Mgr Paul Ouédraogo demande l’accompagnement de toute la société. (MK)

Réconciliation : Les chantiers de la Commission

• Adoption du règlement intérieur et du budget demain

• 5 mois pour transformer l’essai

• L’appel de Mgr Paul Ouédraogo

La Commission de réconciliation nationale et des réformes (Crnr) est en plein dans ses travaux. Elle sera à sa troisième plénière ce mardi 31 mars 2015. Mais avant, les sous-commissions planchent depuis sur les missions qui leur sont confiées. Au cours des échanges que le bureau de la Commission a eus avec la presse le 21 mars dernier, il est apparu que Mgr Paul Ouédraogo et ses collaborateurs veulent urgemment s’attaquer aux cinq chantiers majeurs de leur mandat.

Ces cinq préoccupations ont pour noms : vérité, justice et réconciliation nationale; réformes constitutionnelles, politiques et institutionnelles; réforme électorale; finances publiques et enfin gestion des médias. Au cours de sa deuxième plénière du 20 mars 2015, la Commission a examiné un projet de règlement intérieur et un projet de budget. Le consensus sur le règlement intérieur a été établi et les grandes lignes du budget ont été arrêtées. Ce sont ces deux documents qui seront certainement adoptés au cours de la 3e plénière prévue se tenir ce mardi 31 mars.
Déjà, les membres de la Crnr ont voulu jouer à la transparence en annonçant que le montant de 250.000 FCFA a été retenu comme indemnité mensuelle pour chacun d’eux.
Et le président de la Commission, Mgr Paul Ouédraogo, de préciser que «ces indemnités sont largement en dessous des niveaux retenus par les dispositions réglementaires visées par la loi organique».

Les missions de la Commission
La question qui revient sur toutes les lèvres est de savoir ce que fera exactement la Crnr. Les missions de cette Commission sont clairement définies dans la loi organique du 23 janvier 2015. Cette commission dirigée par l’Archevêque métropolitain de Bobo-Dioulasso est chargée de formuler des réformes pertinentes nécessaires au développement politique et socio-économique inclusif de la nation. Il lui revient également d’établir les conditions d’apurement du passif de la gestion politique et économique de l’Etat. Tout au long des 5 mois que va durer le travail de la Crnr, des propositions visant à créer les conditions de la manifestation de la vérité, de la justice, du pardon et de la réconciliation nationale doivent être faites. Dès lors, il faudra à la Commission jeter les bases de la réhabilitation des valeurs positives consensuelles (intégrité, solidarité, travail, discipline, civisme, tolérance…). C’est pourquoi le rôle de la sous-commission «Vérité, justice et réconciliation nationale» est très attendue. C’est à elle que revient la charge de «proposer une réforme du système judiciaire qui assure l’impartialité et l’indépendance de la justice».
Il va sans dire que cette sous-commission présidée par Me Guy Hervé Kam va capitaliser les résultats des états généraux de la justice qui a refermé ses portes le 28 mars dernier.

Des élections à venir

Le bureau de la Commission et les autres membres ont 5 mois pour livrer les conclusions de leur travail au Premier ministre . (MK)

Le bureau de la Commission et les autres membres ont 5 mois pour livrer les conclusions de leur travail au Premier ministre . (MK)

Le volet électoral sera également pris en compte dans les urgences de la Crnr. Ainsi, les propositions des lois de moralisation de la vie politique et de transparence dans la compétition électorale lui reviennent. Aussi devra-t-elle proposer des textes de loi pour un système électoral équitable.
S’agissant du volet finances publiques, la Crnr devra, au bout de 5 mois, soumettre des propositions en vue de mettre en cohérence le train de vie de l’Etat avec le niveau des ressources publiques. Dans ce sens, la sous-commission en charge de ce volet a l’obligation de proposer des mécanismes efficaces de gestion des biens de l’Etat et des mécanismes d’encadrement des marchés publics.
Pour le volet médias, le doyen Edouard Ouédraogo (Dg de l’Observateur Paalga) et ses collaborateurs devront permettre à la Commission de soumettre à l’autorité des propositions pour un meilleur encadrement juridique, professionnel et institutionnel des médias. Dans ce sens, il devra sortir des réflexions de la Crnr des propositions visant à asseoir un système juste et efficace de traitement des délits de presse ou encore des propositions de réformes visant l’accès équitable aux médias publics.
Ce sont cinq mois qui ne seront pas de tout repos pour les 36 «missionnaires». A travers les échanges que la Crnr a eus avec la presse, Mgr Paul Ouédraogo a tenu à préciser que la structure qu’il préside n’envisage «ni un fonctionnement en vase clos, ni une amnésie par rapport aux travaux et rapports pertinents antérieurs».
Sur cet aspect, le président de la Crnr a promis de s’ouvrir à toute la société burkinabè à travers un processus consultatif pour identifier les attentes. Le rapport du collège des sages sera mis à profit. Elle prolongera sa démarche pour tenir compte des crimes plus récents et des évolutions majeures qui ont affecté la société.
Alexandre Le Grand ROUAMBA


 

L’appel de l’Archevêque

Face aux défis qui se présentent à la Commission de réconciliation nationale et des réformes, son président, Mgr Paul Ouédraogo, a lancé un appel à la retenue et au respect du sacrifice des martyrs de l’insurrection populaire, de la mémoire des héros nationaux et des nombreuses victimes des années passées. C’est pourquoi, l’Archevêque de Bobo-Dioulasso demande à ce que cessent ce qu’il appelle «les débordements, les propos négationnistes et les postures arrogantes», pour faire place à l’apaisement des cœurs, à l’exercice de la vérité et de la justice pour la réconciliation nationale. o

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Numéro d'édition: 103

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