Péremption : Le local peu concerné

• A cause de la faible production et des stratégies de vente

• Le réel problème porte sur les conditions de conservation

Certes les produits fabriqués localement n’échappent pas au problème de péremption mais du fait de leur quantité moins importante par rapport à ceux issus de l’importation, ils sont moins concernés. (Ph.: Yvan SAMA)

Certes les produits fabriqués localement n’échappent pas au problème de péremption mais du fait de leur quantité moins importante par rapport à ceux issus de l’importation, ils sont moins concernés. (Ph.: Yvan SAMA)

Avant même cette découverte spectaculaire de canettes périmées dans les entrepôts du Groupe Obouf, les opérations de contrôle du ministère de l’Industrie, et du commerce et de l’artisanat dans les 13 régions du pays ont régulièrement permis de saisir des produits périmés. Généralement, il s’agit de denrées préemballées provenant de l’importation. Les industriels locaux minimisent la part du «made in Burkina» dans cette situation.

Le Groupement professionnel des industriels (Gpi) indique qu’annuellement leurs produits périmés représentent de «très faibles quantités». A la Brakina/Sodibo (la brasserie nationale et sa société de distribution), on juge «insignifiantes» les quantités qui peuvent être retirées à cause de l’expiration de la date de consommation.
Du côté de la Sn Citec (huilerie et savonnerie basée à Bobo-Dioulasso) cette part est estimée à «néant». Une réalité que la société lie à sa faible production vite absorbée par la consommation. «L’huile alimentaire de notre production est largement inférieure aux besoins de consommation du marché national. Donc, il y a une forte réduction des risques de péremption», répondait la Sn Citec.
Grâce également à des stratégies de vente basées sur le principe du First in first out (Fifo) et aussi par des opérations de vente promotionnelle, les industriels locaux parviennent à minimiser le phénomène d’expiration des délais d’utilisation.
Si pour le Gpi, on dispose d’informations précises, le flou reste entier sur les produits de l’activité informelle. Par ailleurs, certains produits locaux sont confrontés au problème de conservation dans des conditions optimales. «Dans notre pays, il ne faut pas seulement se fier à la date pour juger de la qualité d’un produit. Il y a les conditions de conservation dans les boutiques ou dans les ménages qui devraient être un facteur très important. Lorsque des produits comme le yaourt, le lait et autres sont mal conservés, la date (Dluo ou Dlc) n’est plus un indicateur fiable. Pourtant, vous remarquerez que beaucoup de produits sont mal conservés dans des réfrigérateurs qu’on ouvre intempestivement», explique Daniel Dah Hien, Secrétaire national chargé de la formation et de l’éducation à la Ligue des consommateurs du Burkina (Lcb).
KG


Une différence entre Dluo et Dlc

La Date limite d’utilisation optimale (Dluo) concerne généralement des produits secs non périssables parmi lesquels on note les pâtes, le riz, la farine, le sucre, les conserves, etc. La Dluo est présentée comme «un simple conseil d’utilisation sur des produits encore comestibles après cette date».
Trois mois de plus, selon la règlementation locale. C’est tout le contraire quand l’emballage porte une Date limite de consommation (Dlc). Là, le délai est de rigueur. La Dlc concerne des produits frais périssables. Selon les spécialistes, ce type de produits pose problème immédiatement après l’expiration de la date.
L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (Abnorm), structure publique chargée d’élaborer des normes, indique que la Dluo ou «Date de durabilité minimale» se reconnaît à travers la mention «A consommer de préférence avant».
Selon l’Abnorm, une «Date limite de consommation (Dlc)» ou «Date de péremption» de 6 semaines est fixée dans le cas des denrées périssables et pour les denrées dont la réglementation en matière de contrôle sanitaire fixe une durée de conservation. Pour les autres types de produit, il s’agit d’une «Date limite d’utilisation optimale (Dluo)» ou «Date de durabilité minimale».


 

Ce que dit la règlementation sur les dates

Selon la règlementation, sont interdites la détention en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, la mise en vente, la vente ou la distribution à titre gratuit des denrées alimentaires:
– comportant une Date limite de consommation (Dlc) dès lors que cette date est atteinte;
– comportant une Date limite d’utilisation optimale (Dluo) dès lors que cette date est dépassée d’au moins 3 mois;
– ne comportant pas d’indication d’une date alors que ces denrées sont soumises à obligation d’indication d’une date;
– entreposées dans des conditions non conformes à celles qui sont prescrites sur leur étiquetage.
Ainsi, le dépassement de la Dluo d’au plus 3 mois n’est donc susceptible d’aucune sanction (amende, saisie, …), à condition que le produit demeure de qualité loyale et marchande. Ce qui n’est établi qu’après une analyse microbiologique de produit.
En plus de la saisie des produits périmés, les infractions relatives à la sécurité du consommateur sont punies d’une amende de cinquante mille (50.000) à cinq millions (5.000.000) de francs CFA et d’un emprisonnement d’un (01) mois à six (06) mois ou de l’une de ces deux peines seulement.

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Numéro d'édition: 100

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