Rgsp 2014: L’épineuse question du financement des Pme


. Thème d’intérêt pour 80% des entreprises

. Arrêt capital sur une préoccupation récurrente

. Solutions attendues pour dynamiser l’économie

La 14e édition de la traditionnelle Rencontre Gouvernement/secteur privé (Rgsp) s’attaque à un thème crucial : «La problématique du financement des Pme /Pmi au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives». C’est l’objet principal des discussions prévues pour se tenir ces 27 et 28 octobre entre le Gouvernement et les acteurs privés de l’économie nationale. Comme tous les ans, ce rendez-vous annuel a lieu dans la ville-symbole de Bobo-Dioulasso. La deuxième ville du Burkina est en effet identifiée comme la «capitale économique» du pays. Et malgré la crise des années 90, qui l’a délestée d’un bon nombre de ses unités industrielles, elle continue de porter cette glorieuse appellation. Pour ce qui est du thème de la présente édition de la Rgsp, ce n’est pas véritablement la première fois qu’il est abordé à l’occasion de ce rendez-vous. Le financement des Petites et moyennes entreprises ou industries est une préoccupation qui persiste. En plus, elle est transversale, touchant le secteur privé dans sa quasi-totalité. Donc, plus ou moins évoquée à chaque édition de la Rencontre Gouvernement/secteur privé ; même si le financement n’avait pas encore été retenu comme thème principal.

Les responsables des Pme ne cessent de se plaindre de l’insuffisance ou de l’inaccessibilité des offres financières dont ils ont besoin pour poursuivre leur croissance. Il leur manque des financements sous forme de crédits d’investissement et d’exploitation à moyen et long termes. Cette réalité handicape non seulement l’émergence de ces entreprises, mais demeure aussi pénalisante pour toute l’économie nationale. En effet, les Pme/Pmi constituent la catégorie la plus représentative du tissu économique. Au Burkina Faso, le Fichier national des entreprises et des regroupements d’entreprises (Neré), qui est la base de données sur les entreprises formelles, répertorie près de 60 mille entreprises créées entre 2001et décembre 2013. Selon les estimations de la Chambre de commerce et d’industrie (Cci-BF), la structure du fichier Neré est dominée à plus de 80% par des Pme/Pmi. Au regard de leur nombre très élevé, le dynamisme des Pme devrait contribuer fortement à créer la croissance économique et surtout favoriser la création des emplois pour aider à résorber la question du chômage. C’est là tout l’intérêt de promouvoir ces unités économiques. Gagner le défi de leur financement optimal est une bataille décisive.


 

Face à la méfiance des banquiers

Malgré une augmentation du nombre des banques et d’institutions de micro-finance dans le pays, les produits financiers restent rares ou inadaptés pour les Pme. Il y a une certaine réticence des institutions de financement à octroyer des crédits à cette catégorie d’entreprises. Parmi les raisons de la crispation, les acteurs de la finance évoquent très souvent la faiblesse des garanties chez les Pme. Mais, c’est parfois aussi la méconnaissance des Pme par les financiers qui est à l’origine de leur insatisfaction au niveau des guichets. Il n’y a pas d’instruments d’évaluation et de suivi permettant aux banques d’avoir une bonne connaissance des Pme. Il convient aussi de dire que ces Pme ne se sont pas toujours donné toutes les chances d’être satisfaites. Les dossiers présentés aux banquiers sont souvent de mauvaise qualité. Il s’agit très souvent de dossiers qui ne rassurent pas et qui laissent entrevoir beaucoup de facteurs de risques d’insolvabilité.

Karim GADIAGA

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Numéro d'édition: 81

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