Le Laboratoire national de santé publique (Lnsp) est un établissement public de l’Etat. Il a été créé pour être l’instrument de sécurité sanitaire au Burkina, contre les risques d’origine alimentaire, médicamentaire, mais aussi des risques provenant de l’eau, des tabacs et cigarettes, des boissons diverses susceptibles de menacer la santé. (DR)

Santé : Le Laboratoire national va-t-il disparaître ?

• La création d’un Institut national de santé publique (Insp) en vue

• Axé plus sur la recherche que le contrôle sanitaire

• Inquiétude des travailleurs sur les prérogatives du Lnsp

Le Laboratoire national de santé publique (Lnsp) va disparaître au profit de l’Institut national de santé publique (Insp). Deux projets de décrets conjoints à la signature du président du Faso, du Premier ministre, des ministres de la Santé, des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, dont l’un consacre la création de l’Insp et l’autre portant statut particulier de l’Insp sont en cours de finalisation.

Une ultime rencontre a eu lieu le 21 avril 2015 autour de la question. Ils devraient être soumis en Conseil des ministres pour adoption. Ces décrets tirent leur source d’une note conceptuelle en date d’octobre 2014.
Ce qui irrite les 220 employés du Lnsp dans la création de l’Insp est la perte de certaines missions de leur structure dont celle relative aux contrôles de produits importés ou fabriqués localement.
Le Lnsp a été créé par le décret N°99-377/Pres/Pm/Ms du 28 octobre 1999. Le décret N°2003-478/ Pres/Pm/Ms modifiait le premier décret. Le décret 2008-525/Pres/Pm/Ms/Mef accordait un statut particulier au Lnsp.
Tous ces textes indiquent que le Lnsp sert de référence pour «les analyses biomédicales, toxicologiques, physico-chimiques et microbiologiques, les contrôles de qualité sanitaire et les expertises relatives à la biologie médicale, à l’alimentation, la nutrition, la pharmacie, l’eau, l’environnement, et de tout autre domaine en rapport avec la santé publique et la sécurité sanitaire».
A ce titre, il revient au Lnsp de contrôler tous les produits importés qui entrent dans la consommation humaine (comme les médicaments, les produits alimentaires, cosmétiques, savon, huile, eau, etc.). Aussi, le laboratoire a pour mission de contrôler les produits fabriqués localement, par contrat ou par convention. C’est le cas des eaux en sachet. Pour bien accomplir sa mission, le Lnsp doit être présent à tous les postes frontaliers.
Le projet de décret portant création de l’Insp ne mentionne nulle part que le Lnsp garderait ses prérogatives. D’où la crainte des travailleurs du Lnsp. Selon une source interne, ils travaillent actuellement à relever plusieurs défis dont le renforcement des capacités techniques, logistiques et financières du laboratoire.
Egalement, le management des ressources humaines et l’implantation de bureaux dans tous les chefs-lieux de régions et à tous les postes frontaliers faisaient partie des défis à relever pour atteindre les objectifs. C’est dans ce contexte que la dissolution du laboratoire va intervenir, puisque l’article 5 du projet de décret portant création de l’Institut national de santé publique (Insp) précise que le présent décret abroge le décret de 1999 portant création du Lnsp et l’ensemble de ses modifications.
Les travailleurs sont en attente d’une rencontre avec le ministre de la Santé sur la question. Cependant, ils craignent un passage en force qui supprimerait les prérogatives de contrôle sanitaire du Lnsp.
Un pays peut-il se passer du contrôle sanitaire des produits aussi bien importés que fabriqués sur le territoire national ? Avec l’«affaire Obouf» qui a révélé une importante importation de produits périmés, les autorités de la Transition devaient renforcer la présence du Lnsp aux frontières et lui accorder des pouvoirs de saisir des produits prohibés, et de saisir la justice si possible.
D’autre part, on constate que le Cnrst qui coordonne la recherche et l’innovation n’est pas mentionné dans le prochain dispositif; comme si la santé s’autonomisait. Idéalement, le Lnsp, le centre Muraz, celui de Nouna, concernés par les décrets, devraient pouvoir garder leurs prérogatives quitte à ce que l’Insp coordonne leurs actions. Cela a besoin d’être clarifié.
Joël BOUDA


Missions de l’Insp

L’article 3 du projet de décret portant création de l’Insp dispose que ses missions sont les suivantes.
– Assurer la coordination et la promotion de la recherche sectorielle pour la santé entreprise dans différents centres, laboratoires et institutions relevant du secteur public, parapublic et privé pour une meilleure efficacité et une assurance qualité de la recherche
– Orienter les acteurs de la recherche vers les domaines prioritaires de la politique sanitaire nationale
– Développer une expertise thématique, analytique et méthodologique en appui à la réalisation des fonctions essentielles de la santé publique
– Concevoir et organiser en collaboration avec les institutions nationales d’enseignement des cycles de formation spécialisée en santé publique à l’intention des professionnels de la santé
– Contrôler la qualité des pratiques professionnelles
– Diffuser les résultats de la recherche en santé par les moyens appropriés
– Développer des partenariats avec d’autres personnes morales publiques ou privées dans le cadre de la recherche en santé ou la formation en santé publique.

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Numéro d'édition: 108

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