Biens et services miniers: Des initiatives en faveur de la fourniture locale

• 209 milliards de F CFA de commandes en 2013

• Un début d’organisation des fournisseurs locaux

• 192 milliards de F CFA de contribution au budget

2.041 fournisseurs ont effectué des achats pour le compte des sociétés minières au Burkina Faso, dont 47,2% (170 milliards de FCFA) de l’ensemble des achats ont été effectués auprès de 1.271 fournisseurs immatriculés au Burkina Faso sur la période 2010-2010, selon la Banque mondiale. (Ph.: Yvan SAMA)

2.041 fournisseurs ont effectué des achats pour le compte des sociétés minières au Burkina Faso, dont 47,2% (170 milliards de FCFA) de l’ensemble des achats ont été effectués auprès de 1.271 fournisseurs immatriculés au Burkina Faso sur la période 2010-2010, selon la Banque mondiale. (Ph.: Yvan SAMA)

En 2013, outre les 192 milliards de F CFA de contribution de recettes au budget de l’Etat, 3 sociétés minières ont passé des commandes de biens et services d’une valeur de 209 milliards de F CFA auprès de fournisseurs. Ces sociétés ont pour nom : Essakane Sa (151 milliards de F CFA), Semafo (51 milliards de F CFA) et Nantou mining Burkina (7 milliards de F CFA). Ces chiffres indiquent l’ampleur des commandes qu’une société minière peut passer par an.

Aussi, dans le cadre de son projet «Soutenir les achats locaux dans le secteur minier en Afrique de l’Ouest», la Banque mondiale a collecté des informations auprès de 6 sociétés minières (4 sociétés en production et 2 sociétés en projets avancés) sur la période 2010-2012. Il ressort de cette collecte que ces 6 sociétés ont réalisé 980 millions de dollars (environ 500 milliards de F CFA) d’achats auprès de fournisseurs.
Par extrapolation à l’ensemble du secteur, les dépenses sont évaluées à 1.000 milliards de F CFA sur la même période. La phase exploratoire leur a nécessité au moins 35 milliards de F CFA d’achats, les phases de construction 197 milliards de F CFA et les opérations d’extraction environ 771,500 milliards de F CFA d’achats.
2.041 fournisseurs ont effectué ces achats, dont 47,2% (170 milliards de F CFA) de l’ensemble des achats ont été effectués auprès de 1.271 fournisseurs immatriculés au Burkina Faso.
La Banque mondiale projette entre 320 à 338 milliards de F CFA d’achats par an sur la période 2013-2016.
La commande des biens et services miniers peut contribuer au développement du Burkina si elle est effectuée auprès des fournisseurs locaux. Ceux-ci paient des impôts et emploient des personnes à qui des salaires sont versés. Au regard de l’importance de cette contribution, de nombreuses initiatives ont été mises en œuvre pour promouvoir la fourniture locale en biens et services miniers.
La dernière en date est celle de l’Ong Orcade. Le 10 octobre 2014, elle a présenté les résultats d’une collecte d’informations sur le concept. Orcade est arrivée à la conclusion que les entreprises nationales sont dans l’incapacité de répondre aux demandes des sociétés minières. Ce qui amène les entreprises minières à faire certains de leurs achats à l’extérieur auprès des fournisseurs internationaux.
Avant cette initiative de Orcade, la Chambre des mines du Burkina Faso a restitué en février 2014 une étude sur le thème.
A l’occasion, il a été annoncé qu’une Commission spécialisée réunissant les responsables des achats et de la logistique des sociétés minières a été mise en place en son sein. Dans son plan d’action, elle propose, entres autres, une compréhension commune de l’approvisionnement local par les acteurs, le renforcement des capacités des fournisseurs locaux pour les rendre plus compétitifs, l’adoption de textes législatifs favorisant l’approvisionnement local et l’élaboration de plans de promotion de l’approvisionnement local par les sociétés minières.
Une société minière comme Essakane participe à la promotion des fournisseurs locaux en aidant les acteurs à se constituer en sociétés légales auprès du Centre de formalités des entreprises (Cefore). Essakane paie la contrepartie demandée au moment de la création de l’entreprise et passe des commandes auprès de cette société.
Cette mesure vise à rendre les fournisseurs locaux compétitifs, parce que la plupart exerçaient sans reconnaissance légale. Aussi, la mine offre des formations professionnelles aux jeunes de la localité afin de pouvoir leur solliciter des biens et services en cas de besoin.
Pour mieux promouvoir et défendre leurs intérêts, les fournisseurs locaux du Burkina Faso se sont organisés en 2010 au sein de l’Alliance des fournisseurs burkinabè de biens et services miniers (Absm). L’alliance comptait, en février 2014, 31 membres évoluant dans plusieurs domaines qui emploient 1.674 personnes, dont 1.286 hommes. Le chiffre d’affaires cumulé des membres est de 70 milliards de FCFA.
Les principales difficultés auxquelles l’Absm est confrontée se résument selon son coordonnateur, Alim Noumonsan Kambou, à l’insuffisance d’organisation de l’Absm, les lourdeurs administratives, le manque de communication des sociétés minières sur leurs besoins, les réticences de ces sociétés à signer des contrats d’engagement afin de permettre aux fournisseurs de bénéficier de certains avantages comme le soutien des institutions financières, le non-respect et les longs délais de règlement des factures, etc.
L’Absm bénéficie de l’accompagnement de l’ambassade du Canada qui facilite sa mise en relation avec des partenaires étrangers en organisant sa participation à des foires au Canada.

 


 

Les opportunités d’affaires à saisir

Les fournisseurs locaux se doivent de connaître le marché afin de saisir les opportunités durant les 3 phases de la vie d’une mine, à savoir la phase de recherche, caractérisée par des activités techniques, des besoins spécifiques et des dépenses importantes. La deuxième phase, celle de la construction, plus courte que la phase de recherche (2 à 3 ans), fait appel à plusieurs fournisseurs. La troisième phase, celle de production, plus longue que la construction, s’étale entre 8 à 15 ans. A ce niveau, les besoins et les opportunités d’affaires sont récurrents, divers et planifiés.

Joël BOUDA

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Numéro d'édition: 81

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