Depuis cet enlèvement, qui constitue l’attaque la plus choquante de Boko Haram depuis sa création, la mobilisation ne faiblit pas pour retrouver les jeunes filles. Via le hashtag #BringBackOurGirls («Ramenez nos filles»), les Nigérians s’organisent. A Abuja et ailleurs, des manifestations sont organisées pour réclamer des actions plus conséquentes de la part du Gouvernement. (DR)

Nigeria : Un an après l’enlèvement des lycéennes

Un défilé de jeunes filles a été organisé le14 avril à Abuja (Nigeria) pour réclamer la libération des plus de 200 lycéennes enlevées un an auparavant par Boko Haram. Le kidnapping du 14 avril 2014 avait suscité une intense émotion à travers le monde, notamment grâce à la campagne #BringBackOurGirls. Ces enlèvements, s’ils ont été très médiatisés, sont loin d’être le seul crime de ce type commis par Boko Haram, a rappelé Amnesty international. Selon l’Ong, au moins 2.000 femmes et fillettes ont été enlevées au Nigeria depuis le début de l’année dernière. Amnesty international affirme avoir listé au total 38 cas d’enlèvement de masse commis par le groupe islamiste, sur la base de nombreux témoignages. Les Nations unies et des organisations de défense des droits de l’Homme ont aussi dénoncé, à cette occasion, le ciblage délibéré d’enfants — garçons et filles — par les islamistes, dont l’insurrection et la répression armée ont fait au moins 15.000 morts depuis six ans. «C’est formidable que le monde se souvienne et véhicule le message que nous n’oublierons pas et que nous ne nous arrêterons pas jusqu’à ce que nous sachions ce qui est arrivé à nos filles», a déclaré Habiba Balogun, une des coordinatrices du mouvement à Lagos, à l’Afp.
Aucun signe de vie des otages n’a été donné depuis une vidéo diffusée en mai 2014 par Boko Haram, qui montrait une centaine de lycéennes voilées, récitant des sourates du Coran.
57 adolescentes ont réussi à s’enfuir dans les heures qui ont suivi le kidnapping. Mais on n’a aucun signe de vie des 219 otages. Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a déclaré avoir converti les adolescentes qui n’étaient pas musulmanes et les avoir toutes «mariées de force». L’armée nigériane a déjà affirmé de par le passé savoir où se trouvent les lycéennes, mais qu’une opération de sauvetage serait trop risquée. Dans son nouveau rapport publié le 13 avril dernier, Amnesty international cite un haut gradé de l’armée nigériane selon lequel les otages sont gardées dans plusieurs camps de Boko Haram, au Nigeria, mais aussi au Tchad et au Cameroun voisins.
NK


Les limites des actions du nouveau président

Le gouvernement du président Goodluck Jonathan, qui a cherché à minimiser et même à nier ce kidnapping, dans un premier temps, a été accusé d’être indifférent au sort des lycéennes. Cette erreur politique et son incapacité à juguler l’insurrection islamiste, qui a fait des milliers de morts dans le Nord du Nigeria depuis 2009, ont probablement joué un rôle majeur dans sa défaite à la présidentielle en fin mars. Le vainqueur de la présidentielle, Muhammadu Buhari, qui sera investi le 29 mai prochain, a promis de faire de la lutte contre Boko Haram la priorité de son mandat. Cepandant, il a déclaré qu’il ne pouvait «pas promettre» de retrouver les 219 lycéennes enlevées : «Nous ne savons pas si les filles de Chibok peuvent être secourues. Leur localisation reste inconnue. J’aimerais beaucoup pouvoir le faire, mais je ne peux pas promettre de les retrouver».

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Numéro d'édition: 106

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