Economie

Transparence budgétaire : La Banque mondiale propose le Boost

Yemdaogo Tougouma, l’expert de la Banque mondiale chargé du Boost (Malgmame Koné)
Yemdaogo Tougouma, l’expert de la Banque mondiale chargé du Boost (Malgmame Koné)

Avec le Boost, le budget devrait être plus lisible et compréhensible par le citoyen ordinaire, soucieux de savoir ce que l’Etat fait de sa contribution fiscale et des richesses nationales. La Banque mondiale, qui a conçu ce dispositif informatique, souhaite le mettre à la disposition du Burkina après l’avoir expérimenté dans d’autres contrées africaines dont deux pays de la sous-région, à savoir le Niger et le Togo. Dans ces Etats, souligne la représentante résidente de la Banque mondiale au Burkina Faso, Mercy Tembon, les autorités en charge de l’Economie et des finances ont pu réaliser avec succès les revues des dépenses publiques et faciliter l’accès des informations budgétaires aux acteurs du dialogue sociopolitique que sont la société civile, les élus locaux et les partenaires techniques et financiers.

L’outil apporterait un plus à la qualité des données budgétaires, en ce qu’il sera plus aisé à tous de suivre chaque entité du budget de l’Etat, ligne par ligne, et ainsi de connaître de manière détaillée l’utilisation des ressources financières aux niveaux national et régional. Les informations détaillées sur le budget facilitent la réalisation du cadrage macro-financier, les analyses sectorielles, par exemple, sur des secteurs sociaux prioritaires que sont l’éducation et la santé.
La séance d’information organisée le 16 mars 2015 par la Banque mondiale a permis aux agents de l’administration financière accompagnés de leurs collègues des services informatiques d’échanger avec les experts de l’institution et d’expliquer aux représentants de la société civile les avantages et les limites de l’instrument proposé. Pour la mise en place du Boost, le ministère de l’Economie et des finances est le maître d’œuvre. Ce sont ses agents qui communiqueront les données complètes aux experts de la Banque mondiale avec qui ils s’associeront pour vérifier la qualité des informations, procéderont à la présentation des données sous format simplifié au ministère du tutelle chargé de les mettre en ligne, après validation. Selon Yemdaogo Tougouma, l’expert de la Banque mondiale chargé du Boost, l’actualisation sera faite annuellement sur la base des données les plus récentes. Des formations seront dispensées aux agents de l’administration financière qui prendront en charge la gestion du Boost. D’autres catégories de personnes intéressées par l’exécution du budget (parlementaires, Cour des comptes, chercheurs) seront également outillées pour une meilleure utilisation du Boost dans leurs analyses et plaidoyers.
Le Boost en tant qu’outil d’analyse vient en complément au système d’informatisation du budget en place depuis 1996. Son acceptation par le gouvernement s’inscrit dans la volonté de l’exécutif d’améliorer la transparence en partageant l’information budgétaire, en démystifiant le budget en ce qu’il sera rendu disponible et compréhensible à l’ensemble du public, explique Lassané Ouédraogo de la direction générale du budget.
Aux représentants des organisations de la société civile qui demandent à être rassurés sur la qualité et la fiabilité des informations qui seront diffusées via le Boost, les experts du Mef répondent que le Circuit informatisé de la dépense publique (Cid), l’outil de traitement des informations relatives à l’élaboration et à l’exécution du budget, est homologué aussi bien par la Banque mondiale que par l’ensemble des autres partenaires.
Les informations à mettre dans le Boost étant extraites du Cid, il n’y a donc pas de doute à avoir sur la fiabilité de celles-ci.
Christian KONE


 

 

Outil de dialogue entre autorités et donateurs

La Banque mondiale étant très regardante sur la qualité de la gestion budgétaire et financière, l’appropriation du Boost bien qu’il n’inclut pas le volet relatif aux recettes et aux financements extérieurs devrait permettre d’accroître les performances du pays en termes d’évaluation de la politique des institutions nationales, notamment en ce qui concerne l’Evaluation des politiques et institutions du pays (Cpia) qui accorde une grande importance aux critères de gouvernance et de transparence. Les points gagnés en Cpia sont déterminants pour l’allocation des ressources financières.

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