Véhicules d’occasion: La Douane renonce au nouveau système d’évaluation

• Les commerçants et les consommateurs soulagés

• Le rajeunissement du parc reste problématique

Les revendeurs de véhicules d’occasion et les consommateurs peuvent enfin respirer. En effet, le nouveau système d’évaluation des véhicules d’occasion décrié a été finalement abandonné selon le service de communication de la Douane. Ce nouveau système d’évaluation annoncé en fin 2013 par la Direction générale de la douane avait suscité de vives réactions tant de la part des revendeurs de véhicules d’occasion que des consommateurs.

Trois mois après l’annonce de la mise en place en 2014 d’un nouveau système automatique d’évaluation des véhicules d’occasion par la Direction générale des douanes, les vendeurs de véhicules d’occasion montent au créneau.
Ils ont exprimé leur mécontentement lors d’une assemblée générale tenue en décembre 2013. Selon eux, la Direction générale des douanes n’avait associé aucun membre de leur association à l’étude préalablement faite avant la mise en place du projet.
De plus, ils reprochaient la complexité de ce système d’évaluation géré par une société étrangère qui procédait à l’évaluation d’un véhicule via son numéro de châssis.
«Nous n’avons pas été associés à l’étude qui a été menée pendant 10 mois par la douane avant la mise en place de ce système. Nous trouvons inconcevable qu’aucun acteur de la filière n’ait été associé à un projet qui nous concerne. De plus, par rapport à la simulation faite par la douane, nous trouvons qu’il y a des failles dans le projet qui ne prend en compte que le numéro du châssis de la voiture tout en négligeant son état physique réel. De plus, nous pensons que ce système n’est pas adapté à notre contexte», déclarait Moussa Rabo, secrétaire général de l’Association des commerçants de véhicules d’occasion.
Les vendeurs de véhicules d’occasion redoutaient cette nouvelle évaluation des voitures qui, selon eux, allait contribuer à mettre en péril la filière. En effet, avec le nouveau système qui établit la vraie valeur des véhicules, le dédouanement d’une voiture qui coûtait auparavant 800.000 F CFA allait revenir à près de 3 millions, soit 4 fois plus cher. Ce système exploité par l’entreprise Cotec, qui est déjà fonctionnel au Togo depuis quelques années, comptait s’étendre dans la sous-région.
Mais au Burkina Faso, la pilule a eu du mal à passer. De nombreuses plaintes avaient conduit la Direction générale de la douane à suspendre cette décision. Elle a été finalement annulée au grand soulagement des revendeurs mais aussi des consommateurs. «Nous sommes heureux de la décision prise par les douaniers.
Cette mesure allait contribuer à tuer l’économie du secteur plutôt que de la faire avancer. Si les consommateurs ne peuvent plus acheter de véhicules d’occasion de peur de devoir les dédouaner très cher, c’est l’activité de la revente des voitures d’occasion qui en pâtira. Pourtant, ce secteur emploie des milliers de personnes», affirme Ismaël Kafando, revendeur de véhicules.
Pour le moment, l’évaluation des véhicules d’occasion se fait selon l’ancien système, en attendant peut-être un autre moyen de mieux évaluer les véhicules d’occasion comme le souhaitait la douane. Les objectifs de cette mesure étaient, entre autres, de rajeunir le parc auto national.


 

Un secteur en plein essor

Le secteur de la vente des véhicules d’occasion est très développé au Burkina Faso et constitue un important secteur économique. Plus de 6.000 personnes évoluent dans la filière qui rapporte environ 3 milliards par mois et près de 36 milliards par an à l’Etat burkinabè.

Germaine BIRBA

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Numéro d'édition: 98

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