Bilan économique: Une situation qui inquiète

• Les remous sur l’article 37 et l’insurrection ont plombé l’économie

• «Nous avons un Gouvernement sans autorité»

logoL’institut Free Afrik a tenu le 29 janvier dernier une conférence publique à Ouagadoudou devant un parterre de journalistes, hommes politiques, représentants la société civile et étudiants. Sous la direction de Docteur Ra-Sablga Ouédraogo, l’institut a restitué les résultats de son étude portant sur le thème «Economie mondiale, économie burkinabè 2015». Il s’est agi de faire le bilan économique de l’année 2014, l’économie de l’insurrection, les perspectives et les projections pour 2015, les effets du cours Euro/Dollar sur l’économie burkinabè.

«L’étude que nous présentons est une étude annuelle. Elle insiste sur des facteurs internationaux qui ont des effets soit négatifs, soit positifs pour notre pays. En 2014, la menace Ebola a eu des effets très importants sur notre pays, sur des secteurs ciblés comme l’hôtellerie. Nous avons également eu une année difficile au plan sociopolitique. Bien avant l’insurrection, il y avait un ralentissement de l’économie en lien avec l’agenda concernant l’article 37 qui n’était pas un bon agenda pour l’économie. L’année s’est terminée avec une insurrection qui a fait de gros dégâts économiques desquels la transition peine à nous sortir.
Au niveau des autres facteurs internationaux, on a le cours du pétrole qui a connu une baisse importante et cela est une bonne nouvelle pour un pays comme le nôtre qui n’est pas producteur de pétrole. Cependant, cet effet positif est un peu contrebalancé par le fait que l’Euro est déprécié aujourd’hui par rapport au Dollar», explique Ra-Sablga Ouédraogo.
Dans son bilan économique, le Burkina Faso est classé à la 23e place des pays africains en 2014, avec une croissance de 5,1%. Ce classement en deçà des prévisions s’explique par de nombreux facteurs. La baisse des prévisions céréalières, la baisse des importations, la fraude massive, les effets de la menace Ebola, la baisse du cours de l’or et du coton, la crise sociopolitique, les errances budgétaires, l’insurrection populaire et bien d’autres.
Quant aux mesures sociales accordées à la population, qui ont mobilisé un peu plus de 181 milliards de FCFA, soit 20% des recettes propres, elles ont contribué à fragiliser le pays. En somme, la politique mise en place dans le but de légitimer la modification de l’article 37 a porté un coup à l’économie du pays. A cet effet, l’étude a fait une comparaison des recettes de l’Etat en 2013 et en 2014. Il ressort qu’en septembre 2013, les services de la douane étaient à 92% de taux de recouvrement, contre 58% à la même période en 2014. L’insurrection populaire n’a pas contribué à arranger les choses car celle-ci a touché des secteurs vitaux, causant une perte évaluée à 120 milliards.
L’année 2015 ne s’annonce pas plus reluisante pour le Burkina Faso. Selon Ra-Sablga Ouédraogo, les prévisions économiques annoncent une baisse de la croissance du pays à 5.0, avec un classement à la 27e place. Cela s’explique selon Free Afrik par la mauvaise gestion du gouvernement de transition. «Nous avons un Gouvernement sans autorité, qui maltraite l’économie et par conséquence qui nous emmène vers des risques de délitement de son autorité et des menaces sur la stabilité sociale», dixit Ra-Sablga Ouédraogo. En 2015, 42% des recettes fiscales serviront à payer des salaires, contre 31% en 2014, pour une norme communautaire de 35%. Les solutions proposées par l’institut pour éviter le chaos social sont, entre autres, la création d’initiatives proactives pour le dialogue social, le soutien au financement de l’économie, l’endettement public pour le paiement de la dette intérieure sans affaiblir le financement bancaire.

 


 

Un Institut au service de l’économie ouest-africaine

Depuis deux ans, l’Institut Free Afrik présente des études sur l’état de l’économie burkinabè. Cet institut est un organisme indépendant à but non lucratif dédié à la recherche sur les économies ouest-africaines.
Basé à Ouagadougou, son ambition est d’être un lieu de scrutation des économies ouest-africaines et de propositions alternatives pour le redressement économique du continent. Comme à l’accoutumée, son étude sur le thème «Economie mondiale, économie burkinabè 2015» sera présentée dans de nombreuses villes du pays.

Germaine BIRBA

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Numéro d'édition: 95

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