Danger

Entre deux et quatre milliards de nos francs de matériel partis en fumée. Les responsables de la mine d’or de Karma, située dans le Nord du pays, ont maille à partir avec les populations riveraines. Une mosquée, celle de Ramatoulaye, lieu de pèlerinage, serait menacée par l’exploitation de la mine. Les protestataires évoquent également les désagrégements sur le plan de l’environnement. Ceci n’est pas un incident isolé.

Les sociétés minières s’en plaignent depuis quelque temps. Ce phénomène s’est accéléré avec les casses subies lors de l’avènement de la transition. Les cas de Ramatoulaye et Namisiguima sont un indice grave de l’insécurité dans laquelle les investisseurs mettent en œuvre leurs projets miniers. Et il faut y mettre rapidement un terme dans l’intérêt bien compris de tous. Il est inconcevable que l’autorité reste impuissante face à la détérioration des relations entre les communautés riveraines des mines et les entreprises minières. Dans le pire des cas, elle doit être à mesure de protéger les biens et les outils de production. C’est ce que demande d’ailleurs la Chambre des mines.
Le Gouvernement joue sa crédibilité et s’il ne se bouge pas, c’est un mauvais signal qu’il donne aux investisseurs. Les populations ont des droits qu’il faut protéger. Et l’Etat doit également en être le garant. La profanation de fétiche sur le site de Kalsaka, il y a quelque temps, devrait inspirer plus d’un. Les textes ne posent pas problème, mais plutôt leur application.
Ces incidents violents montrent bien le déficit de communication qui existe entre les parties sur le terrain. La confiance n’y est plus. Les cadres de concertation mis en place à renfort de publicité n’arrivent malheureusement pas à faire barrage aux crises. Il faut nécessairement réinventer un nouveau type de dialogue si on veut une exploitation de l’or gagnant-gagnant. Sinon, les populations, instrumentalisées quelques fois par des esprits malins, pourraient rendre la situation intenable sur certains sites. Et à Ramatoulaye, la fibre religieuse pourrait être un ingrédient explosif.
Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 94

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