L’Efo et l’Asfa-Y dans la tourmente

• Victimes collatérales de l’insurrection

• Les deux rivaux en manque d’argent

• Des salaires emportés par des braqueurs

L’ Asfa-Y dans les profondeurs du classement. (DR)

L’ Asfa-Y dans les profondeurs du classement. (DR)

Le championnat national de football de 1re division a vidé ses 10 premières journées. Déjà, l’ambiance est bien morose au sein des deux grands clubs de la capitale, rivaux devant l’éternel : l’Etoile filante de Ouagadougou (Efo) et l’Association sportive du Faso-Yennenga (Asfa-Y). Tous deux sont actuellement dans une tourmente qui risque de leur être fatale, si rien n’est fait.

Après 10 journées, l’Efo, championne en titre, traîne à la 5e place derrière le Racing club de Bobo (Rcb), l’Union sportive des forces armées (Usfa), l’As Sonabel et le Rail club du Kadiogo (Rck). Le président du club, Moustapha Demtougda, s’arrache les cheveux. Et pour cause ! Les joueurs et leur coach malien, Alou Badra Diallo, ont 2 mois d’arriérés de salaire et 4 primes de victoire (30.000 FCFA par match gagné) impayées. Quatre joueurs attendent de percevoir leurs primes de signature.
Face à tous ces retards de paiement, les joueurs sont entrés en grève. Pas d’entraînement ! Dans de telles situations, il faut de la magie pour empocher des points. Si le président du club Bleu et blanc avoue avoir déjà injecté, depuis quelque cinq mois, la bagatelle de 13 millions, en attendant d’être remboursé, il reste que les gourous du club qui constituaient la respiration financière du club sont aux abonnés absents depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre derniers. Ils sont tous aux abris.
De sources concordantes, il nous revient que le salaire de l’entraîneur, Alou Badra Diallo, était payé par l’ex-ministre de l’Energie et des mines, Salif Kaboré. Mais le président de l’Efo est catégorique: « Salif Kaboré n’a jamais payé le salaire de l’entraîneur. C’est faux ! ». Les joueurs et l’entraîneur sont toujours dans l’attente.
A quand la fin du calvaire, alors que ce club, engagé en compétition africaine, devra travailler à défendre les couleurs du Burkina ? La solution de cette crise se trouverait dans le virement des frais de transfert d’un ancien sociétaire de l’Efo, Yssouf Dayo, qui évolue au Vita club (Rdc). Alors que l’Efo attendait d’engranger 60 millions (sur 2 ans que le joueur devait signer), Dayo a préféré signer pour un an; ce qui rapporte la moitié de la somme à l’Efo, soit 30 millions de FCFA. Quand arrivera cet argent ? Question ! En attendant, l’équipe a relevé la tête lors de la 10e journée à Dédougou devant le Bankuy Sport
Les dirigeants du club restent convaincus que les joueurs se remettront davantage à la tâche dès réception de leurs primes et salaires ; mais ils risquent de perdre certains de leurs dirigeants qui se disent découragés par cette attitude et qui s’apprêtent à rendre le tablier. Ces derniers dénoncent l’indiscipline de certains joueurs qui seraient les meneurs.
L’Asfa-Y, quant à elle, est dans les profondeurs du classement : 13e sur 16 équipes. Et ce n’est pas tout : chez les Vert et jaune, tout semble être au rouge. L’insurrection populaire semble avoir aussi raison de l’ Asfa-Y. Le président central, l’ex-député Eddie Comboïgo, fait ce qu’il peut malgré ce qu’il a subi. Le Pca, Sylvestre Sam (Dg des Douanes) et les autres membres du bureau sont dépassés par les événements. Selon les confidences d’un membre de cette équipe dirigeante, personne ne comprend ce qui arrive au club. Au contraire de l’Efo, l’Asfa-Y n’accuse pas d’arriérés de salaire, même si ces salaires sont payés avec des retards.
Elle fait face au problème du vice-président, Jean-Paul Money, à qui le conseil d’administration a demandé de démissionner. Ce qui fut fait. Ce qui a aussi entraîné la démission du président de la section football, Soumaïla Ilboudo, et de son secrétaire général, Jacques Balima. Si le dernier a eu un remplaçant au moment où nous traçions ces lignes, le premier est toujours sans remplaçant. L’ Asfa-Y n’a donc plus de président section football.
Comme si les problèmes ne venaient pas seuls, il se trouve que des joueurs talentueux sont partis du club au moment où ce dernier avait le plus besoin d’eux. Il s’agit de Souleymane Kouanda, Assane Guimbo et de Raoul Bayala. Tous en fin de contrat, l’Asfa-Y n’a pas eu les moyens nécessaires pour les retenir. Une saignée qui ne facilite pas la tâche du technicien belge, Jean- François Losciuoto, en poste depuis le début du championnat.
Alexandre Le Grand ROUAMBA


Les salaires des joueurs braqués

Déterminés à sauver les salaires des joueurs, les dirigeants de l’Asfa-Y ont joué de malchance lorsqu’en début octobre dernier, ils ont été braqués à la sortie d’une banque de la place où ils étaient allés décaisser 12 millions de FCFA pour payer les joueurs qui attendaient sur le terrain d’entrainement. Une succession de situations désastreuses qui pourrait expliquer la mauvaise performance de la «Princesse». Après 9 matches, les Vert et jaune ne totalisent que 2 victoires pour autant de nuls, contre 5 défaites. On comprend pourquoi des membres de la famille «Asfasienne» lancent un SOS pour que tous ceux qui sont attachés à ce club se retrouvent autour d’une table pour se pardonner et se donner la main afin de remettre la «Princesse» sur son cheval pour une chevauchée qui augure des lendemains meilleurs.

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Numéro d'édition: 89

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