Société Nationale des Postes : Les raisons d’un succès

Le directeur général de la SONAPOST, Salam Sanfo, est un homme comblé. Les résultats de l’entreprise qu’il dirige, présentés lors de l’Assemblée générale des sociétés d’Etat, sont flatteurs. Il nous donne, à travers cette interview, quelques clés de ce succès.

– L’Economiste du Faso : La SONAPOST confirme ses bons chiffres. Quels sont les piliers de ce bon résultat ?

 Salam Sanfo, Dg de la SONAPOST

Salam Sanfo, Dg de la SONAPOST

Salam Sanfo, Dg de la SONAPOST : Effectivement, nous avons fait des résultats records en 2014. Jamais la SONAPOST n’avait auparavant réalisé de tels résultats. Nous avons fait un chiffre d’affaires de plus de 23 milliards F CFA et un résultat net bénéficiaire de 2 .735. 352. 716 F CFA. Ce qui représente une hausse de 15,25% par rapport à l’exercice 2013. Nous devons ces chiffres au dynamisme des services financiers et à une bonne maîtrise des charges en interne. Le dynamisme des services financiers a été d’ailleurs reconnu par l’institut mondial des caisses d’épargne qui nous a décerné une distinction à cet effet à Dar-es-Salam, en Tanzanie.

– On a constaté une forte croissance des capitaux propres, d’où vient cette progression?
Il faut dire que les bons résultats réalisés ont forcément un impact sur l’ensemble des agrégats. Pour les capitaux propres, précisément, c’est l’impact du résultat de 2014 et le report du résultat de 2013 qui ont induit cette évolution positive que vous avez remarquée.

– Vous pensez pouvoir maintenir le cap, malgré le fait que vous êtes dans un secteur désormais ouvert à la concurrence?
Nous essayons de maintenir le cap malgré les grands défis auxquels nous sommes confrontés. Les secteurs d’activités de la poste sont effectivement ouverts à la concurrence et il n’est pas aisé de tenir quand on a en face des gens qui opèrent dans le même domaine avec des coûts de structures très bas. Mais la SONAPOST ayant mis le cap sur l’excellence et l’innovation, elle ne craint véritablement pas la concurrence. Nous en sommes d’ailleurs habitués et c’est un motif supplémentaire pour mobiliser les agents autour des objectifs essentiels de l’entreprise. Mais il faut reconnaître que les événements des 30 et 31 octobre ont des conséquences indirectes sur la SONAPOST; et cela risque d’impacter nos chiffres de 2015.

– La Sonapost, c’est d’abord l’activité de courrier, comment se comporte ce segment?
Il est connu que le volet courrier ordinaire est en perte de vitesse, pas seulement au Burkina Faso, mais au niveau mondial. D’ailleurs, une étude menée par l’Union panafricaine des postes (UPAP) a révélé que sur quatre clients qui entrent dans un bureau de poste, les trois sollicitent les services financiers. Mais pour contre-balancer ce manque à gagner, nous nous sommes réorganisés pour attaquer le marché du courrier express. C’est pour cela que nous avons créé Post’Eclair, le courrier officiel et le courrier d’entreprise. Les colis postaux, eux, se comportent globalement bien.

– En termes d’ouverture de nouveaux bureaux et de recrutements de personnel, y a-t-il des perspectives ?
Pour ce qui concerne l’extension du réseau, nous avons le soutien de l’Etat à travers le Contrat-Plan Etat-SONAPOST. Nous sommes d’ailleurs dans la dynamique de signature d’un nouveau contrat qui couvre la période 2015-2019. Donc, nous allons, dans le cadre de ce partenariat, continuer à rapprocher les services postaux des citoyens. Dans tous les cas, en vertu du Service postal universel (SPU) dont la SONAPOST est membre, nous sommes astreints à implémenter l’accessibilité des services postaux de base sur toute l’étendue du territoire national.
Par rapport aux recrutements, ils vont se poursuivre conformément au plan de recrutements qui, lui-même, est assis sur les besoins en personnel de l’entreprise. Par ailleurs, le mode de recrutement est une question cruciale pour nous. Comment trouver le meilleur moyen de recruter les meilleurs agents constitue un défi permanent. Nous comptons implémenter, à partir de 2016, un nouveau système de recrutements basé sur les TIC.

– Peut-on dire aujourd’hui que l’activité financière de la Poste va prendre le dessus sur le volet courrier ?
Les services financiers postaux ont déjà supplanté les services courrier. C’est un constat qui est là. Le chiffre d’affaires de la SONAPOST est constitué à 80% par les produits financiers. C’est dire que le cœur de métier a évolué vers les services financiers. C’est ce qui justifie la création des banques postales pour mieux répondre à la demande de la clientèle. A la SONAPOST, nous sommes dans une dynamique qui va nous conduire à la création d’un système financier décentralisé.

– Le climat social au sein de l’entreprise a-t-il un impact sur vos résultats? Quelles actions entendez-vous mener pour préserver cet esprit, cette dynamique?
Le climat social a forcément un impact sur le résultat. Des agents épanouis et motivés produiront des résultats spectaculaires. C’est pour cette raison que j’ai placé l’humain au cœur de mon action à la SONAPOST. Le personnel est au début et à la fin de tout ce que j’entreprends. J’ai développé des cadres de concertations pour ne jamais être en déphasage avec les préoccupations internes. J’ai actionné pour qu’on élise les délégués du personnel. C’est chose faite. Aujourd’hui, la famille SONAPOST est unie et nous regardons dans la même direction.
JB

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Numéro d'édition: 117

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