Aliments  : La peur au ventre

• Doute sur les boissons, la viande, le sel, les huiles, les confiseries…

• Inadaptation, manque d’info et mauvaise conservation

• Des risques de maladies pour les consommateurs

Maxime Drabo, Dg du Lnsp, est catégorique. Selon lui, le principe en matière de santé publique exige toujours de la prudence. A cet effet, le Dg du Lnsp indique que lorsque la date d’un produit est échue, on ne peut plus conseiller sa consommation. D’autant plus que le fabricant, lui-même, s’en désengage. A propos des canettes saisies chez Obouf, le Lnsp estime qu’il n’y a même plus lieu de faire une analyse, à partir du moment où la date est dépassée.. (DR)

Maxime Drabo, Dg du Lnsp, est catégorique. Selon lui, le principe en matière de santé publique exige toujours de la prudence. A cet effet, le Dg du Lnsp indique que lorsque la date d’un produit est échue, on ne peut plus conseiller sa consommation. D’autant plus que le fabricant, lui-même, s’en désengage. A propos des canettes saisies chez Obouf, le Lnsp estime qu’il n’y a même plus lieu de faire une analyse, à partir du moment où la date est dépassée.. (DR)

La vigilance est conseillée au consommateur. La qualité de certains produits préemballés sur le marché est douteuse. Une situation préoccupante, selon Maxime Drabo, Dg du Laboratoire national de santé publique (Lnsp). Bien que le contrôle du Lnsp soit obligatoire pour tous les produits alimentaires, certains commerçants essaient de contourner la règlementation. La découverte récente, dans les entrepôts du Groupe Obouf, d’énormes quantités de boissons sucrées et de concentrées de tomate en instance de modification de dates d’utilisation est une illustration patente du faux et du mauvais qui nous sont servi.

L’inventaire réalisé en présence du Procureur du Faso a dénombré «2.184.072 cannettes périmées, 372 bidons de 1,5 litres de boissons gazeuses de marque Coca-Cola périmées, 276 boîtes de concentré de tomate de marque Trésor périmées, 10.608 cannettes sans dates de péremption, 442.296 canettes dont les dates de péremption ont été modifiées». Le Groupe Ouédraogo Boureima et frères (Obouf) jouit pratiquement d’un monopôle pour les types et les marques de produits incriminés.
Le fait que ses activités remontent à plusieurs années permet d’imaginer combien de fois le consommateur a pu être victime de ses supercheries. L’analyse fait froid dans le dos et surtout donne la peur au ventre.

Il y a une menace sur la santé publique avec ces produits douteux.
En effet, selon le Lnsp, les micro-organismes dans les aliments contaminés provoquent des toxi-infections alimentaires. Les résidus de produits chimiques agricoles, les mycotoxines, les métaux, les éléments radioactifs provoquent des troubles digestifs, neurologiques, des dysfonctionnements des organes de reproduction et des cancers à moyen et à long termes.
La falsification des dates n’est pas le seul porteur de risque dans nos assiettes. Beaucoup d’autres facteurs avérés ou probables menacent également.
Il y a ceux liés à la nature et à la composition des aliments (produits chimiques, additifs alimentaires, les impuretés comme la poussière, insectes, urines, poils, excréments). Les données du Lnsp concernent surtout les petits importateurs. «On rencontre des non conformités relatives à l’absence sur l’emballage du numéro de lot, des dates de fabrication et des dates de péremption. On rencontre également des insuffisances concernant la formulation du contenu, c’est-à-dire la conformité entre ce qui est annoncé comme contenu sur l’emballage et ce qui est testé en laboratoire. En effet, il s’agit le plus souvent d’une surestimation des quantités des composants par les fabricants», confie le Dg Maxime Drabo.

