La Conférence internationale sur le journalisme d’investigation (GIJC) a offert aux participants plus de 100 panels, séminaires et exercices pratiques. (DR)

Norvège : A l’école du journalisme d’investigation

• 9e Conférence internationale sur l’enquête
• Près de 900 reporters présents
• Prochain rendez-vous en Afrique du Sud

La 9e Conférence internationale sur le journalisme d’investigation (GIJC) a eu lieu du 8 au 11 octobre 2015 dans la ville norvégienne de Lillehammer. 850 journalistes venus de 121 pays, dont un du Burkina Faso, y étaient présents.
Cette conférence biennale constitue l’un des plus grands rassemblements internationaux des journalistes d’enquête. L’évènement, dont la première édition a eu lieu en 2001, a été de plus en plus consolidé pour devenir un grand atelier de formation et un espace géant de réseautage mettant en vedette les journalistes qui ont fait un travail persévérant et méticuleux pour informer l’opinion publique sur des questions ou des affaires complexes dans des environnements médiatiques des plus difficiles au monde.
Plus de 160 ateliers étaient prévus en marge de cette conférence, auxquels étaient présents des journalistes chevronnés et d’autres qui découvrent le monde passionnant de l’investigation.
Des experts également présents ont apporté leurs conseils et leurs techniques d’investigation, initié les journalistes à l’analyse de données, à l’utilisation des rapports transfrontaliers dans leurs enquêtes, à la recherche avancée en ligne et à la protection des sources.
Les journalistes ont ainsi eu l’occasion d’apprendre les meilleures méthodes de poursuite des pistes de l’argent, à travers les investigations transfrontalières, les paradis fiscaux et les pratiques bancaires au Luxembourg, en Suisse et dans le monde entier.
Les thèmes des panels englobaient la corruption et le crime organisé et les pistes de recherche universitaire qui mettent en évidence les tendances, les défis, les méthodes d’enseignement et les meilleures pratiques dans le journalisme d’investigation de par le monde.
La conférence «GIJC15» est organisée par SKUP, la Fondation norvégienne pour le journalisme d’investigation et le Global Network (GIJN) -un réseau international créé en 2003 lors de la réunion de 300 journalistes venus du monde entier à l’occasion de la tenue à Copenhague, au Danemark, de la seconde conférence du journalisme d’investigation.
Le GIJN, qui regroupe 115 organisations membres à but non lucratif de 54 pays, œuvre à soutenir et promouvoir le journalisme d’investigation.
NK


 

Rendez-vous à Johannesburg en 2017

La 10e Conférence mondiale sur le journalisme d’enquête aura lieu pour la première fois en Afrique. Et c’est Johannesburg qui a été retenue pour l’occasion.
«Nous sommes ravis que la Conférence sur le journalisme international se dirige vers l’Afrique», a déclaré David E. Kaplan, directeur exécutif de GIJN. «Cela démontre l’engagement du GIJN au journalisme d’investigation dans l’hémisphère sud». Ce sera l’occasion de mûrir des plans en vue de renforcer les réseaux et organisations existant sur le continent africain, selon M. Kaplan. o
Des bourses en renfort

La rencontre de Lillehammer a aussi été l’occasion pour les journalistes présents de rechercher des partenaires pour les financements de leurs futures investigations. Parmi les organisations non gouvernementales qui soutiennent l’investigation figure en bonne place le Centre européen de journalisme (EJC). Il vient de lancer une bourse de 20.000 euros (environ 13 millions de F CFA) pour soutenir tout sujet d’investigation autour du développement à envergure internationale.
En 2014, l’EJC a mis en place une bourse de 8.000 euros dans le cadre d’un projet dénommé : La mafia en Afrique : comment la mafia infiltre l’économie africaine ? Le projet a tablé sur la présence cachée mais effective de la mafia italienne en Afrique.
L’objectif derrière ces bourses est de permettre aux journalistes de faire un travail de qualité, documenté et précis sur des sujets de développement mondial. Comme il s’agit de projets de grand impact et de visibilité mondiale, les candidats doivent présenter une demande de subvention allant de 8.000 euros (minimum) à 20.000 euros (maximum).
Lancé en janvier 2013, le premier appel à candidatures a pris fin en mars 2013 et a reçu un grand intérêt à partir d’une variété d’organisations de médias qui ont présenté plus de 500 demandes. La seconde phase quant à elle a pris fin en septembre 2013 et avec 242 demandes soumises. Le programme accepte actuellement les candidatures pour la troisième phase. Les demandes peuvent être soumises en ligne via le formulaire de demande.


Les meilleures enquêtes primées

Au cours de la 9e GIJN, les gagnants du 6e prix «Shining light» ont été dévoilés. Le prix récompense le journalisme d’investigation mené dans un pays en développement ou en transition, effectué sous risques ou dans les pires conditions de travail.
Les prix ont été attirés à 76 dossiers de 34 pays, pour des articles publiés ou diffusés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014.
La première place a été décernée à deux séries: «Alliances impies» sur le Monténégro comme un État mafia, régi par le crime organisé et la corruption; et «Empire of Ashes» sur la contrebande de tabac et le crime organisé en Amérique du Sud.
En outre, les juges ont décidé d’honorer une troisième série avec une mention d’excellence: Yanukovych Leaks, pour l’enquête de l’équipe qui a exposé la corruption de l’ex-président de l’Ukraine.
«Les shining light Global Awards nous montrent que la flamme du journalisme d’investigation reste en vie, même dans les circonstances les plus difficiles», a souligné Sheila Coronel de l’Université Columbia, l’un des juges. «Défiant les risques et les menaces, les journalistes déterminés continuent de détenir le pouvoir de rendre compte. Les gagnants respectent les plus hauts standards du journalisme d’investigation», a-t-elle conclu.

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Numéro d'édition: 128

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