Eau et assainissement en milieu rural Encore des efforts pour l’atteinte des Omd

• Des difficultés dans l’approvisionnement en eau potable à Laye

• Des espoirs en assainissement à Dapélogo

Réduire de moitié le déficit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire national cette année 2015, telle est la mission que s’est assigné le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en vue de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).

En milieu rural, ce programme a vu la réalisation des infrastructures visant à faciliter l’approvisionnement en eau potable et à améliorer les possibilités d’accès à l’assainissement aux populations.
Dans la commune rurale de Laye, à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, l’accès à l’eau potable est une réalité pour des centaines de ménages. Cela est rendu possible par le biais d’un affermage doté d’un système de pompage solaire. Pour les bénéficiaires, c’est un soulagement que d’avoir de l’eau potable à portée de main. Même si cela ne suffit pas à la réalisation des Omd, qui est de faire progresser le taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement respectivement de 76% et 54% pour cette année, en milieu rural.
En effet, le système d’adduction d’eau réalisé par le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement dans la commune de Laye présente des limites.
Seulement une capacité de production d’environ 40 mètres cubes (m3) au quotidien pour une population de plus de 14.000 habitants. Impossible donc de satisfaire la demande de plus en plus forte.
Pour le président de la délégation spéciale de la commune de Laye, Alassane Bimé, la difficulté majeure demeure les ruptures permanentes d’eau en saison sèche. De ce fait, il faut des moyens plus performants pour résoudre le problème d’eau dans cette contrée. «Seulement 8 bornes fontaines et 20 branchements à domicile sont raccordés au système, et pour l’instant nous avons arrêté les branchements en attendant de trouver une solution», confie le gérant, Amidou Sawadogo. Et quand cela est possible, il faut débourser une somme de 180.000 F CFA pour avoir accès à un raccordement contre 30.000 F CFA à Ouagadougou.

Avancée considérable pour la commune de Dapélogo

A Dapelogo, l’une des communes rurales de la région du Plateau centrale, la voie d’accès à l’eau potable reste les forages. L’accès à l’eau connaît une avancée considérable dans cette zone. Dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, une synergie d’action entre la direction générale des ressources en eau et la mairie de la commune de Dapélogo a permis la réalisation de plus de 200 forages et de plus de 2.000 latrines au profit des populations. Cependant, le challenge pour les services techniques est d’offrir une latrine à chaque ménage, conformément aux Omd dont le but est d’assurer l’approvisionnement en eau potable et d’améliorer les possibilités d’accès à l’assainissement pour une grande majorité de la population burkinabè.
Pour le responsable du service eau et assainissement de la mairie de Dapélogo, Marc Gansoré, des progrès considérables ont été réalisés dans cette commune en termes de fourniture d’eau et d’accès aux infrastructures d’assainissement: «Nous sommes à environ 49% contre 54% de taux attendus pour les volets hygiène et assainissement. Pour ce qui est du volet eau, nous avons atteint un taux de 79% pour un objectif de 80%».
Le technicien préconise qu’une sensibilisation soit menée en vue d’un changement de comportement des populations pour faciliter l’atteinte des résultats que se sont fixé les Omd.
CD


 

L’évolution du financement en milieu rural

Le coût total du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement dans sa composante rurale sur la période 2006-2015 s’élève à 406 milliards de F CFA repartis comme suit :
– infrastructures d’eau potable : 308 milliards de F CFA
– infrastructures d’assainissement: 71 milliards de F CFA
– cadre unifié d’intervention : 27 milliards de F CFA.


 

Echanges maritimes. L’extension du port d’Abidjan va démarrer

Au-delà de la Côte d’Ivoire, c’est une bonne nouvelle pour les pays de l’hinterland comme le Burkina. Le projet d’extension du port d’Abidjan annoncé depuis les années 2000 et retardé par les crises successives que la Côte d’Ivoire a traversées va maintenant connaître un démarrage. L’actuel Gouvernement du pays l’a remis à l’ordre du jour de son agenda.
Et le 9 juillet dernier, le président de l’entreprise chinoise attributaire de la réalisation du projet a annoncé le lancement des travaux d’ici à la fin septembre. Le chantier attendu va permettre l’extension et la modernisation du Port autonome d’Abidjan (Paa) pour un coût de près 400 milliards de F CFA. Il s’agira précisément de l’élargissement et l’approfondissement de plus de 300 mètres du canal de Vridi, de sorte à accueillir des navires de 25 mille à 50 mille tonnes. Selon les autorités ivoiriennes, ce projet est une exigence pour, non seulement, remettre le port à niveau après le gel des investissements au fil des années de crise, mais aussi accroître sa compétitivité. L’ambition est de faire du Paa «le premier port de la côte ouest-africaine, entre Tanger au Maroc, et Durban en Afrique du Sud. Le leader par la qualité des infrastructures d’accueil des navires».
Au bout des travaux, ce sont les commerçants, ainsi que les entreprises minières importatrices d’intrants et exportatrices de minerais par le port ivoirien qui seront les principaux bénéficiaires. Les opérateurs économiques des pays sans littoral de l’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Niger), notamment. Sur les 4 corridors maritimes qui s’offrent aux importateurs burkinabè (Accra, Abidjan, Cotonou et Lomé), le port d’Abidjan est le plus utilisé par les opérateurs économiques burkinabè. Réalité qui a permis au Premier ministre Zida de déclarer lors de son récent voyage de travail en Côte d’Ivoire et à l’issue de la visite des installations du Paa, le 7 juillet dernier, que cette plateforme constitue «la porte naturelle du Burkina sur le monde extérieur».
Au cours de la 2e édition des Journées nationales de la conteneurisation, organisée par la Chambre de commerce du Burkina, du 6 au 8 juillet dernier, les opérateurs économiques et les autres acteurs de la chaîne du transport conteneurisé n’ont pas manqué de relever la nécessité d’avoir des infrastructures portuaires de qualité dans la sous-région. La rencontre avait pour thème: «Contribution des acteurs à la promotion de la conteneurisation pour l’optimisation de la chaîne de transport». Une des recommandations a été que «les efforts de construction de nouveaux terminaux à conteneurs ou l’extension des terminaux existants, dans les ports pour accueillir de gros navires porte-conteneurs, soient poursuivis». Les travaux annoncés sur le Paa constituent une des réponses dans ce sens.
KG

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Numéro d'édition: 119

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