Les manifestants qui tenaient les barricades réclamaient la démission de Mme Samba Panza et le départ des Casques bleus et des soldats français de l’opération Sangaris déployés dans le pays pour le stabiliser après les massacres intercommunautaires de fin 2013 début 2014.(DR)

Centrafrique : Vers un report de la présidentielle ?

• Tentative de coup de force dénoncée par la présidente

• La mission internationale de plus en plus contestée

De retour de New York où elle a participé à l’Assemblée générale des Nations Unies, Catherine Samba Panza a, dans une allocution diffusée par la radio nationale, qualifié de «tentatvie de prise de pouvoir par la force» les violences qui ont éclaté depuis le 26 septembre dernier dans la capitale centrafricaine.

«Il s’agissait ni plus ni moins d’une tentative de prise de pouvoir par la force», a affirmé Mme Samba Panza, sans autre précision sur les auteurs d’une telle tentative.
Dans son allocution, la présidente a également dénoncé «une manipulation savamment orchestrée d’une partie de la population» pour l’inciter «à se soulever et à faire resurgir les conflits interconfessionnels (…), avec en toile de fond le soulèvement de la population contre les forces internationales et certains pays amis».
Les manifestants qui tenaient les barricades réclamaient notamment la démission de Mme Samba Panza et le départ des Casques bleus et des soldats français de l’opération Sangaris déployés dans le pays pour le stabiliser après les massacres intercommunautaires de fin 2013 début 2014.
La présidente s’est également dit une nouvelle fois favorable au «désarmement sans discrimination» de tous les groupes armés qui pullulent dans le pays, à un moment où les élections présidentielle et législatives prévues en octobre vont être une nouvelle fois reportées.
Après les violences qui ont fait au moins 36 morts et près de 30.000 déplacés dans la ville, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations Unies – placée sous couvre-feu -, la nuit du 30 septembre au 1er octobre a été calme, selon des habitants joints par l’AFP.
C’est le meurtre d’un jeune conducteur de mototaxi musulman, le 25 septembre, qui est à l’origine de ce nouvel embrasement. «Cet assassinat, le jour de la Tabaski, était une provocation, on ne pouvait pas ne pas réagir», a témoigné au Monde un habitant. Les violences ont débuté dans le quartier de PK-5, épicentre des massacres intercommunautaires et dernier bastion des musulmans chassés par les miliciens anti-Balaka, majoritairement chrétiens et animistes.
Aux représailles des musulmans ont succédé les attaques des anti-Balaka. Violences et pillages de commerces, d’entrepôts et de maisons se sont étendus aux quartiers limitrophes de PK-5.
Des violences qui se sont portées ensuite contre les organisations internationales et les autorités de transition.
NK


Une force internationale contestée

Malgré des urgences patentes, la communauté internationale a toujours semblé s’engager à reculons en République centrafricaine. En dépit des promesses de paix signées le 23 juillet à Brazzaville, les groupes politico-militaires (ex-Séléka et anti-Balaka) n’ont jamais déposé leurs armes, et les tensions sont toujours restées vives entre les deux camps.
La France enquête actuellement sur des accusations de viols entre décembre 2013 et juin 2014, portées par des enfants. Ces allégations visent notamment 15 soldats français. L’affaire avait longtemps été tenue secrète, suscitant des critiques contre les autorités françaises quand le quotidien britannique Guardian avait révélé les faits en avril, près d’un an après qu’elles en avaient été informées.o
Vers un report de la présidentielle?

La République centrafricaine traverse actuellement une nouvelle vague d’incertitudes. Ce qui évidemment remet en cause le calendrier électoral, contesté déjà par certains observateurs qui optent plutôt pour une réorganisation, notamment le report de l’élection présidentielle.
Des élections présidentielle et législatives devraient être organisées avant fin 2015 en Centrafrique. Avant les violences de ces derniers jours à Bangui, un référendum sur l’adoption de la nouvelle Constitution – préalable à toute élection – avait été fixé au 4 octobre. Or, les opérations de recensement électoral ne sont toujours pas achevées, alors que le premier tour de la présidentielle a été fixé au 18 octobre.

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Numéro d'édition: 126

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