Transition civilo-militaire : La troupe de Zida prend ses marques

• L’inclusion fait son chemin

• Partage des responsabilités

• 25 ministres sous contrat

 La passation de charges entre le président de la transition, Michel Kafando, et le chef de la transition, Yacouba Isaac Zida. Plusieurs chefs d’Etat ont à l’occasion fait le déplacement. (DR)

La passation de charges entre le président de la transition, Michel Kafando, et le chef de la transition, Yacouba Isaac Zida. Plusieurs chefs d’Etat ont à l’occasion fait le déplacement. (DR)

Le Burkina s’éveille avec un nouveau pouvoir. Une nouvelle équipe gouvernementale resserrée de 25 compétences. Suivant l’Article14 de la Charte de la transition, sa composition devait prendre en compte les jeunes, les femmes et les syndicats. La troupe de IsaacYacouba Zida connaît ses prérogatives, la durée de son mandat et ses missions, dont la principale est l’organisation d’élections libres, justes et transparentes avant fin 2015.

C’est une exigence à laquelle ils ne peuvent déroger, puisque contraints par une Charte signée par toutes les forces vives, le peuple pris à témoin. L’on retiendra que ces hommes et femmes ont été choisis après trois jours de consultations, afin de mettre les hommes qu’il faut aux postes indiqués. Le Premier ministre Zida, en bon militaire, s’entoure d’une équipe censée remettre le Burkina en ordre de marche sur tous les plans: social, économique et surtout politique. Des indiscrétions font état de rejets de certains dossiers de ministrables. Ceci est un indicateur du sérieux avec lequel le chef du Gouvernement entend conduire sa mission. Ceux qui voyaient en cette transition une façon d’accéder facilement à des postes de responsabilités ont donc fait chou blanc. C’est également un avertissement pour ceux qui ont pu hériter d’un strapontin dans ce gouvernement de transition qu’ils sont assis sur des sièges éjectables.Les défis sont énormes à relever et les attentes nombreuses à satisfaire. On s’attend donc à ce que ce gouvernement soit un gouvernement d’action. Les faits et les gestes des membres de cette équipe seront donc surveillés par les Burkinabè, qui, ces dernières années,ont marqué un intérêt particulier à la bonne gestion de la chose publique. Le président Michel Kafando n’a-t-il pas promis la rupture d’avec les méthodes qui avaient cours sous le régime précédent, décriées et mises en berne le 31 octobre 2014 par l’insurrection populaire?Lutter contre la corruption et sévir sur le plan des sanctions devraient donc marquer son bref mandat transitoire. Le ton est donné avec la mise à l’écart de dirigeants d’importantes sociétés d’Etat et la cessation du pouvoir des Conseils municipaux et régionaux. Bien que se défendant de livrer une chasse aux sorcières, promesse est faite de mettre l’accent sur «le jugement de certaines personnes qui ont exagérément fait dans la prévarication et dans la concussion des deniers publics», tout en travaillant aussi à la réconciliation nationale. Des réformes politiques importantes en lien avec les finances publiques, les élections et les médias sont prévues dans l’agenda des mandants de la transition. Le premier donneur d’ordres et son délégué à l’exécution semblent, à l’entame de leurs fonctions, convaincus du chemin à parcourir pour atteindre le but en fin de course.
Désigné du fait de sa «capacité à conduire une nation et à gérer des situations de crise», le président Kafando et son Premier ministre seront jugés à l’aune des efforts qu’ils fourniront afin d’aider à «conduire avec neutralité et objectivité les élections présidentielle et législatives».
La durée de la transition ne pouvant excéder douze mois à compter de la date de l’investiture du président de la transition intervenue le 18 novembre 2014, c’est dire qu’en principe, l’élection présidentielle pourrait être tenue à bonne date comme l’avait prévue la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). C’est-à-dire autour du 23 novembre 2015.
L’espoir partagé par tous est que les organes exécutif et législatif transitoires fassent en sorte que ces dates bifurquent la destinée des Burkinabè vers le succès. Les clés de la transition apaisée, à même de conduire le pays vers des élections démocratiques, transparentes, libres et justes sont entre leurs mains. Ils se sont engagés à remplir la mission en écoutant la voix de la communauté nationale.o

Christian KONE


 

 

La vigie du Cnt

Malgré les chaudes discussions qui ont marqué le choix des membres du Conseil national de transition (Cnt), l’on est arrivé à s’entendre sur les personnes qui serviront de vigiles à l’action gouvernementale. Cette Assemblée est plurielle en termes de représentativité, car des militaires y côtoieront leurs concitoyens et concitoyennes issus des partis politiques et de la société civile. Ce qui laisse présager des débats pertinents sur les questions d’intérêt général pour lesquelles le Conseil est appelé à être la caisse de résonnance. L’organe législatif de la transition jouera donc son rôle de conseil dans l’action gouvernementale.
Ses membres sont investis du pouvoir d’exercer leurs fonctions essentielles, pour faire fonctionner le jeu de la démocratie au niveau de l’organisation des pouvoirs de la transition. Sans doute que le Cnt s’attèlera vite à apprécier le budget de l’État gestion 2015 qui, situation de crise oblige, connaîtra des ajustements. Cela en vue de parer au plus urgent en allouant les ressources nécessaires à la mise en œuvre des programmes de développement déroulés par le Gouvernement et les administrations publiques. Le budget de l’État devrait être mis en application à partir du 1er janvier. On peut cependant regretter la bataille de chiffonniers observée autour de la désignation des membres du Cnt, comme si la gestion de la transition était un gâteau à se partager. Certains n’ont toujours pas compris le message du peuple: servir et non se servir.o

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Numéro d'édition: 85

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