Environ 70.000 plaquettes d’œufs en provenance de la Côte d’Ivoire sont introduites par mois par le poste frontalier de Kampti selon les estimations de Dramane Traoré, président de la Maison de l’aviculture des Hauts-Bassins.

Mévente d’œufs: Une menace venue de la Côte d’Ivoire

• Une interprofession bien organisée en Côte d’Ivoire

• Un soutien politique constant

Environ 70.000 plaquettes d’œufs en provenance de la Côte d’Ivoire sont introduites par mois par le poste frontalier de Kampti selon les estimations de Dramane Traoré, président de la Maison de l’aviculture des Hauts-Bassins.

Ce volume correspond à 2.100.000 œufs d’une valeur d’environ 126 millions de FCFA, rien que par ce poste frontalier. Ces estimations indiquent l’ampleur des importations d’œufs de la Côte d’Ivoire. Des œufs proviennent également du Ghana (œufs roux) et du Mali (œufs blancs). Mais le consommateur burkinabè a une préférence pour les œufs roux.
Comment la Côte d’Ivoire est-elle devenue en l’espace de quelques années un pays pourvoyeur d’œufs ?
Pour Dramane Traoré, les œufs qui entrent par Kampti proviendraient de la ville d’Agnibilékrou, située à 400 km de la frontière avec le Burkina Faso, à l’Est de la Côte d’Ivoire. Un producteur du nom de Ali Ouattara y est installé. Sa ferme compte près de 500.000 poules pondeuses. Il dispose aussi de deux couvoirs de poussins et d’une grande fabrique d’aliments. Sa position est stratégique. Il n’est pas loin de la frontière ghanéenne, où il faisait le plus gros de son marché. Le Cedi ayant perdu de sa valeur, ses ventes dans ce pays ne sont plus rémunératrices. Il s’est rabattu sur le Niger et le Burkina Faso où ses clients sont les revendeurs basés à Ouagadougou.
En plus de cette production, il faut ajouter celle de la zone d’Abidjan qui était vendue au Liberia. Avec l’épidémie d’Ebola, les Ivoiriens ne vont plus au Liberia et prennent la route du Burkina Faso, poursuit président de la Maison de l’aviculture des Hauts-Bassins. Le développement de la filière en Côte d’Ivoire n’est plus à démontrer. A titre d’exemple, la Société ivoirienne de la production animale (Sipra), le plus grand complexe du pays, produit 15 millions de poussins par an. Dans ce lot, 3 millions deviennent des poules pondeuses et les 12 millions des poulets de chair. La Sfi a d’ailleurs pris des parts dans le capital de la Sipra à hauteur de 10 milliards de FCFA, nous apprend Dramane Traoré, et l’Etat vient d’accorder 6.000 hectares à la Sipra pour la production de maïs en maîtrise totale. A côté de cela, 7 autres grandes unités ont des couveuses de poussins.
Enfin, les différents Gouvernements accompagnent constamment les producteurs ivoiriens. Le président actuel, Alassane Ouattara, a injecté 300 milliards de FCFA dans la relance du secteur avicole. De nombreux producteurs bénéficient de ce soutien pour développer l’aviculture sur tout le territoire ivoirien. Une partie de ces œufs arrive au Burkina Faso par les cars de transport. La Maison de l’aviculture des Hauts Bassins estime que les 20 cars qui passent la frontière à Niangoloko par jour transportent frauduleusement environ 50 plaquettes d’œufs qui contribuent à perturber le marché national.


 

Une interprofession ivoirienne bien organisée

L’interprofession en Côte d’Ivoire est subdivisée en 3 professions. Les aviculteurs, organisés au sein de l’Union des aviculteurs de Côte d’Ivoire, les accouveurs, les producteurs de poussins et les provendiers, producteurs d’aliments. Tous financent le fonctionnement de l’interprofession. Il est reproché aux producteurs burkinabè le manque d’organisation. Toutefois, il faut reconnaître l’absence d’une vision politique dans le développement et la promotion de l’aviculture moderne au Burkina Faso contrairement à la Côte d’Ivoire. L’accent est plutôt mis sur l’aviculture traditionnelle. Pourtant, l’aviculture moderne crée de l’emploi, parce qu’à côté les producteurs de maïs, les transporteurs, etc. en profitent.

J B

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Numéro d'édition: 90

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