Elections : Free Afrik outille les journalistes

• Connaître la demande socioéconomique
• Mieux interroger les programmes des candidats
• Maitriser les enjeux de développement

Une trentaine de journalistes a pris part du 13 au 18 octobre dernier à Koudougou à une formation de renforcement des capacités sur les enjeux économiques et la demande socioéconomique des populations.
Cette formation était organisée par l’institut Free Afrik avec le support financier de l’ONG Diakonia.
Prévues pour le 29 novembre prochain, les élections présidentielle et législatives sont dans tous les  sprits. L’enjeu étant important, l’institut a jugé utile de donner les outils et les éléments de connaissances nécessaires aux hommes de médias. Cette formation avait donc pour but d’outiller les journalistes de  capacités d’analyse et de synthèse des aspects économiques inclus dans les programmes politiques des candidats et des partis politiques.Pour le chargé de programme d’appui au processus électoral de l’ONG Diakonia,Yolande Toé, ce programme permettra aux journalistes «d’aller au-delà de la caricature que l’on se fait des programmes politiques et de pouvoir mettre le doigt sur les enjeux et les questions économiques cruciales au développement du Burkina Faso.
Le choix des électeurs se fera en fonction des informations limitées qu’ils auront en leur possession au moment de glisser leurs bulletins dans l’urne, d’où l’importance de leur fournir des analyses critiques objectives et accessibles afin de leur permettre de faire leur choix librement». Les modules de la  formation ont porté entre autres sur la trajectoire économique du pays depuis 1960; les indicateurs macroéconomiques; la monographie économique; les défis du développement économique, les besoins
et la demande socio-économique. Ra-Sablga Ouédraogo expliquait le choix de ces modules en ces termes : «Pour mieux cerner le contexte économique burkinabè, il va de soi de refaire son historique économique
en donnant aux journalistes toutes les connaissances à ce sujet. Les journalistes se doivent d’être la voix des populations. Leurs rôles est de pouvoir poser des questions précises afin de relever les failles qui pourraient exister dans certains programmes politiques. Et pour ce faire, il leur faut avoir tous les outils nécessaires et maitriser le sujet sur lequel ils abondent». Depuis les indépendances, on assiste à une croissance continue au Burkina Faso, cependant, la pauvreté ne s’estompe pas, bien au contraire. Cela peut s’expliquer par le manque d’investissements au Burkina Faso, car les déterminants les plus importants de la croissance sont la capacité d’accroitre la production et de préparer l’avenir. Le niveau de l’investissement public reste faible en dépit du boom minier. Il correspond à 12% du budget, tandis que
la masse salariale correspond à 42% du budget. Beaucoup de maux minent le secteur économique, notamment la dette intérieure, le sous-financement de l’économie et des Pme/Pmi, de l’agriculture, mais  aussi des industries. Selon les statistiques de Free Afrik, sur la ventilation sectorielle du crédit bancaire entre 2009 et 2011, l’agriculture est financée à 3,6%, les industries extractives à 1,3%, tandis que le commerce et les détails sont financés à 30,4%. En ¼ de siècle, la population du Burkina Faso a
doublé. De nombreux besoins socio-économiques se présentent, tous aussi importants les uns que les   autres. Cependant, les infrastructures ne suivent pas toujours. La population de ce pays est  majoritairement jeune, plus de 50% ont un âge compris entre 0 et 34 ans. Il y a donc une forte demande dans le domaine de l’éducation, de la santé, des infrastructures, des logements, etc. Cependant, selon les études de l’institut, le domaine de la santé serait dominé par la massification des soins, la faiblesse du financement et de l’investissement, le sous-équipement des hôpitaux, la quasifaillite de la gouvernance des ressources humaines. Même constat au niveau de l’éducation avec une faiblesse de l’engagement
de l’Etat et l’essor d’une éducation privée qui n’est pas régulée, la baisse de la qualité de l’éducation, la faiblesse des oeuvres universitaires, le sous-financement de la recherche. Les gouvernements ont
tendance à déplacer les problèmes et non à les résoudre à travers certaines décisions prises, selon Free Afrik. «Si les choses ne changent pas dès maintenant, elles risquent d’empirer. Il faut donc faire prendre conscience aux politiques afin de prendre rigoureusement en compte les besoins socio-économiques
et de faire des choix stratégiques qui visent à améliorer la vie des populations à court et à long termes», a expliqué Ra- Sablga Ouédraogo.

Germaine BIRBA


Suivi des recommandations de la CRNR : Pourquoi un secrétariat technique ?

AU nombre des recommandations de la Commission de la réconciliation nationale et des réformes  (CRNR) déposées le 14 septembre dernier, figure la mise en place d’un secrétariat technique en charge  de la mise en oeuvre des réformes et de la réconciliation nationale. Depuis le Conseil des ministres du 14
octobre 2015, un décret a été pris dans ce sens, répondant favorablement au voeu de la CRNR. Dans le  même sens, la CRNR avait également indiqué la nécessité d’un Haut conseil de la réconciliation et de l’unité nationale (HCRUN). Si le HCRUN a pour vocation de mettre en oeuvre la réconciliation nationale en se penchant urgemment sur les 5.065 dossiers recensés, le secrétariat technique, quant à lui, a d’autres missions spécifiques. Ce secrétariat technique ne va pas chômer car il devra travailler à une large diffusion au sein de la population des résultats des travaux de la CRNR. Il assurera également le suivi-évaluation régulier de la mise en oeuvre des réformes et des mécanismes de réconciliation proposés par la Commission, le plaidoyer et le lobbying pour la mise en oeuvre des réformes et assurer la perpétuation de la CRNR. En attendant de connaitre les personnes qui vont composer cette structure,
la Commission avait déjà suggéré qu’elle soit composée d’une équipe restreinte appuyée par les moyens juridiques, humains, financiers et matériels nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Il y a lieu de préciser que le secrétariat technique que le gouvernement vient de créer n’est pas la structure d’exécution des réformes proposées. En déposant le rapport, la CRNR avait clairement indiqué au Premier ministre qu’il était urgent de donner un signal fort en dédommageant tout de suite les victimes de l’insurrection (blessés, morts, entreprises saccagées, etc.). Ce secrétariat technique va donc y  travailler afin que la confiance s’installe davantage,toute chose qui aidera à élucider certains dossiers répertoriés par la CRNR. En rappel, une des recommandations de la CRNR concernait la dissolution
du RSP. Au lendemain de la transmission du rapport au gouvernement, ce régiment a tenté un coup de force contre la transition le 17 septembre dernier. Ce coup d’Etat qui a échoué a précipité la dissolution de ce régiment, faisant ainsi de celle-ci la toute première des recommandations à être mise en oeuvre et en
un temps record.


La CRNR à Bobo

AFIN de faire son propre bilan et d’envisager les actions de sensibilisation pour une meilleure appropriation des résultats de ses travaux, la CRNR s’est retrouvée la semaine dernière à Bobo-Dioulasso. A l’occasion, elle a pu échanger utilement avec la presse des Hauts-Bassins afin de lui donner dans les détails les motivations qui ont conduit à l’élaboration des recommandations contenues dans son rapport.

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Numéro d'édition: 128

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