Le Gouvernement face à la presse: examen réussi

• Désormais un rendez-vous mensuel

• Socogib, parking municipal, suspension de partis, les explications

Quatre membres du gouvernement de transition face à une cinquantaine de journalistes pour des échanges de deux heures ! Le traditionnel point de presse de Gouvernement a fait place à ce qu’il est désormais convenu d’appeler le «Face à la presse» qui se tiendra désormais une fois par mois. Pour le premier rendez-vous, le 24 décembre 2104, les débats se sont déroulés sans langue de bois.

Quatre ministres à «la barre» : Frédéric Nikiéma (Communication, chargé des relations avec le Conseil national de la transition, porte-parole du Gouvernement), Auguste Denise Barry (Administration territoriale, décentralisation et sécurité), Hyppolite Dah (Industrie, commerce et artisanat) et René Bagoro (Habitat et urbanisme).
Un peu plus d’un mois après sa mise en place, le gouvernement de transition parle de «résultats réconfortants». Il s’agit principalement de la mise en place des institutions de la transition, la reconquête de la confiance et de l’estime des partenaires et pays amis, la célébration «réussie» du 11-Décembre à Dédougou, l’inhumation des martyrs, etc. Mais, les défis à relever restent importants : restauration de l’autorité de l’Etat, organisation des états généraux de la justice, lutte contre la corruption, élaboration du calendrier électoral, renforcement de la solidarité nationale et surtout l’organisation des élections en novembre 2015.
Le ministre Auguste Denise Barry est revenu sur la suspension du Cdp, de l’Adf/Rda et de la Fedap-BC. Pour lui, «lorsque la liberté d’un individu ou d’un groupe d’individus est susceptible de nuire à la sécurité nationale, il appartient aux autorités sécuritaires et/ou judiciaires de la lui en priver temporairement ou définitivement». C’est pourquoi, Auguste Denise Barry a souhaité que «tous ceux qui se sentent offusqués» par cette décision «pensent à la sécurité et à la paix dont notre vaillant peuple, à travers son Gouvernement, a besoin pour mener à bien la transition».
Car pour lui, «après 27 ans au pouvoir, les ramifications de l’ancien régime sont à tous les niveaux» et «les bourgeois avec leurs habitudes de corruption rodent toujours», même si «l’insurrection populaire a fait tomber le régime».
Le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme est revenu sur le cas de la Socogib (voir L’Economiste du Faso n° 89) en affirmant que le Gouvernement va «mener une procédure conforme aux lois du Burkina», non sans avertir : «Si nous nous rendons compte que le peuple a été brimé au profit d’un seul individu ou de quelques individus, nous allons engager des procédures conformément aux textes du Burkina». En tous les cas, le ministre-magistrat promet de corriger un certain nombre d’injustices qui ont constitué le socle des frustrations au Burkina Faso.
Le locataire du département du Commerce, Hyppolite Dah, a fait le point des privatisations. On retient que 59 entreprises ont été privatisées. Seules l’Onea et la Sonabel ont été retirés de la liste des sociétés à privatiser en 2010. A ce jour, il ne reste plus que la Sonabhy à privatiser sur cette liste de 2010.
Alexandre Le Grand ROUAMBA


 

 

Maisons en location: les loyers bientôt fixés par le Gouvernement

Au cours du «face à la presse» du gouvernement de transition, le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, René Bagoro, a confié qu’un texte visant à fixer les loyers sera proposé. Cette démarche tiendra compte de certaines caractéristiques. Pour lui, il y a urgence à fixer ces prix pour que certains bailleurs ne dressent leur barème au gré de leurs humeurs. Et d’ironiser : «Certains bailleurs augment le loyer parce qu’on vient de mettre un goudron devant leur cour, comme s’ils avaient participé à poser ce goudron». o

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Numéro d'édition: 90

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