Recettes minières: 737 milliards de FCFA générés entre 2008-2014

n 63% d’exportations pour 732,8 milliards de F CFA en 2013

n 972 permis valides et 496 demandes en instance

n Probabilités de pétrole mais incertitudes pour l’uranium

Le secteur minier a rapporté au budget national la somme de 737,744 milliards de FCFA en termes de recettes, taxes et impôts entre 2008 et 2014.

La contribution de ce secteur au Trésor public a connu une baisse en 2014, passant à 168.493.466.552 F CFA contre 191.408.419.254 F CFA à la même période en 2013, soit une baisse de 12%. Cette baisse s’explique par celle du cours de l’or à 1.282,62 dollars l’once en 2014 alors qu’il était de 1.477,80 dollars en 2013. La baisse du cours de l’or a donc eu un impact sur les retombées des mines, malgré l’accroissement de la quantité d’or produite cette année. Elle est passée de 32,5 tonnes en 2013 à 36,5 tonnes d’or en 2014, sur des réserves totales de ressources évaluées à 809.000 tonnes.
La production annuelle de l’or classe le Burkina Faso au 4e rang des producteurs en Afrique après l’Afrique du Sud, le Ghana et le Mali.
Mais la quantité d’or produite connaitra sans doute une hausse avec l’octroi en 2014 de 3 nouveaux permis d’exploitation industrielle de grande mine d’or.
En dehors du métal jaune, l’année 2014 a également vu la production de 143.944 tonnes métriques sèches de concentré de zinc et de 3.803,74 tonnes de concentré de plomb. On attendait la production du manganèse de Tambao par la société Pan African Minerals Burkina qui a obtenu son permis d’exploitation industrielle pour la mine de Tambao en mai 2014. Les activités de la société ont été stoppées depuis la suspension de la licence d’exportation par le gouvernement de la transition. La contribution globale du secteur minier à l’économie nationale est très appréciable. Selon le rapport 2012 de l’ITIE-Burkina (décembre 2014), avec 805,7 milliards de FCFA de recettes d’exportation, l’or représentait 72% des exportations du pays. La même source indique que 14% des recettes propres de l’Etat proviennent des recettes minières qui contribuent à 10,06% du produit intérieur brut et 0,16% des emplois au Burkina Faso.
L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), dans le rapport sur «La situation annuelle du commerce extérieur du Burkina Faso en 2013» (octobre 2014), observe que l’or non monétaire reste en 2013 le principal produit d’exportation du Burkina Faso et ce depuis 2009. Il a contribué à hauteur de 63% aux exportations, pour une valeur de 732,8 milliards de F CFA.
L’INSD informe par la même occasion que la Suisse est le premier acheteur de l’or du Burkina Faso, suivie de l’Afrique du Sud.
La dynamique du secteur minier fait du Burkina Faso une destination privilégiée pour les investisseurs. Le ministère des Mines et de l’énergie a dénombré en fin 2013 un total de 972 permis et autorisations valides dans le secteur des mines solides et des carrières, ainsi que 496 demandes en instance.
A côté des exploitants industriels, le secteur minier burkinabè se caractérise par le nombre élevé des sites miniers artisanaux et la présence de comptoirs d’achats d’or. Ce secteur artisanal de l’exploitation de l’or est beaucoup marqué par la fraude. Cette situation, ajoutée à la baisse du cours de l’or, expliquerait la baisse de 51,8% de la production artisanale d’or déclarée, passant de 431,63 kg en 2013 à 208 kg en 2014.

Elie KABORE


 

Pas de recherche sur le pétrole, incertitudes quant à l’existence de l’uranium

Selon la chambre des mines, les potentialités minières du Burkina Faso se répartissent comme suit:
On note l’existence de métaux précieux, comme le diamant, dans la région de Barsalogo (Sanmatenga) et dans la rivière Comoé. La présence de métaux ferreux comme la magnétite vandifère est signalée à Oursi (Oudalan), le nickel à Boanga (Sanguié) et Dablo (Sanmatenga). Des métaux non-ferreux comme le cuivre se localisent à Diénémena-sud, Gongady (Poni), Wayen (Ganzourzou) et Goren (Sanmatenga). Toujours dans la catégorie des métaux non-ferreux, l’antimoine est localisé à Mafoulou (Sanmatenga), le pomb à Gan (Sourou), l’aluminium dans la région de Kaya et des indices d’aluminium à Kosso, Fara, N’Dorola, Séguénéga, Sabou, Lahirasso. On a rencontré également des substances non-métalliques comme les phosphates à Kodjari, à Arli et à Arloubdjouna (Tapao). Les sables silicieux situés à l’entrée de Bobo-Dioulasso.
Des indices ayant fait l’objet de prospection pour le kaolin sont ceux de Titao (Lorum), de Koreba de la région de Bobo-Dioulasso. Les reconnaissances sommaires ont mis en évidence plusieurs sites importants de pierres ornementales comme les granites, granodiorites, syénites et dolomies pouvant faire l’objet d’une exploitation. Au titre des substances énergétiques, si l’existence d’un gisement d’uranium économique est hypothétique, on signale la présence de tourbe dans la vallée du fleuve Sourou sans qu’aucune étude ne soit entreprise jusqu’à ce jour. A propos de la présence des schistes graphiteux, les analyses d’orientation sur les gîtes de Korsimoro (Sanmatenga), Semapoum (Sanguié) montent que ces roches ont des teneurs en carbone et des pouvoirs calorifiques propices à l’utilisation comme matière combustible. Enfin, à propos du pétrole, la chambre des mines indique qu’aucune étude n’a été entreprise pour le moment. Cependant, la partie nord-ouest du Burkina Faso, située en bordure du bassin pétrolifère de Taoudéni, mérite d’être prospectée.

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