20 octobre, les points relatifs au chemin de fer et à la route ont été abordés. A l’issue de la séance, un projet d’accord a été trouvé.
Sur le volet du chemin de fer, il ressort désormais de façon claire que la réhabilitation de la ligne depuis la Côte d’Ivoire jusqu’à Kaya (au Burkina Faso) incombe au groupe Bolloré. Un accord a été récemment signé dans ce sens avec le groupe Bolloré, qui dispose d’un délai de 5 ans, avec un abattement de 2 ans, pour achever les travaux.
A présent, c’est la construction de la nouvelle voie ferrée entre Kaya et Tambao qui est confiée à Pan Africain. Au cours des négociations, la société, qui n’a pas été associée aux études techniques sur la réhabilitation du chemin de fer, a souhaité disposer de l’accord signé avec Bolloré. C’est sur la base de ce document que Pan African fera éventuellement des propositions de modifications du PPP.
Pour ce qui est du bitumage de la route Dori- Gorom-Grorom- Tambao, il a été annoncé que le rapport provisoire des études de faisabilité est en cours de finalisation. Il devrait être remis à Pan African dans un délai d’une semaine selon les délégués du gouvernement. PAB a souhaité avoir ce rapport avant de pouvoir éventuellement faire ses propositions dans un délai d’une semaine après réception.
Dans sa lettre d’invitation adressée aux responsables de PAB, le ministre des Mines a précisé que les négociations visent à trouver des «solutions mutuellement satisfaisantes aux points de blocage des discussions précédentes». C’est peut-être là une indication de la volonté du gouvernement d’aller de l’avant avec son partenaire actuel sur ce projet minier.
Au vu du contenu des premières négociations, la suite s’annonce sur un fond d’optimisme. On peut penser qu’un accord pourra être rapidement trouvé au sujet de l’avenant au PPP. Ce qui permettra également d’envisager un plan pour sauver les emplois actuels de la mine. Plus de 2.500 employés vivent actuellement dans un flou et s’inquiètent pour leur sort.
Après avoir bénéficié d’un congé administratif général d’un mois au départ, les employés de la mine de Tambao ont par la suite été mis au chômage technique. Ce compromis devait normalement prendre fin le 14 octobre 2015. Lors d’un point de presse en mis septembre, ils avaient exigé la levée immédiate des suspensions sur Tambao en attirant l’attention des autorités nationales sur la menace qui plane sur les emplois.
Karim GADIAGA


La route Dori- Gorom-Gorom- Tambao en chiffres

Le rapport provisoire en cours de finalisation donne déjà quelques informations sur la structure technique et le coût de la route à bitumer entre Dori et Tambao. Informations provisoires donc en attendant la version définitive du rapport.
Le coût de la route est estimé à environ 40 milliards de F CFA. Les travaux à exécuter seront répartis en trois lots d’un délai d’exécution d’environ 18 mois chacun :
– lot1 : tronçon Dori –Gorom-Gorom
– lot2 : tronçon Gorom-Gorom – Tambao
– lot3 : Voirie en pavé dans les localités de Gorom-Gorom et de Markoye
La structure de chaussée proposée prévoit :
– une couche de fondation de 20 cm améliorée au ciment à 2,5% ;
– une fibre de verre ;
– une couche de base en grave-bitume de 12 cm ;
– une couche roulante en béton bitumineux de 5 cm.

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Numéro d'édition: 129

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