Carburant/Gaz: Surchauffe en vue

• La Ccvc défie le Gouvernement

• Elle exige une baisse conséquente

La Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (Ccvc) monte au front sur les hydrocarbures et le gaz. Le 4 février, elle organise un sit-in pour exiger du Gouvernement une baisse conséquente des prix à la pompe des hydrocarbures et des dispositions pour la disponibilité du gaz butane. Ce sit-in est une sorte d’avertissement aux autorités de la transition, parce que ses initiateurs n’entendent pas en rester là.

La coalition estime dérisoire la baisse de 25 francs par litre de carburant annoncée et prévient que si elle n’obtenait pas satisfaction, c’est une grève nationale qu’elle organisera les 17 et 18 février prochains. Les syndicats et les organisations de la société civile bandent les muscles et rejettent l’argumentaire du Gouvernement qui a prévalu à la dernière baisse. Ils en attendaient entre 100 et 150 francs ? Le Gouvernement leur a servi quatre fois moins.
Pour le secrétaire général de la Confédération générale du travail (Cgt-B), Basolma Bazié, les arguments du Gouvernement ne tiennent pas. Sur le déficit à combler au niveau de la Sonabhy, le syndicaliste estime qu’il faut un montant précis et des délais pour le résorber parce que depuis des années, on en parle. L’argument sur la qualité du produit Sonabhy est inopérant selon lui, parce que tous les pays se ravitaillent sur le même marché à l’international. Il estime qu’il y a deux raisons à effectuer une baisse sensible du prix à la pompe. La première est conjoncturelle et serait liée à la baisse du cours du dollar et du baril de pétrole. La seconde, plus structurelle, est liée à la structure des prix et précisément à certaines taxes jugées élevées par les membres de la Ccvc.
La demande d’audience introduite auprès du Premier ministre le 22 janvier n’a pas encore connu de suite. C’est dans cette attente que les organisations membres ont décidé le 26 janvier de passer à l’action. D’abord à travers un sit-in devant le siège du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat ainsi que devant toutes les directions régionales de ce département. C’est un si- in de 3 heures, de 7h à 10h. La seconde phase sera le déclenchement d’une grève nationale le cas échéant. Le premier vice-président de la Ccvc, Chrysogone Zougmoré, a prévenu: «Il ne faut pas attendre que la situation durcisse avant d’agir». Les nuages s’amoncellent sur le front social. Quelle sera la réaction du Gouvernement face à une telle annonce ?


 

«La Sonabhy n’évolue pas»

Lors de la conférence de presse de la Coalition, le 29 janvier, la Société nationale des hydrocarbures était au cœur des échanges. Les syndicalistes et les organisations membres en ont après sa gestion. Ils exigent «un audit sérieux» et sont dubitatifs quant au «déficit» de la Sonabhy. Sur le gaz, un des membres du présidium a mis le doigt sur l’emplissage. Pour lui, «c’est la chaîne d’emplissage qui ne répond plus». Elle est dépassée et c’est de là que viennent, en partie, la spéculation et la rareté du gaz sur le marché, estime-t-il. De son point de vue, la Sonabhy stagne.

FW

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Numéro d'édition: 95

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