Bousculade sur le plateau de la télévision nationale, le 2 novembre dernier. (Ph: RFI)

Manifestation du 30 octobre: La télévision nationale se remet du «jeudi noir»

• Les installations et les archives gravement touchées

• Très peu de matériels disponibles

• Le processus de numérisation accusera un coup

La Radiodiffusion télévision du Burkina (Rtb), tout comme d’autres édifices publics, a subi la colère des manifestants du 30 octobre dernier. Les différentes entités de la nationale de l’information, à savoir la télévision, la radiodiffusion et la webdiffusion, ont été touchées par les saccages. A la différence de la radio dont les studios sont restés intacts, la composante télévision a connu beaucoup plus de dommages.

Les dégâts se résument en la destruction de certaines infrastructures, en la casse et aux pillages du matériel de travail, notamment ceux destinés à la production. Ces dégâts ont été préjudiciables au fonctionnement de la chaîne qui a dû interrompre ses programmes pendant quelques jours.
Passé le black-out, la télévision renaît de ses cendres. Cependant, cela n’est pas sans conséquences. Les programmes diffusés sont très limités. Une situation que les responsables attribuent à la destruction des archives et des disques contenant les programmes la télévision. Leurs contenus constituent l’une des composantes indispensables pour le service des programmes. La direction s’affaire donc au colmatage des brèches à ce niveau, pour parer au plus urgent.
La reprise s’avère difficile pour la télévision, le manque cuisant de matériel se fait sentir dans la collecte et la diffusion de l’information. La plupart des tables de montage ayant été emportée par les manifestants, les responsables ont dû réquisitionner du matériel des Rtb-régions, notamment celle de Gaoua.
Mais, avec seulement 2 tables de montage et quelques caméras actuellement , c’est la croix et la bannière pour la préparation des éditions.
L’importance des dégâts justifierait selon les agents l’option pour une édition unique du journal du 20 heures dès les premiers moments de la reprise. Le directeur de la télévision, Alfred Nikiéma, sollicité, n’a pas voulu s’exprimer officiellement sur la question, attendant le point définitif des dégâts.
Une des conséquences directes du pillage de la Télévision nationale est le plombage du processus de numérisation de ses studios. A moins d’une année de l’échéance prévue pour son passage au numérique, la télévision se trouve amputée d’une bonne partie de ses moyens de production.
Cette situation risque de retarder le processus, si des solutions ne sont pas trouvées dans de brefs délais, prévient Philippe Kahoun, directeur de la prospective, dans une interview accordée à la Rtb 2 Centre.
«Nous devons d’abord travailler à atteindre le niveau d’antan avant de continuer le processus et nous espérons que les autorités mettrons les moyens à notre disposition», déplore-t-il avant de préciser que l’inventaire provisoire du matériel détruit est de plusieurs centaines de millions de F CFA.
Outre le matériel de production, des agents ont été d’une manière ou d’une autre victimes de la situation. Dans les deux entités (télé et radio) visitées par les vandales, des effets personnels ont été emportés.
Ce sont notamment des engins à deux roues, des ordinateurs portables, de l’argent et du matériel divers. D’autres ont vu leurs véhicules vandalisés. C’est le cas du rédacteur en chef de télévision, Ardjima David Thiombiano, qui a, par ailleurs, été agressé par les manifestants. Pour l’heure, les responsables sont à pied d’œuvre pour trouver des solutions aux différents problèmes posés.

 


 

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Après le «jeudi noir» du 30 octobre, les agents essaient tant bien que mal de remettre les pendules à l’heure. Ce sont des agents déterminés à redorer le blason de la Rtb, avec la conviction que désormais plus rien ne sera comme avant.
Les actes de vandalisme dans les locaux de la télé et de la radiodiffusion sont perçus par certains agents comme un désaveu de la population vis- à-vis du contenu de l’information diffusée par ces chaînes de service public.
La nécessité se fait donc sentir de répondre aux besoins du public pour lequel l’on diffuse les informations. A cet effet, apprend-on, il n’est pas exclu que, dans les prochains jours, le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (Synatic) donne de la voix.

CD

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Numéro d'édition: 83

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