Politiques publiques : Assurer une meilleure cohérence

• Trop de changements institutionnels
• Le second cycle de la SCADD devait corriger ces insuffisances

LES politiques publiques du Burkina Faso sont-elles cohérentes ? Cette question, les autorités nationales se la posent à l’orée du premier cycle de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), qui couvre la période 2011-2015. Pour répondre à la question, il a été décidé de mener une réflexion spécifique.
Cette réflexion devrait proposer une définition des secteurs de planification, une typologie des politiques publiques et un dispositif susceptible d’assurer l’alignement effectif du budget de l’État sur les politiques publiques. Une équipe de consultants a été recrutée à cet effet et le fruit de son travail a donné lieu à une restitution les 15 et 16 octobre 2015. Le rapport final sera reversé à l’équipe de rédaction du document du deuxième cycle de la SCADD (2016-2020).
Pour les auteurs de l’étude, le Burkina Faso a mis en oeuvre plusieurs politiques publiques depuis les indépendances, dont chacune d’elles a présenté des faiblesses parmi lesquelles on peut citer le faible lien entre les différents niveaux d’interventions des politiques publiques (global, sectoriel, local), la faiblesse dans mise en cohérence des actions y afférentes, ainsi que les problèmes de cohérence de la plupart des politiques sectorielles avec le référentiel de développement. La SCADD était censée SITARAIL, SONABHY, SAP Olympic ont ainsi été concernées par des licenciements massifs lors de la fermeture définitive, la vente à un privé ou de l’application d’un plan de restructuration.
Pour recouvrer des droits tels que les indemnités de licenciement, de congés non payés, les indemnités de préavis, des dommages et intérêts, les travailleurs ont engagé des procédures judiciaires qui leur ont donné raison sur de nombreuses situations. Toutefois, l’application de ces décisions réduire ces insuffisances. Malheureusement, à quelques mois de l’échéance du premier cycle de la SCADD, les résultats restent mitigés.

Plusieurs raisons expliqueraient cette situation dont l’attentisme des acteurs sectoriels et régionaux et les changements institutionnels fréquents au sein des départements ministériels. Par exemple, les départements ministériels naissent et disparaissent, entraînant souvent l’arrêt des processus d’élaboration, de mise en oeuvre, de suivi ou d’évaluation des certaines politiques publiques.

En outre, il existe une faible concertation entre les acteurs du développement, nourrissant une insuffisance de conciliation entre les priorités de développement et les ressources budgétaires. Alors que l’efficacité du pilotage de l’économie dépend de la possibilité de conduire à terme les politiques publiques, d’en évaluer les effets et d’en tirer les leçons. Le second cycle de la SCADD devait corriger ces insuffisances par la prise en compte des résultats de cette étude.
Elie KABORE

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Numéro d'édition: 128

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