Ressources animales : L’Etat s’engage dans la production avicole

• Une société au capital de 100 millions de F CFA

• 2,5 millions de poussins dès la première année

• Un couvoir de 2,7 milliards de FCFA

Grâce à la Soprop, l’Etat va produire des poussins d’un jour et améliorer ainsi l’offre de poulets et d’œufs. (DR)

Grâce à la Soprop, l’Etat va produire des poussins d’un jour et améliorer ainsi l’offre de poulets et d’œufs. (DR)

C’est une aubaine pour le secteur de la production de la volaille. Le Conseil des ministres du gouvernement de la transition, en sa séance du 3 décembre dernier, a concrétisé l’un des projets les plus stratégiques en matière de production animale, voire en matière de développement socio-économique.

Deux décrets ont été adoptés dans ce sens. Ils portent respectivement création de la Société de production de poussins d’un jour (Soprop) et approbation de ses statuts particuliers. Le communiqué du Gouvernement indique que «l’adoption de ces décrets vise l’opérationnalisation de la Société de production de poussins d’un jour en vue de contribuer au développement de l’industrie avicole au Burkina Faso». D’après les informations tirées de l’étude technico-économique réalisée grâce au financement de la Banque mondiale et du Projet d’amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire (Papsa), la capacité du couvoir de la société est estimée à «2, 500 millions de poussins d’un jour à la première année et à 6 millions de poussins à la cinquième année». Les investissements pour l’installation de ce couvoir s’élèvent à 2, 766 milliards de F CFA. La Soprop démarrera avec un capital de 100 millions de F CFA. Son siège social sera basé à Ouagadougou. Pour ce qui concerne le mode d’écoulement, la production de la Soprop sera destinée aux éleveurs engraisseurs. Le prix de cession du poussin d’un jour aux éleveurs engraisseurs est de 500 F CFA l’unité. Le calendrier de l’opérationnalisation de la Soprop n’est pas encore connu. Il incombe au ministère en charge des Ressources animales, qui assure la tutelle technique, de mettre en place le Conseil d’administration et de recruter son Directeur général. Ce travail devrait être engagé très rapidement, rassure-t-on. «Le processus d’implantation du couvoir se poursuivra avec l’appui du Papsa pour la réalisation des plans de construction de l’infrastructure», indique le document du projet. En termes d’emplois, la future société créera au moins 1.600 emplois indirects d’éleveurs engraisseurs en plus de 48 permanents, qui seront directement embauchés. La création de la Soprop constitue une réponse longtemps attendue au problème crucial de la demande en viande en général et à celle de la viande blanche en particulier. Malgré des statistiques importantes en matière de production de volaille et d’œufs au plan national, l’offre est de plus en plus insuffisante face à une demande en croissance.
Le boom minier intervenu ces dernières années et la propension à l’exportation ont poussé la demande à la hausse et contribué à dégarnir le marché. Le poulet manque et les prix ne font que grimper. Pour combler le déficit, le très risqué phénomène de l’importation de la viande surgelée tend à s’installer. De la viande plus ou moins douteuse parvient de pays lointains d’Amérique, d’Océanie, d’Asie et d’Europe.
Pourtant, l’importation des produits carnés au Burkina est contrôlée et soumise à des conditions très restrictives à cause des risques qu’ils peuvent comporter en termes de santé publique. Mais malgré la sensibilisation, la tendance aux importations persiste et utilise souvent des voies frauduleuses. Régulièrement, les services vétérinaires interceptent des cargaisons et les détruisent.
Dans ce contexte, il est apparu que la meilleure réponse pour barrer la route à l’importation des produits douteux et limiter la surenchère est de créer les conditions d’une production suffisante. Jusque-là, la majorité (90%) des poussins engraissés dans les fermes d’élevage au Burkina sont le fruit de l’importation. Ils viennent notamment de la Côte d’Ivoire par la voie officielle ou du Ghana de façon frauduleuse. Le tout premier couvoir moderne installé au Burkina est celui de la Ferme Fadima développée par l’ancien Bâtonnier, Me Harouna Sawadogo.
D’une capacité de production de 1,3 million de poussins d’un jour par an, cette ferme basée à Koubri (localité située à quelques 30 km de Ouagadougou, route de Pô) a officiellement présenté ses premiers poussins d’un jour le 19 avril 2014.
La Soprop est la toute première initiative développée par l’Etat. C’est donc l’offre de poussins d’un jour qui se renforce pour essayer de correspondre à la réalité de la demande. D’après les sources officielles, les besoins nationaux en poussins d’un jour s’élèvent à plus de 6 millions de têtes par an. C’est dire qu’il y a encore de la place pour de nouveaux couvoirs.
Karim GADIAGA

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Numéro d'édition: 88

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