Accord de partenariat économique Vers la finalisation de la signature

• Le Nigeria et la Gambie patientent toujours

• La Mauritanie se prépare à y adhérer

La 14e réunion inter-institution Cedeao-Uemoa tenue le 22 juin à Ouagadougou a permis aux dirigeants des Commissions des deux organisations d’évaluer l’évolution des principaux chantiers de l’intégration régionale. Des sujets évoqués, les responsables d’institutions ont accordé une haute attention à l’Accord de partenariat économique que la région s’apprête à conclure avec l’Union européenne.

Au stade actuel, 13 pays sur les 15 que compte la Cedeao l’ont signé. Des réticences demeurent du côté du Nigeria et de la Gambie qui ont des réserves sur l’Accord. Selon le président de la Commission de la Cedeao, Kadré Desiré Ouédraogo, le 47e sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté, tenu le 19 mai 2015 à Accra, les a exhortés à se hâter de signer l’accord, pour ouvrir la voie de la ratification et de la mise en œuvre de l’Ape, notamment pour que son Programme pour le développement (Paped) soit rapidement opérationnel. S’agissant de la Mauritanie qui veut s’associer à l’Accord de partenariat économique, des négociations sont en cours à cet effet. Si au plan technique le dossier évolue positivement, certaines questions relevant du politique restent en suspens. Elles ont trait à la suppression de visas entre ce pays et ceux de la Cedeao et à l’impossibilité pour chaque partie à l’Accord d’association d’offrir des préférences tarifaires de façon individuelle à des parties tierces. Ces divergences devraient être prises en charge avant la fin de l’année, par la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cedeao, en accord avec les plus hautes autorités mauritaniennes. A côté de ces actions, les organisations d’intégration régionale souhaitent organiser une réunion sur l’Ape à laquelle tous les acteurs intéressés aux questions de développement seront conviés, l’objectif étant d’approfondir leur appropriation de l’Accord et de donner plus de visibilité à sa dimension développement. Suivra l’élaboration d’une feuille de route pour la ratification de l’Ape et de sa mise en œuvre. Les cadres des deux Commissions prévoient aussi d’effectuer une mission aux Caraïbes pour s’inspirer de l’expérience de cette région qui a signé un Ape depuis 2007. Kadré Desiré Ouédraogo et Cheikhe Hadjibou Soumaré s’entretiendront dans la première semaine de juillet avec la partie européenne, dans le cadre du Comité d’orientation stratégique. Les échanges porteront en particulier sur le financement de l’Ape et sur la signature du document de stratégie du Programme indicatif régional (inscrit au 11e Fonds européen de développement) dont le montant s’élève à 1.150 millions d’euros.o
Christian KONE


De l’opérationnalisation du Frape

Dans l’attente de la finalisation des mécanismes de contribution du partenaire européen, les présidents des Commissions de la Cedeao et de l’Uemoa s’accordent à allouer, dans leurs budgets annuels respectifs, des ressources à l’opérationnalisation du Fonds régional Ape (Frape). La mise en œuvre de ce fonds leur incombe en tant que décideurs de la région, mais ils promettent de veiller à ce que les engagements pris par l’Union européenne soient aussi respectés. Le Frape est présenté comme un instrument privilégié pour canaliser les appuis de tous les partenaires au développement souhaitant appuyer la mise en œuvre de l’Ape de façon efficiente et rapide.

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Numéro d'édition: 116

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