Troubles sur les sites miniers : Le syndicat des orpailleurs dément toute responsabilité

• «Nous sommes préoccupés par les accusations»

• Un orpailleur n’est pas un voleur

Les 30 et 31 octobre 2014, l’insurrection populaire a été accompagnée d’actes de vandalisme. Des sites miniers n’ont pas échappé aux pillages. Dans une interview accordée à L’Economiste du Faso (voir édition du 10 novembre), le président de la Chambre des mines dénonçait des attaques ciblées et laissait entendre que les populations ont pu être manipulées. Par qui ? Mystère et boule de gomme.

Quelques jours après ces événements, le Syndicat national des orpailleurs artisanaux et traditionnels du Burkina( Sy.no.ar.tra.B ), sur qui se posaient des regards accusateurs, est sorti de son silence en produisant une déclaration dans laquelle «il décline toute responsabilité desdits événements et appelle les autorités publiques à prendre toutes les dispositions utiles pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité aux niveau des sites». Et les responsables de conclure que ces actes sont de nature à «ternir l’image du syndicat». Pour El Adj Mahamoudou Raabo, président dudit syndicat, l’orpailleur n’est pas un voleur, il ne vole pas son collègue. Pour preuve, soutient-il, des biens de plusieurs millions de F CFA sont sur les sites, mais personne n’y touche. Sa structure ne se reconnaît pas dans les actes de vandalisme perpétrés les 30 et 31 octobre derniers. El Adj Mahamoudou Raabo, reçu au siège de l’Economiste du Faso en compagnie de son vice-président, le 12 novembre dernier, dénonce non seulement les attaques des sites, mais réaffirme également que le syndicat et ses membres n’ont rien à voir avec ces événements.
Il pose la question suivante : «Qui a pu prévoir ce qui s’est passé à Ouagadougou ? C’est ce qui s’est passé dans la capitale qui a déteint sur les sites miniers. On nous soupçonne sans aucune preuve. Si des militants avaient été pris sur le fait, au moins, on pouvait discuter». «Nous sommes préoccupés par les accusations portées contre les orpailleurs et notre syndicat est interpellé. Nous l’avions mis en place pour faire cesser le désordre sur le terrain. On n’a aucun intérêt à susciter une telle situation. C’est pour cela que nous avions fait une déclaration pour appeler au calme. Si nous avions les moyens, nous aurions fait le tour de tous les sites pour sensibiliser les gens».
Pour preuve de la bonne foi du syndicat, le syndicaliste cite l’exemple de Mankarga (région de Mogtedo) où le syndicat a été associé à la Chambre des mines et à la police économique afin de libérer le site pour les sondages. Le syndicat en aurait eu pour son grade parce qu’accusé de connivence avec les miniers. Ceci pour expliquer que la tâche n’est pas toujours aisée.
En effet, depuis la déclaration du bureau syndical, ses membres font l’objet de critiques parce que certains orpailleurs n’apprécieraient pas le fait que le bureau syndical ait traité les vandales de voleurs. Mais celui-ci persiste et signe : «Ceux qui ont organisé les pillages ne sont pas des nôtres. Si des gens ont loué des bennes pour aller transporter des rejets, ce sont des voleurs, le syndicat ne peut pas encourager cela».


 

Le syndicat national des orpailleurs artisanaux et traditionnels en bref

Mahamoudou Raabo est le président du syndicat depuis trois ans. Il revendique 2,5 millions d’orpailleurs adhérents sur l’ensemble du territoire. Son syndicat est affilié à l’Office national des syndicats libres (Onsl). Le syndicat a été créé «pour jouer à l’arbitre entre les propriétaires de permis miniers et les orpailleurs. Nous voulions mettre fin au désordre afin que les orpailleurs trouvent leurs comptes et que les droits des propriétaires de permis soient respectés également. Les problèmes de l’orpaillage sont énormes». Mais depuis un certain temps, grâce aux concertations, la tension a baissé, notamment par rapport à la gestion des rejets. Il explique que le plus urgent à régler est la question des rejets : «Entre-temps, avec l’amélioration des techniques d’extraction, on s’est rendu compte que les rejets pouvaient rapporter gros. D’où les nombreux conflits. Il y a eu un arrêté qui a finalement tranché en disant que les rejets appartiennent aux orpailleurs qui ont obligation de les revendre aux propriétaires des sites».

 

FW

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Numéro d'édition: 91

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