Energie: Le solaire prend pied sur le marché

. Les labels de qualité tendent à s’imposer

. Les populations rurales et périurbaines ciblées

. De l’emploi dans la chaîne de valeur

En 2014, au Burkina (près de 18 millions d’habitants), le taux d’accès des ménages à l’électricité est estimé à 24,4% au niveau national, avec au niveau urbain et rural respectivement des taux de 62,6% et 9,3%, selon les données de la récente enquête multisectorielle continue de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Insd).

Sur la base du recensement général de la population et de l’habitation, les statistiques de la même source indiquaient en 2011 que l’énergie solaire représentait 0,10% de la consommation nationale totale d’énergie.
Ces chiffres ont aussi montré qu’à l’échelle nationale, 13% de la population ont accès à l’électricité, avec environ 40% dans les zones urbaines et 1% dans les zones rurales (environ 2.369 villages de 1.000 à 2.000 habitants). Ces tableaux illustrent le potentiel de développement que pourrait représenter le marché du solaire dans le pays. Des entreprises l’ont compris et tentent de saisir l’opportunité.
Aujourd’hui, le nombre des acteurs de l’éclairage solaire, les entreprises solaires surtout, va croissant. Informels et formels, amateurs et professionnels se disputent le marché, les uns proposant des produits de qualité douteuse et les autres le contraire. Les panneaux solaires et les batteries sont proposés pour les chargements de téléphones, les radios, les télévisions, les ventilateurs et les petits frigos, avec garantie et service après-vente, mais la qualité à l’épreuve du terrain réserve bien souvent des insatisfactions multiples.
Dans ce contexte, difficile pour le consommateur de se retrouver. «Le marché du solaire connaît un développement assez exponentiel, mais malheureusement on y retrouve des produits qui commencent à jouer sur la réputation du solaire et à décourager les clients, de telle sorte que les gens pensent que le solaire n’est pas une bonne option, alors que c’est le produit pris qui n’est pas de qualité ou qui ne correspond pas au besoin», témoigne Honoré Bonkoungou, coordonateur pays PicoPv4Africa, un programme mené par la Snv, organisation néerlandaise de développement, en vue de promouvoir les technologies du solaire et ses standards de qualité.
Les efforts de ce programme se concentrent sur l’éclairage domestique et la recharge de téléphones portables dans les zones périurbaines et rurales, qui n’auront pas la connexion au réseau national avant de longues années. Ils consistent à fournir aux populations habitant les zones ciblées des solutions intermédiaires, efficaces, pour réduire l’écart entre eux et le réseau national.
Les produits solaires promus par PicoPv4Africa «tiennent dans la poche, avec des prix à partir 5.000 pour une dizaine de watts de puissance. Au milieu de l’échelle, il y a des systèmes de gamme de puissance autour des 100 watts. Au 3e niveau, on a les systèmes de mini-réseaux qui sont proches de ce que font les coopératives d’électricité (Coopel) et les plateformes multifonctionnelles. L’ensemble de ces trois niveaux sont tous des systèmes idéalement provisoires, intermédiaires, à la fois pour soulager le réseau de la Sonabel déjà saturé et les populations résidant au dernier kilomètre», selon Abdel Karim Traoré, le fonctionnaire de la Snv, coordonnateur des projets multi-pays PicoPv4Africa qui s’exécutent aussi au Niger, en Ouganda et en République démocratique du Congo. Entamé au Burkina en 2014, le programme connaît un bon accueil de la part des bénéficiaires, puisque le besoin et la volonté de payer des produits de qualité existent. En témoigne une étude menée par la Snv et ses partenaires de la Banque mondiale qui indique qu’en milieu rural, les ménages investissent énormément leurs revenus pour couvrir leurs besoins en éclairage ; au minimum 2.300 FCFA par mois en payant la torche, les piles et le pétrole lampant. Le cumul de ces dépenses fait une moyenne annuelle de l’ordre de 25.000 investis dans de l’éclairage polluant (les piles sont rejetées dans la nature) avec une qualité qui laisse à désirer, sans compter les effets divers sur la vue.
Dans les régions ciblées par le programme (l’Est, le Sahel, le Centre-Est, le Centre), les petits kits d’éclairage certifiés Lighting Africa par la Banque mondiale ont commencé à remplacer les lampes tempêtes et les torches. Il s’agit, selon les promoteurs, des produits solaires de haute qualité qui résistent aux conditions de vie des populations en milieu rural, qui ont une durée de vie minimale de 5 à 10 ans et qui offrent des garanties en termes de durabilité et de puissance d’éclairage adéquate. «Le concept de produits lighting est bien arrivé. Ils ont un coût accessible, sont de qualité et durable, la puissance d’éclairage est bien étudiée, ce qui permet à l’humain d’être dans des conditions plus idéales», rassurent les coordonnateurs de PicoPv4Africa.
Ils favorisent l’accès là où le besoin se fait sentir en déployant une stratégie de développement du marché, en vue d’une action durable. Objectif, inciter les acteurs du privé à entrer dans le dispositif par une mise en relation avec le milieu rural et périurbain. Cinq entreprises, importatrices de produits certifiés dont Total, Station Energy et Entrepreneurs du monde, sont parties prenantes du programme, aidées par une cinquantaine de distributeurs qui contribuent à la diffusion des produits certifiés.
«En moins de 5 ans d’activités, par le biais de ces mises en relation, il y a plus de 3.000 produits qui ont été introduits dans ces milieux. On sent de l’engouement. Nos premiers distributeurs sont tous à leur deuxième et troisième commande, les premiers utilisateurs ayant incité leurs connaissances à suivre leurs pas. Cela nous encourage à persévérer tout en attirant l’attention sur les produits de faible qualité qui pullulent dans les marchés. C’est un véritable poison dans l’économie des ménages. Si un ménage investit 2.300 F par mois, autour de 25.000 par an, et que cette dépense doit être effectuée annuellement, au bout de 5 ans, ce sera une somme d’argent considérable qu’il consacrera à la couverture ses besoins en éclairage. Par contre, avec un produit de qualité certifié qu’il paie à 5.500, il a 5 ans au minimum durant lesquels il ne fera plus de dépenses, avec le bénéfice d’un éclairage adéquat, bon pour sa santé. Ainsi, il fera des économies considérables qu’il pourra dédier au développement de ses activités agro-pastorales», explique M. Boukoungou.
Les responsables de PicoPv4Africa comptent, à partir de 2015, consolider les acquis de l’usage pour aller vers des usages plus productifs de l’énergie, en aidant à faire émerger de petites économies rurales avec le développement des programmes solaires qui devraient faciliter un marché grâce à un partenariat commercial entre fournisseurs et distributeurs, source de revenus et d’emplois dans la chaine de distribution.

 


 

Gammes des marques de lampes solaires certifiées Lighting Africa

Azuri Technologie Ltd 1
Barefoot Power Ltd 5
D.light design 4
Deutrex 818 1
Ecco Elecs Pvt Ltd 1
Fosera Group 2
Global Telelinks 2
Greenlight Planet 5
India Impex (sunlite) 1
Little sun 1
Marathoner Clp 4
Micromark 1
Minda NexGen Tech Ltd 1
Niwa Next Energy Products Ltd 3
Off-Grid Solutions 1
One Degree Solar 1
Orb Energy 2
Pharos Off-Grid Technologies 1
Philips 1
Schneider Electric 1
Shanghai Roy Solar Co., Ltd 1
Solard Works 2
Solux Service Gmbh 1
Kingfisher Consultants Ltd 1.

Christian KONE

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Numéro d'édition: 96

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