Élections 2015: «Les Sankaristes ne dorment pas»

• Pas à pas avec le peuple

• Le programme alternatif sous l’aisselle

Le scrutin présidentiel d’octobre 2015 sera largement ouvert, en l’absence d’un parti majoritaire. La transition démocratique dans laquelle le « pays des hommes intègres » s’est lancée est pleine d’espoirs. Depuis l’insurrection populaire de fin octobre 2014, l’atmosphère est favorable à des élections libres et démocratiques qui permettraient aux politiciens de faire un véritable test de leur crédibilité au niveau de l’opinion qui semble très motivée par l’enjeu. Chez les partis qui se réclament de l’idéologie du défunt président Thomas Sankara, on prépare les échéances à venir avec beaucoup de sérieux. « On ne dort pas », confie le principal leader du front progressiste sankariste, Me Bénéwendé Stanislas Sankara.

Candidat pour la première fois à la magistrature suprême en 2005, avec le parti de l’œuf, l’Unir-Ms créé en 2000, l’avocat avait réussi à avoir 4,88% des suffrages exprimés face à l’adversaire soutenu du Cdp, Blaise Compaoré. En 2010, le score s’est amélioré avec 6,34% des voix.
Cette fois-ci, lui et ses camarades espèrent fortement mieux. Le contexte leur semble favorable. L’insurrection a mis au devant le souvenir du capitaine Thomas Sankara et ses discours axés sur le développement endogène et participatif. « Tous les jeunes qui sont sortis les 30 et 31 octobre sont dans la vingtaine. Pour nous, des Sankaristes sont nés et ont atteint la maturité », déclare Nestor Bassière, le vice-président de l’Union pour la renaissance-Parti sankariste (Unir-Ps), pour qui « ces jeunes se réclament de l’idéal, mais n’appartiennent pas forcement à des partis sankaristes ».
L’assurance est donnée de mettre «l’intérêt général en avant», en vue de «capitaliser» l’attrait de cette jeunesse qui attend beaucoup des partis sankaristes afin que «l’œuvre de l’insurrection soit parachevée». «2015 est une chance pour nous d’émerger davantage. Nous ne devons pas échouer», clame-t-il.
Dans un contexte national marqué par l’inquiétude grandissante des acteurs du monde de l’entreprise soucieux de la protection de leurs outils de production, les grognes sociales, la croissance économique en baisse, les Sankaristes ont leur réponse à apporter à cette situation pour essayer de relever le Burkina Faso. Il s’agit d’un programme alternatif fait de réformes agraires, de satisfaction des besoins sociaux de base et qui apportera un type de développement à la hauteur des attentes des populations, dans tous les segments, au plan économique, social, politique «en droite ligne des valeurs déclinées dans la Charte de la transition, mais il faut réhabiliter la justice sociale », explique Maitre Sankara.
Christian KONE


 

 

Surf sur la vague de l’insurrection

Réunis au sein du front progressiste, les partis sankaristes préparent les prochaines consultations électorales. Ils cherchent le candidat capable de porter le projet de société qu’ils défendent. La reflexion est aussi menée sur les scenarii probables, compte tenu de la réalité qu’aucun parti n’est à ce stade pressenti comme favori. Les regroupements devraient, selon les leaders, se faire en fonction des idéologies, dans un premier temps, avec la grande famille sankariste, ensuite de façon excentrique vers les sociaux démocrates qui se réclament de la gauche. Mais, Me Sankara et ses camarades veilleront à ce que leur alliance ne soit pas « bancale » comme celle conclue en 2010. Le rassemblement de toutes les forces progressistes, patriotiques, démocratiques, en vue d’une véritable alternative fait le quotidien des stratèges sankaristes, qui bénéficient, assurent-ils, de la caution de Mariam Sankara, l’épouse du père de la révolution d’août 1983. « Le poste de chef de l’Etat n’est pas un banc mais une chaise. Nous devons faire un consensus de telle sorte que 2015 compte avec les Sankaristes. Autour de la chaise, nous devons avoir des bancs; et je pense qu’il y a des bancs pour tout le monde», caricature Nestor Bassière.

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Numéro d'édition: 97

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