Coup d’Etat  : L’inquiétude des opérateurs économiques

• Certains se sentaient menacés

• Il fallait se mettre à l’abri

En plus d’assister à l’arrêt de leurs affaires, beaucoup d’acteurs de l’économie ont eu des grosses craintes pour leur sécurité. Au-delà de l’inquiétude générale, la situation était particulière pour nombre d’opérateurs économiques. Leurs craintes étaient guidées par des éléments plus ou moins concrets. Il y en a qui se sont sentis directement menacés par la situation du coup d’Etat.

La vérification n’a pu être faite, mais des opérateurs économiques ont été informés par des sources que les putschistes les ont directement identifiés parmi les personnes qui avaient influencé le cours de la transition en encourageant notamment des points dénoncés par les auteurs du coup d’Etat.
Ces hommes d’affaires, semble-t-il, sont soupçonnés d’être des soutiens des partis politiques favorisés par le gouvernement de la transition. Il serait reproché à certains de financer des partis ou des candidats, qui devraient bénéficier de l’exclusion des candidats proches de l’ancien régime déchu de Blaise Compaoré. Chose qui fait d’eux des cibles de la colère des putschistes.
Pour éviter de subir des représailles des putschistes mécontents de leur rôle supposé dans la transition, certains hommes d’affaires ont dû prendre des dispositions pour se mettre à l’abri. Ceux qui étaient déjà hors du pays ont dû renoncer à y revenir, alors que certains ont pris immédiatement la décision de quitter le pays. Décision qui, au-delà de leur propre personne, a concerné leurs familles. Dans les avions qui ont pu décoller de l’aéroport de Ouagadougou après les événements, il y avait certains acteurs de l’économie mais aussi des épouses d’hommes d’affaires.
A présent, et à moins d’autres développements négatifs de la situation, on peut penser qu’il y a eu plus de peur que de mal. Des domiciles privés ont certes été ciblés par les putschistes, mais des attaques directes contre des hommes d’affaires ou leurs biens n’ont pas été recensées.
Lors de l’insurrection de fin octobre 2014, c’était les acteurs du milieu économique soupçonnés d’être proches du régime Compaoré qui avaient fait les frais de la colère des manifestants. Cette fois-ci, c’est un certain nombre d’hommes d’affaires qui a fortement craint de subir les règlements de comptes de la part des militaires putschistes.
KG


Coup dur pour l’activité économique

Le putsch a porté un vrai coup dur à l’économie burkinabè déjà au ralenti dans un contexte de transition politique. Les activités suivant les circuits structurés de l’économie ont été stoppées net par le coup de force des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) le 16 septembre dernier.
Les transports, les banques, le grand commerce de l’import et de l’export, les industries, les stations-service et autres ont tous fermés durant toute la semaine au cours de laquelle le RSP a contrôlé le pouvoir.
Dans la capitale Ouagadougou, la vie économique s’est résumée au petit commerce de denrées alimentaires et autres produits de première nécessité dans les boutiques de quartiers et dans les marchés à l’écart du centre-ville et des zones de manifestations anti-putschistes. Du fait de la fermeture des stations-service, l’activité de vente parallèle de l’essence, pourtant interdite en temps normal, a trouvé une vraie opportunité. C’était une bouée de sauvetage pour de nombreux usagers d’engins à deux roues qui avaient toujours besoin de s’assurer un minimum de mobilité.

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Numéro d'édition: 125

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