Assurance maladie universelle : La société civile contre le report du vote de la loi

• Le Gouvernement prétexte le manque de moyens

• Les associations crient à l’urgence sociale

Un groupe de soutien de la société civile à l’Assurance maladie universelle (30) composé du Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (Spong) et du Réseau multi-acteurs de protection sociale a exprimé son inquiétude face au possible retard du vote de la loi portant sur l’Amu. C’était lors d’une conférence de presse le 20 mars dernier. Cette inquiétude fait suite à la position du Gouvernement exprimée à travers le ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Augustin Loada, qui souhaite le report du vote de la loi. Raison évoquée, laisser du temps au Gouvernement pour trouver les moyens financiers pour la mise en place de l’Amu. Les organisateurs de la conférence de presse exigent du Gouvernement «une réaction rapide, une échéance d’introduction du projet de loi sur le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) au Cnt et un agenda de relance du processus de mise en place de l’assurance maladie».

Pourtant, le vote de la loi du Ramu-BF ne signifiera pas la fin des préoccupations sur ce projet. Il faudra par la suite mobiliser l’ensemble des moyens nécessaires à son application. Il s’agit des moyens financiers, du dispositif technique, notamment les centres de santé de proximité dans toutes les localités, la ressource humaine quantitative et qualitative dans le domaine de la santé, le matériel sanitaire pour les soins et la prise en charge, les médicaments, etc.
Pour couvrir l’ensemble de ces besoins, quelle sera la part contributive de l’Etat, celle des partenaires et surtout celle des bénéficiaires ? Le Mali et la Côte d’Ivoire qui se sont inspirés de l’expérience du Burkina Faso ont déjà mis en place l’Amu. Mais comme le témoigne un membre de la société civile malienne présent à la conférence de presse, l’expérience de son pays est certes en marche, mais comporte beaucoup de couacs que le Burkina Faso devrait éviter en y réfléchissant mieux et en se donnant les moyens de mener à bien l’Amu, au risque de créer des situations encore plus désagréables au sein de la population.
L’Assurance maladie universelle est inscrite dans l’axe 2 de la Scadd dont l’une des actions est la mise en place d’un système d’Assurance maladie universelle et l’adoption de la politique nationale de protection sociale 2013-2022.

Germaine BIRBA


 

Le plan de financement de l’Amu

Le financement de l’Amu inclut la mobilisation d’importantes ressources financières à travers plusieurs sources. L’Etat sera le principal financier à travers ses collectivités territoriales et ses établissements publics, aidé par les cotisations des entreprises auxquelles s’ajouteront les co-paiements des bénéficiaires de l’Amu et l’enveloppe des partenaires engagés dans l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.
Quant au taux de prise en charge, elle tourne autour de 80% au démarrage de l’Amu. C’est dire que le principal défi sera celui lié à la pérennité du système de financement de l’assurance maladie. Chez les assureurs classiques, il faut en moyenne 250.000 FCFA par an pour assurer une personne, avec une garantie à hauteur de trois millions. A cela, il faut ajouter le degré d’exposition de l’Etat. La position du Gouvernement peut s’expliquer, car le pays, en période de transition, est sous austérité. Et sans ressource de financement, le projet salvateur qu’est l’Amu pourrait virer au cauchemar.

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Numéro d'édition: 103

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