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Mine de Tambao L’Accord prévoit des infrastructures socio-économiques

L’ancien ministre des Mines, Salif Lamoussa Kaboré, remettant officiellement le décret d’octroi du permis d’exploitation de la mine de manganèse de Tambao à Frank Timis, président du Groupe Timis, le mercredi 14 mai 2014 à Ouagadougou. (DR)
L’ancien ministre des Mines, Salif Lamoussa Kaboré, remettant officiellement le décret d’octroi du permis d’exploitation de la mine de manganèse de Tambao à Frank Timis, président du Groupe Timis, le mercredi 14 mai 2014 à Ouagadougou. (DR)

Les populations des 27 villages du département de Markoye, localité qui abrite la mine de Tambao, ont récemment forcé à l’arrêt de l’exploitation du minerai. Elles exigent, de la part de l’opérateur Pan African Minerals (Pam), la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures socio-économiques dans la région.

Une revendication qui tire son origine dans l’Accord-cadre de partenariat public-privé conclu entre l’Etat burkinabè et Pam en 2012 en vue de la réalisation de projets intégrés. C’est le ministre en charge des Mines de l’époque, Salif Kaboré, qui avait représenté l’Etat burkinabè à l’occasion de la signature de cet Accord avec Frank Timis, patron de Pam.
Au regard du potentiel du gisement de Tambao, le Gouvernement a choisi de faire de ce projet minier «un projet intégré» comportant trois volets essentiels. Il y a «la construction d’un tronçon supplémentaire de chemin de fer de Kaya-Dori-Gorom-Gorom- Tambao» pour prolonger la ligne actuelle. En amont, le tronçon entre Ouagadougou et Kaya devait être réhabilité. Il y a aussi «le bitumage de la route Dori-Gorom-Gorom-Tambao». La troisième composante étant «l’exploitation de la mine de manganèse», elle-même.
Dans le chapitre des obligations de Pam, l’article 3 de l’Accord stipule que «dans le cadre du partenariat public-privé, Pam s’engage à réaliser le Projet de Tambao, dans toutes ses composantes dans les trois ans suivant l’octroi du permis d’exploitation minière». Le permis d’exploitation de la mine de Tambao a été officiellement attribué à Pam le 14 mai 2014. Le démarrage de l’exploitation était attendu pour décembre 2014/janvier 2015. C’est ce qui s’est effectivement passé.
Toutefois, les volets concernant le chemin de fer, qui doit servir au transport du minerai jusqu’au port d’Abidjan, ainsi que le bitumage de la route entre Dori et Tambao, n’ont pas bougé. D’où la colère des populations impactées par le projet de la mine.
Elles estiment que tant que la réalisation des infrastructures socio-économiques n’aura pas démarré, il n’est pas question d’exploiter le minerai, qui est pour l’instant transporté par la route et entreposé à Kaya.
Une première marche a été organisée le 6 février 2015 pour l’arrêt de l’exploitation. Par la suite, les manifestants ont saccagé les installations de la mine le 17 février dernier. La police avait pris position sur le site pour le sécuriser et le Gouvernement devait mener des négociations.o
Karim GADIAGA


En attendant l’issue des négociations sur le chemin de fer

La mine de Tambao est censée contenir plus de 100 millions de tonnes de manganèse, un minerai utilisé dans la production de l’acier. L’un des gros enjeux de son exploitation est qu’il puisse permettre de diversifier l’économie nationale dépendante de l’or et du coton. Le manganèse est un produit destiné à l’exportation et il devrait passer par le port d’Abidjan après un acheminement par la voie ferrée.
C’est pourquoi, le projet de réhabilitation du chemin de fer entre la Côte d’Ivoire et le Burkina est capital. Or, la question du chemin de fer implique également le Groupe Bolloré, qui n’était jusque-là pas parvenu à un accord précis avec Pam.
Les négociations sur le chemin de fer viennent de reprendre, d’une part entre les deux Etats (Côte d’Ivoire et Burkina) et d’autre part avec les deux opérateurs (Bolloré et Pam). Elles devraient être décisives dans la mise en œuvre complète du projet intégré de Tambao.o

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