Le gisement aurifère de Bissa dont la durée de vie est estimée à 10 ans est situé dans la commune rurale de Sabcé, à 100 km au nord de Ouagadougou, dans la région du Centre-Nord. (DR)

Bissa Gold : Eviter le cas de INATA

• L’externalisation pose problème

• Près de 700 emplois menacés

Depuis le 9 octobre, l’ambiance n’est plus au beau fixe sur le site minier de Bissa Gold. Les travailleurs marquent depuis cette date un arrêt de travail à la suite de discussions qui n’auraient pas abouti avec leur employeur, le cabinet de gestion de ressources humaines Exterhum Africa.
Après un sit-in des travailleurs jusqu’au 12 octobre dernier, le travail a repris timidement le mardi 13. Et le mercredi 14, on peut dire que les choses ont redémarré normalement selon la direction. Le cabinet de placement a appelé l’ensemble des agents à reprendre le service.
La direction de la mine quant à elle s’apprêtait ce jour-là à notifier la reprise effective au ministère des Mines et à celui de l’Emploi, levant ainsi la suspension des activités consécutive au mouvement des travailleurs. Pendant que les représentants des travailleurs et de la société de placement Exterhum Africa devaient se retrouver à l’inspection du travail de Kaya, dont relève le site de Bissa Gold, pour tenter une conciliation.
Dans ce dossier, la société Bissa Gold, bien qu’intéressée n’est pas directement partie prenante de ces discussions. Elle est liée à son prestataire Exterhum Africa qui est l’employeur des salariés mis à sa disposition. Les négociations vont donc avoir lieu entre cette société de placement et les représentants des travailleurs, sous les auspices de l’inspection du travail. Et il y a lieu de se demander quelle est la marge de manœuvre de la société Exterhum Africa dans ce dossier de négociation.
Si cela se passe mal, elle risque de perdre son contrat de prestation auprès de la mine, avec des conséquences directes sur les emplois. L’année dernière, sur le site de la mine de Inata, les travailleurs de la Société des mines du Belahourou avaient engagé un bras de fer avec leur employeur sur les conditions de travail et de rémunération qui s’était soldé par le licenciement de plus de 300 travailleurs.
Le différend repose sur les points de revendication datant d’avril 2015. Les travailleurs exigent des CDI en lieu et place des CDD actuels, ceci pour leur permettre de prétendre à des prêts bancaires plus consistants. Sur les conditions de travail elles-mêmes, les représentants des travailleurs souhaitent voir mettre fin au système de rotation 4/4. Les autres exigences sont d’ordre pécuniaire (voir encadré).
Lors de la conférence de presse tenue le 14 octobre dernier, les délégués ont expliqué aux médias les raisons de cet arrêt de travail. Ils considèrent que le mutisme de Exterhum Africa, leur employeur, «s’apparente plutôt à un mépris à l’égard des travailleurs». Celui-ci n’avait pas encore réagi officiellement à leur plateforme, jusqu’au 14 octobre dernier.
Mais au-delà des revendications, l’externalisation de la gestion du personnel qui est une pratique répandue dans le secteur minier semble poser problème (voir encadré2). Les travailleurs préfèrent être gérés sans intermédiaire, alors que les sociétés minières ne veulent pas alourdir leur administration avec la gestion de plusieurs centaines d’employés.
FW


La plate-forme revendicative

La plate-forme revendicative est composée de 7 points :
• «L’augmentation du volume horaire des rencontres des délégués du personnel
• L’arrêt du refus de renouvellement des contrats de travail, que ce refus soit motivé par une faute du travailleur, et la signature de contrats à durée indéterminée
• Autorisation d’utiliser les téléphones portables par les travailleurs sur leur lieu de travail
• Changement de rotation du travail au lieu du système 4/4 actuellement appliqué
• L’augmentation de la prime de panier pour le travail de nuit
• Le paiement avec rappel des jours de dimanche et jours fériés ayant fait l’objet d’activité professionnelle
• Le paiement d’une prime de poussière et de salissure».

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Numéro d'édition: 128

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