Coopération : Exchange fédère les initiatives

• L’expertise belge tend la main aux Pme burkinabè

• Efficacité et qualité comme maîtres mots

Séance d’explication sur la diversité des projets d’Exchange au profit des entrepreneurs du secteur privé burkinabè tenue le 19 mars 2015, à la résidence de l’ambassadeur de Belgique. (DR)

Séance d’explication sur la diversité des projets d’Exchange au profit des entrepreneurs du secteur privé burkinabè tenue le 19 mars 2015, à la résidence de l’ambassadeur de Belgique. (DR)

L’association belge Exchange a commencé ses activités au Burkina Faso en 2006. En dix ans, elle a annuellement réalisé une trentaine de missions en réponse à des demandes diverses au bénéfice des petites et moyennes entreprises. De l’agriculture aux médias en passant par l’hôtellerie, la construction, le transport, la mécanique ou la métallurgie. Selon les explications des premiers responsables de la structure, les projets d’Exchange, soutenus par la Coopération belge au développement, s’adressent pour 70% aux Pme/Pmi.

Le reste est dédié aux coopératives, aux Chambres de commerce, aux fédérations d’entreprises et aux associations professionnelles. L’offre cible toutes les Pme et les organisations qui ont un réel potentiel de croissance, mais qui manquent de ressources suffisantes pour se payer un expert international qui pourrait les aider à améliorer un processus, apporter de la qualité ou servir de conseil avant un investissement important. Les compétences proposées par Exchange pourraient également intéresser les promoteurs de Pme qui ont un éventuel besoin de mieux s’organiser, de restructurer leurs entreprises ou de réorienter leurs activités. D’autres types de demandes relevant du domaine du management, d’établissement de plan d’investissement, de formation du personnel sont recevables par l’équipe locale d’Exchange.
Une Pme peut introduire jusqu’à quatre demandes à six mois d’intervalle. La requête est faite en ligne suivant un formulaire. Les Pme intéressées doivent néanmoins satisfaire à un certain nombre de critères. D’abord avoir une existence officielle d’au moins deux ; ensuite avoir un chiffre d’affaires annuel compris entre 16 millions et 320 millions de FCFA (25.000-500.000 Euros) ; enfin employer plus de 10 personnes. Selon Michel Ratiau, le coordonnateur pays d’Exchange, c’est convaincus que l’esprit d’entreprise est à la base du développement économique que les membres d’Exchange multiplient leurs soutiens aux entreprises des pays du Sud en y envoyant des experts bénévoles de haut niveau, et presque gratuitement. Les frais d’organisation d’un projet sont estimés en moyenne à 5.000 Euros, selon la partie belge. Ils comprennent les dépenses diverses liées au voyage de l’expert pris en charge par Exchange. L’entreprise bénéficiaire n’aura qu’à assurer les frais de logement et de restauration de l’expert durant son séjour, généralement étalé sur deux semaines, ce dernier ne recevant ni salaire ni honoraire.
Christian KONE


 


Ne pas empiéter sur le marché local

L’association Exchange, fort de ses 1.000 experts bénévoles, assure qu’elle se soucie de ne pas faire de la concurrence aux compétences locales. C’est pour cette raison qu’elle n’offre pas d’expertise déjà présente sur le terrain où son intervention est souhaitée.
Elle s’abstient également lorsque l’entreprise a les moyens financiers nécessaires pour engager un consultant. Les dossiers de demandes de projets sont évalués en tenant compte des entreprises qui nécessitent le plus d’expertise. Les Burkinabè qui ont déjà profité de l’accompagnement d’Exchange ne tarissent pas d’éloges sur les profits engrangés.
Simone Zoundi, entrepreneur dans le secteur agroalimentaire, assure avoir comblé les besoins de formation pour son personnel en qualité et en techniques de négociation. Les experts en boulangerie et en pâtisserie reçus ont contribué à renforcer les capacités de ses équipes. Les membres de Fédération nationale des industries de l’agroalimentaire et de transformation du Burkina qu’elle dirige ont aussi bénéficié de l’expertise belge en matière d’emballage.
Roland Sow, promoteur d’un hôtel basé à Bobo-Dioulasso, a, grâce à l’accompagnement des experts d’Exchange, fait hisser son établissement au rang des meilleurs de la capitale économique.
Les méthodes de travail professionnelles partagées par le couple d’experts que son équipe de gestion a reçu en juillet 2014 ont boosté les services rendus par l’hôtel, surtout en qui concerne le volet restauration. Les partenaires belges ont aidé à installer en deux semaines toute une cuisine aux équipements modernes. Le promoteur hôtelier s’apprête à renouveler l’expérience avec d’autres experts qui viendront donner, cette fois-ci, une formation en boulangerie et en pâtisserie.

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Numéro d'édition: 103

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