Les permis de conduire présentés à la presse étaient destinés à des titulaires résidant dans 10 communes, dont 7 de la région du Centre-Est, plus les communes de Ouagadougou et de Zorgho. (DR)

«Vrai-faux» permis de conduire : Scandale à Tenkodogo

• 319 documents saisis

• Le réseau arrosait Ouaga

Une affaire de faux permis de conduire a été mise en évidence. La gendarmerie était sur le coup. L’affaire serait partie de la Direction régionale des transports de la région du Centre-Est (Tenkodogo). Présentement, les activités de cette direction régionale sont à l’arrêt. Des bureaux sont sous scellés, des personnes placées en garde à vue à la gendarmerie de Tenkodogo, d’autres sont auditionnées à partir de Ouagadougou par la gendarmerie nationale. Contactée au niveau de Ouagadougou le 24 juin par la Rédaction qui avait eu vent de l’affaire deux jours plutôt, la gendarmerie nationale confirme l’existence de l’affaire, mais se refuse à donner le moindre détail qui puisse compromettre le déroulement de l’enquête. Le 25 juin, les services de communication ont finalement livré quelques détails sur ce vaste réseau de vrai «faux-permis» (voir encadré).

Voici à peu près le mode opératoire. Des candidats au permis de conduire déposent auprès d’une auto-école un dossier complet. Ainsi, ces personnes vont obtenir un vrai permis de conduire sans avoir mis les pieds dans une salle de classe pour suivre les cours théoriques du Code de la route (lecture de panneaux et de diapositives). Il va de soi que ces personnes ne se soient jamais présentées à la direction du transport pour subir un moins examen de Code de la route. Comment alors ont-elles obtenu leur code ? C’est ce à quoi les gendarmes se sont attelés. Après avoir obtenu le code, ces personnes ne s’entraineront jamais pour l’examen de la conduite (créneau et conduite en ville). Le permis de conduire leur sera remis étant assis à la maison, au bureau ou au lieu de commerce.
La corruption aurait fait le reste du travail. Il s’agit d’un vrai permis parce que délivré par l’autorité compétente. Dans les archives du transport, on retrouve également un fond de dossier en bonne et due forme. A Ouagadougou, ce genre de deal se pratique sans difficulté. Mais selon notre source, les directions régionales sont les plus prisées par les candidats aux «vrais-faux» permis.
Cette affaire est certes partie de Tenkodogo, mais les autres directions régionales font l’objet d’une attention particulière de la part du nouveau Directeur général des transports terrestres et maritimes (Dgttm). Elle implique d’une part des responsables administratifs au sein du transport et d’autres part des responsables d’auto-écoles et les détenteurs de ces «vrais-faux» permis de conduire.
MN/JB


Le scenario selon la gendarmerie

Tout est parti d’un constat d’anomalie sur une autorisation provisoire de conduire par le directeur régional des transports, Désiré Thiombiano, lors de la signature de ces documents. Les investigations conduites par l’adjudant-chef Saïbou Ouédraogo, commandant de la brigade de recherche de gendarmerie et ses hommes, ont permis de mettre la main sur le présumé auteur AO, agent à la direction régionale des transports du Centre-Est, et 4 de ses complices, responsables d’auto-écoles. «Le réseau du sieur AO dispose d’un carnet parallèle d’autorisation provisoire de conduire, qu’il a gardé par devers lui lorsqu’il était question de changer de type de carnet. Il prend soin de constituer les dossiers qu’il reçoit de ses complices, les prépare tout en imitant la griffe du directeur régional, et délivre une autorisation provisoire de conduire à ses clients, moyennant des montants qui varient entre 31.000 et 200.000 F CFA, selon la complexité du dossier», a expliqué aux hommes des médias le commandant de la compagnie de gendarmerie de Tenkodogo, Alimissi Savadogo.

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Numéro d'édition: 116

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