Au niveau de l’ensemble de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, la production céréalière se chiffre à 52,41 millions de tonnes, avec une légère progression de 5% sur la production de la campagne passée.

Prévention des crises alimentaires : Le dialogue politique se renforce

• Les communautés sahélienne et européenne main dans la main

• Accroître la mobilisation pour la résilience

La région ouest-africaine est aujourd’hui probablement la mieux préparée pour faire face aux crises alimentaires parce qu’elle s’est dotée, depuis 1984, d’un cadre de concertation et de coordination, d’un Réseau de prévention des crises alimentaires (Rpca) au Sahel et en Afrique de l’Ouest et d’un Dispositif régional de prévention et de gestion des crises (Pregec). Le renforcement du dialogue politique avec les États, l’intensification de la synergie avec les Commissions de la Cedeao et de l’Uemoa, mais aussi l’amélioration de la gouvernance du Cilss en général sont aujourd’hui mis en avant, selon les décideurs ouest-africains et leurs partenaires européens.

L’examen de ces priorités a été au centre de la 30e réunion annuelle du Rpca tenue les 17 et 18 décembre 2014, à Bruxelles. Les priorités actuelles pour améliorer davantage l’efficacité de l’action collective et ainsi garantir une sécurité alimentaire durable ont occupé les discussions de la centaine de participants.
C’est une nécessité de maintenir la veille, bien que la campagne agropastorale 2014-2015 soit globalement satisfaisante, avec une production céréalière provisoire établie à 55,56 millions de tonnes (sans prise en compte de la production du Niger). Comparée à la précédente campagne et à celle des cinq dernières années, l’on note respectivement une augmentation de 6 % et de 10 %. «Si l’arrivée des nouvelles récoltes a permis un approvisionnement satisfaisant des marchés, des risques alimentaires et nutritionnels localisés sont à prévoir comme chaque année. Ces risques sont le fait cumulé de facteurs structurels (pauvreté, malnutrition chronique), de l’insécurité civile, de prix élevés des denrées, ainsi que des conséquences de l’épidémie d’Ébola», explique le Réseau. Ainsi, au cours du dernier trimestre de 2014, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Tchad, environ 3 millions de personnes sont en «phase de crise ou d’urgence» alimentaire. La situation pourrait s’aggraver en janvier-mars 2015, si des mesures adéquates d’atténuation ne sont pas prises. La crise alimentaire pourrait s’étendre au Burkina Faso et au Niger et affecter au total près de 4,2 millions de personnes, d’après les alertes du Rpca qui signale, par ailleurs, que la situation nutritionnelle demeure préoccupante dans les pays du Sahel où le taux de malnutrition aigüe global demeure toujours au-dessus du seuil d’alerte de 10 %.

Christian KONE


 

 

Réunion de haut niveau sur le financement de la résilience

Dans le courant du premier semestre 2015, une Conférence conjointe Cedeao-Uemoa de haut niveau, sur le financement de la mise en œuvre des priorités résilience 2016-2020. La conférence à laquelle est attendue des représentants de gouvernements sahéliens et ouest-africains, des organisations intergouvernementales, des organisations de la société civile et du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, des banques régionales, entre en droite ligne des actions menées dans le cadre de l’Alliance globale pour la résilience (Agir) au Sahel et Afrique de l’Ouest, lancée fin décembre 2012 à Ouagadougou.
Placée sous le leadership politique et technique des organisations d’intégration sous régionales, la mise en route de l’Alliance devrait favoriser une meilleure synergie et plus de cohérence et d’efficacité dans les initiatives de résilience dans la région et permettre de tendre vers l’objectif «zéro faim» poursuivi par les Nations Unies.
Agir cible les producteurs agricoles vulnérables, les agro-pasteurs ou pasteurs, les travailleurs pauvres en milieux urbain et rural. En fin 2014 et selon le Rpca, treize pays sur les 17 que compte le Cilss se sont engagés dans le processus de formulation de leurs priorités de résilience pays. Six d’entre eux sont en phase de validation de leurs documents, six autres devraient l’être d’ici avril 2015.
La mobilisation politique de l’ensemble des parties prenantes pour la mise en œuvre des feuilles de route pays est recommandée par le Rpca.

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Numéro d'édition: 90

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