Blaise Compaoré: Les détails d’une fuite

• Héliporté à partir de Nobéré

• L’attitude de Honoré Traoré a déplu

Celui-là même que l’armée a désigné comme président de la transition, le Lieutenant-Colonel Yacouba Zida, ne s’était jamais imaginé dans ce rôle.

Dans l’après-midi du 30 octobre 2014, après l’incendie de l’Assemblée nationale, Blaise Compaoré qui était toujours le président du Faso transmet une déclaration au général de division Honoré Nabéré Traoré, chef d’état-major général des armées. Quel était le contenu de cette déclaration ?
Ce qui est sûr, il se susurre que le chef d’état-major général des armées n’a pas lu l’intégralité de la déclaration. On imagine que l’attitude de Honoré Nabéré Traoré n’a pas été du goût de tous, surtout du côté du Régiment de sécurité présidentielle.
D’où la sortie de Blaise Compaoré qui s’est senti dans l’obligation de prendre la parole dans la nuit pour informer qu’il retire le projet de loi modificative de l’article 37, ce qui suppose qu’il ne se présentera pas à l’élection de 2015, mais assurera la présidence de la transition. Plusieurs réactions ont suivi le discours du président. L’opposition politique a immédiatement annoncé une trentaine de morts et a appelé Blaise Compaoré à démissionner sans condition.
Tout s’est joué dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre 2014. Dans la matinée, après des tractations entre les éléments du Rsp, la décision de la démission de Blaise Compaoré du pouvoir est acceptée par l’intéressé lui-même.
Cette étape franchie, il fallait trouver la réponse à une grande question ? Qui pour remplacer Blaise Compaoré ? Le nom du Lieutenant-Colonel Yacouba Zida est avancé. Sa position hiérarchique au sein du Rsp joue en sa faveur. Après le Général Gilbert Diendiéré, chef d’état-major particulier de la présidence, et le Colonel Boureima Kéré qui est le chef de corps du Rsp, le Lieutenant-Colonel Yacouba Zida est adjoint du chef de corps du Rsp. Zida hésite. La troupe propose un capitaine répondant du nom de Poda. Finalement, Zida accepte de relever le défi. Pendant ce temps, la presse était convoquée à l’état-major général des armées où Honoré Nabéré Traoré déclarait assurer la présidence de la transition.
Le Lieutenant-Colonel Zida rentre en contact avec le Balai citoyen. La décision est prise de faire l’annonce de sa prise de pouvoir après que l’ex-président du Faso, Blaise Compaoré, ait quitté le pays, escorté par des éléments du Rsp.
Pendant cette attente, un des leaders du Balai citoyen annonce à la place de la Nation que l’armée a pris ses responsabilités, le président aurait démissionné et un message sera livré bientôt.
Quelque temps après, les éléments qui ont escorté l’ex-président annoncent qu’ils sont sur le point de revenir, Blaise Compaoré serait bel et bien parti. Le Lieutenant-Colonel Yacouba Zida livre son message au sein du camp Guillaume Ouédraogo, puis sur la place de la Nation rebaptisée Place de la révolution.


 

Blaise Compaoré a quitté le Burkina par hélico

La colonne de véhicules accompagnant l’ex-président a été perçue à la sortie de Ouagadougou et à Kombissiri. Les habitants de Pô se sont mobilisés pour bloquer le cortège. Blaise Compaoré n’a pas atteint Pô.
Il est resté dans la zone de Nobéré, dans un espace vide, où un hélico était supposé l’attendre. Sa garde a envoyé un fumigène pour donner sa position. L’hélico est arrivé pour le transporter, avec deux de ses gardes, vers la Côte d’Ivoire. Il a pris la route du Ghana pour embrouiller les pistes.
Un des gardes qui l’a accompagné dit avoir coulé des larmes lorsque Compaoré a pris place dans l’hélico avant de leur dire au revoir. En dehors de Blaise Compaoré, d’autres dignitaires du régime ont été héliportés pour les mettre en lieu sûr.

J B

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Numéro d'édition: 82

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