Contrebande d’or : Patrick Gagnon fait une grève de la faim

• Le Canadien a fait appel de sa peine

• Vice de forme dans le procès

Arrivé au Burkina Faso en 2011 dans le cadre d’un voyage humanitaire  organisé par Saco-Ceso en tant que conseiller volontaire, Patrick Gagnon s’est fait remarquer dans l’organisation d’un Festival culinaire à Ouagadougou. (DR)

Arrivé au Burkina Faso en 2011 dans le cadre d’un voyage humanitaire organisé par Saco-Ceso en tant que conseiller volontaire, Patrick Gagnon s’est fait remarquer dans l’organisation d’un Festival culinaire à Ouagadougou. (DR)

Patrick Gagnon, le Canadien emprisonné pour contrebande d’or au Burkina depuis le 24 novembre 2014, a entamé une grève de la faim depuis le 27 février 2015.

Récemment, M. Gagnon a fait appel de cette peine en demandant à l’ambassade du Canada au Burkina Faso de l’appuyer pour favoriser sa sortie de prison. En attendant une réponse de la part des autorités canadiennes, M. Gagnon a entrepris, selon ses proches, une grève de la faim qui se poursuivra jusqu’à la fin des procédures. Aux dernières nouvelles, il aurait été transporté à l’hôpital.
Sur l’affaire, son avocat, Me Benao Batibié, a rappelé que son client était poursuivi pour des faits déterminés à savoir: vente illégale d’or à une personne sans agrément; fausse déclaration en matière d’exportation ; exportation illégale et manœuvre frauduleuse en vue de cacher à la douane une exportation illégale. Ce qui a constitué l’objet des débats à l’audience.
«Nous avons, dans notre plaidoirie, travaillé à faire tomber chacune des accusations car elles étaient non-fondées. Maintenant, le tribunal, au moment de délibérer, a décidé de le retenir dans le lien de la prévention (le condamner ndlr), pour des faits de contrebande. Or, cela ne faisait pas partie des chefs d’accusation», a ensuite déclaré Me Benao, contacté au téléphone. Si le tribunal, au regard des débats, savait qu’il avait l’intention de retenir la culpabilité M. Gagnon sur la base d’une autre infraction, il devait provoquer le débat sur cette question afin qu’il puisse s’en expliquer. C’est du moins ce que proclame l’avocat de l’accusé. Et d’ajouter: «Cela n’a pas été le cas, il a été, comme les autres, reconnu coupable de contrebande alors qu’il n’a jamais été jugé pour contrebande».
Notons quand même que même si le Belge et le Français ont été arrêtés à l’aéroport international de Ouagadougou avec l’or contenu dans leurs bagages, selon les autorités, le Canadien qui dispose d’un comptoir de vente et d’exportation d’or est considéré comme le cerveau de cette fraude inédite.
Son arrestation s’est faite après. Patrick Gagnon et ses compagnons ont été placés sous mandat de dépôt par le Tribunal de grande instance de Ouagadougou et l’exportateur a été condamné à 24 mois de prison. «La grève de la faim est due au fait qu’ils étaient trois à être jugés et les deux personnes principales que l’on a pris avec l’or ont pu quitter le pays.
C’est ce qui explique sa grève», a conclu l’avocat. Se prononçant sur l’utilité de cette grève, l’avocat estime que cet acte n’en vaut pas la peine, «d’autant que nous avons fait appel et, à ma connaissance, le dossier devrait être programmé pour le 13 mars prochain».

NK


Qui est Patrick Gagnon ?

Arrivé au Burkina Faso en 2011 dans le cadre d’un voyage humanitaire organisé par Saco-Ceso en tant que conseiller volontaire, Patrick Gagnon s’est fait remarquer dans l’organisation d’un Festival culinaire à Ouagadougou. Avant de débarquer à Ouagadougou, Patrick a été, selon Le Journal de Montréal, l’organisateur de plusieurs festivals qui se sont soldés par de lourdes pertes. Citons, entre autres, le festival Rock’n’Bull, les Fêtes gourmandes de Laval et les Méchants galas d’humour. «Une seule visite sur nos sites ou dans nos bureaux vous fera réaliser à quel point Sofior est devenue un acteur important au pays de l’homme intègre, le Burkina Faso, ou en Côte-d’Ivoire dans le domaine aurifère», indique le site internet de sa compagnie Sofior. Ce même site décrivant son profil estime à 250 kg d’or la récolte mensuelle.


Loi n° 027-2011/AN portant répression de la fraude en matière de commercialisation de l’or

Dans le chapitre 4 de cette loi portant sur les procédures, on peut lire que: «L’or, objet de la fraude, est saisi, placé sous scellé et fait l’objet d’un procès-verbal de saisie édicté selon les règles en la matière dont copie est adressée au ministre chargé des Mines. L’évaluation de l’or saisi est assurée par la Brigade nationale anti-fraude de l’or. Celle-ci en organise la vente aux enchères limitée aux comptoirs d’achat agréés et aux bijoutiers à jour vis-à-vis de la règlementation. Hormis le cas de transaction prévu à l’article 29 ci-dessous, l’or saisi fait l’objet d’un prélèvement d’échantillon de trois grammes sur chaque lingot ou lot en poudre. Le procès-verbal de saisie, accompagné de l’échantillon, des matériels et moyens de transport ayant servi à la fraude ainsi que la plainte et les réclamations de la Brigade nationale anti-fraude de l’or, sont transmis au procureur du Faso à toutes fins de droit».

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Numéro d'édition: 100

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