Suspension de l’aide internationale : Les autorités de la transition ont le dos au mur

• Les bailleurs tiennent le Burkina à l’œil

• Rassurer les partenaires

L’insurrection populaire qui a vu le départ du président Compaoré du pouvoir et l’arrivée des militaires pour gérer la pré-transition a mis le pays au ban de certaines institutions de la communauté internationale qui ont suspendu leur aide. C’est le cas du Canada et du Fonds monétaire international (Fmi) qui ont gelé leurs aides en attendant la transmission du pouvoir aux civils. La situation se normalise depuis l’investiture de Michel Kafando comme président civil de la transition.

L’annonce du Fmi intervient après la suspension par le Canada du financement de l’aide au développement du Burkina Faso. Cependant, une différence existe entre les deux annonces. Le Fmi attendrait de «reprendre les discussions avec les autorités dès qu’un Gouvernement de transition reconnu internationalement sera en place», a déclaré un porte-parole du Fmi, William Murray, lors d’une conférence de presse à Washington le 16 novembre 2014.
Plus de 20 milliards sont en jeu dans le cadre du programme triennal entre le Fmi et le Faso. Sur une ligne de crédit de 41,6 millions de dollars (environ 20,80 milliards de FCFA) ouverte en faveur du Burkina Faso sur 3 ans, le versement devait s’effectuer par tranches. Le versement de ces tranches était soumis à des audits trimestriels et à des réformes. La situation que vit le pays a suspendu le processus. La reprise des relations de partenariat avec le Fmi, en particulier, et les autres partenaires, en général, dépendra de l’évolution de la situation nationale. Les autorités de la transition ont du pain sur la planche pour non seulement maintenir les partenaires extérieurs toujours présents au Burkina, mais aussi ramener ceux qui ont déjà suspendu leur aide.
Le Fmi reste un bon partenaire pour le Burkina Faso en matière d’aide publique au développement.
Selon le «Rapport 2012 sur les appuis budgétaires au Burkina Faso : Etat des lieux et perspectives» de la Direction générale de la coopération (Dgcoop), le Burkina Faso a reçu 1.114 millions de dollars (560,40 milliards de F CFA) d’aide publique au développement (Apd) en 2012.
L’aide publique au développement correspond à l’aide en direction des pays en développement émanant d’organismes publics et d’institutions multinationales. L’enveloppe allouée au Burkina est en nette croissance, ce qui témoigne des bons rapports que le pays entretient avec ses partenaires. En effet, en 2003, l’Apd se chiffrait à 490 millions de dollars.
L’aide publique au développement, en 2012, se répartissait en aide-projet, évaluée à 665,72 millions de dollars, en appui budgétaire (348,60 millions de dollars) et en aide alimentaire et assistance d’urgence. Dans les appuis budgétaires, on distingue l’appui budgétaire global (Abg) et l’appui budgétaire sectoriel (Abs).
Deux types de partenaires ont contribué à alimenter l’appui budgétaire global : les partenaires bilatéraux et multilatéraux. L’intervention du Fonds monétaire international (Fmi), un partenaire multilatéral du Burkina Faso, a concerné exclusivement l’appui budgétaire global. La part contributive des partenaires multilatéraux dans l’appui budgétaire global représente 243,20 millions de dollars, soit 77,50% de l’appui budgétaire global.
Parmi les partenaires multilatéraux, la Banque mondiale occupe la première place avec 90 millions de dollars, représentant 28,49% de l’Abg, suivie de l’Union européenne 65,40 millions de dollars (20,84%), du Fmi 49,02 millions de dollars (15,62%) et de la Fad 38,77 millions de dollars (12,36%). Entre 2011 et 2012, l’accroissement de l’aide du Fmi a été considérable, 25,98 millions de dollars en 2011.
JB

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Numéro d'édition: 85

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