Biscuits, chocolats, laits, bonbons, jus, huiles, sel, poissons, produits carnés et autres sur le marché ne sont pas tous sûrs. Le Lnsp conseille au consommateur de vérifier des choses comme l’identité du produit et sa description exacte, le pays d’origine, la date de fabrication ou d’emballage, la date limite de consommation, le numéro de lot, etc. (Ph.: Yvan SAMA)

Biscuits, chocolats, laits, bonbons, jus, huiles, sel, poissons, produits carnés et autres sur le marché ne sont pas tous sûrs. Le Lnsp conseille au consommateur de vérifier des choses comme l’identité du produit et sa description exacte, le pays d’origine, la date de fabrication ou d’emballage, la date limite de consommation, le numéro de lot, etc. (Ph.: Yvan SAMA)

Sur le marché, beaucoup de limonades (jus) circulent sans informations précises. Les biscuits, les chocolats et les bonbons de tout genre, généralement prisés par les enfants, ne sont pas toujours bien renseignés. Il s’agit souvent de produits difficilement traçables, avec des informations approximatives.
La réglementation en vigueur au Burkina dispose que «les denrées alimentaires préemballées doivent respecter des règles en matière d’étiquetage». Il s’agit notamment de l’identité́ du produit et sa description exacte ; son contenu net (poids ou nombre d’articles) ; le nom et l’adresse du fabricant, de l’emballeur, du distributeur ou du cosignataire; la liste des ingrédients (volumes ou poids, exprimés par ordre décroissant); le pays d’origine ; la date de fabrication ou d’emballage ; la date limite de consommation ; le numéro de lot, etc. Mais beaucoup d’emballages ne portent pas les informations exigées.
Il arrive également que l’aliment soit potentiellement risqué du fait des mauvaises conditions d’entreposage ou de conservation. La rupture de la chaîne de froid ou la forte exposition au soleil des produits sont source de récomposition pour certains aliments. Ils deviennent alors impropres à la consommation. Pourtant, ce sont des produits qui se retrouvent dans les circuits de distribution par ignorance ou par cupidité.
Il y a aussi le cas du sel alimentaire qui est très problématique. Lors d’une séance de sensibilisation dédiée aux commerçants-importateurs de ce produit, en février 2014, le Lnsp attirait l’attention sur le risque lié au sel consommé. «Tous les sels ne sont pas adaptés aux assaisonnements et à l’alimentation humaine. Le sel est la principale source d’apport en iode dont l’organisme a besoin. Le bon sel, c’est à-dire celui qui est conforme à la consommation doit contenir de l’iode entre 30 et 60 ppm (ppm = partie par million)», ont expliqué les responsables du Lnsp.
La carence en iode, tout comme sa présence en excès dans l’organisme, est dangereuse pour la santé. Il faut la bonne dose au risque d’être exposé au goître et à toutes les formes de maladies cardiovasculaires. «Dans la pratique, beaucoup d’importateurs sont plus dans la logique de faire du business et ne se préoccupent pas de la qualité du sel qu’ils vont chercher à l’extérieur», confiait Maxime Drabo, Dg du Lnsp. Par ailleurs, le sel fortement exposé au soleil devient impropre à la consommation.
Pourtant, c’est sous le soleil que les sels cristaux sont souvent exposés et vendus sur les marchés. Selon le Lnsp, des sels de couleur «noirâtre», «rougeâtre», «jaunâtre» entrent par la contrebande pour la consommation humaine. Une bonne partie de ces sels est hyper-iodée. «On a déjà eu du sel qui atteint 3.000 ppm en iode au Burkina», confient les techniciens du Lnsp.
Le résultat du contrôle effectué par le Lnsp sur les lots de sels cristaux importés en janvier 2014 a révélé qu’un seul cas était conforme sur 12 lots concernés. Tout le reste était hyper-iodé. La qualité du sel est une vraie préoccupation, car c’est un composant de base de l’alimentation. Il y a aussi les huiles alimentaires et beaucoup d’autres produits sur lesquels on ne dispose pas d’informations fiables.
Karim GADIAGA


Les différents troubles liés à l’iode

– Signes d’un excès en iode
Thyroïdite
Goître
Hypothyroïdie
Hyperthyroïdie
Goût métallique
– Douleur aux gencives et aux dents Cancer de la thyroïde
Réactions aiguës dues à un empoisonnement à l’iode
Sensation de brulure dans la bouche, la gorge et l’estomac
– Douleurs abdominales Fièvre
Nausées, vomissements, diarrhées.

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Numéro d'édition: 100

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