Karma

L’image a fait la Une de certains journaux. Les responsables de la mine de Karma, les représentants des populations de Namsiguima, le ministre des Mines se serrant la main après la signature d’un accord pour une exploitation apaisée du site d’or attribué à True Gold.
L’image est forte et on peut regretter que cet accord n’arrive que maintenant, soit après un an de conflit entre les riverains de la mine et les responsables de celle-ci sur les impacts négatifs avérés ou non de l’exploitation industrielle, des dizaines de blessés et des milliards de F CFA partis en fumée.
La facture est lourde, surtout pour les responsables de la mine; mais pas que pour eux. Car dans cette crise, l’Etat jouait non seulement sa crédibilité en tant que garant de la jouissance des permis d’exploitation qu’il a accordés, mais aussi ses recettes. Plus vite une mine entre en production, mieux c’est pour les caisses de l’Etat. Et laisser pourrir la situation aurait eu comme un effet de contagion sur les autres sites en ouverture.
D’où le holà du ministère de l’Administration territoriale qui a décidé de ne plus tolérer de manifestation sur les sites. Cet accord entre les parties fait suite à cette menace. Il était donc temps que les autorités durcissent le ton. La crise de Namsiguima montre à quel point l’installation des sociétés minières est délicate et peut partir en vrille si elle ne se fait pas de manière professionnelle.
Aucun des cadres de concertation en place n’a su ou pu gérer le contentieux avant qu’il ne prenne des proportions inquiétantes. Les populations ont dû gérer le problème à leur façon, avec les risques de manipulation et les conséquences désastreuses qu’on a vécus. Au final, c’est un précédent qui pourrait faire école. Le défi, maintenant, c’est de travailler à ne pas rompre cet accord. Chaque camp y joue sa crédibilité.
Par Abdoulaye TAO

Commentaires
Numéro d'édition: 115

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.