Echec du dialogue politique

• Assimi Kouanda accuse

• Zéphirin Diabré récuse

Pendant que Zéphirin Diabré, Cfop, attribue la responsabilité de la fin du dialogue au président du Faso, la Majorité, représentée ici par Assimi Kouanda, accuse l’Opposition. (Ph : Yvan SAMA)

Pendant que Zéphirin Diabré, Cfop, attribue la responsabilité de la fin du dialogue au président du Faso, la Majorité, représentée ici par Assimi Kouanda, accuse l’Opposition. (Ph : Yvan SAMA)

Le dialogue politique inclusif initié par le président du Faso a échoué. La messe a été dite, le 6 octobre dernier. La cause, un désaccord total sur le traitement des points non consensuels que sont le sénat et le référendum. On observe désormais une sorte de ping-pong entre les protagonistes, chacun voulant faire endosser la responsabilité de l’échec à l’adversaire.

Le chef de file de l’opposition politique (Cfop), Zéphirin Diabré, en compagnie de certains leaders de l’Opposition a été le premier à donner sa lecture de cet échec. Le lendemain 7 octobre, c’est au tour de la Majorité de donner sa version de ce flop.
Le chef de file de l’opposition a tenu à rappeler que «les deux délégations ont décidé d’élaborer un document cadre» et c’est ce qui a permis de disposer d’un document contenant 5 points qui devaient servir au travail. L’Opposition dit avoir voulu également que des assurances soient données par rapport aux conclusions. Ces assurances n’étaient pas acquises car «le président du Faso a clairement indiqué qu’au regard de ses prérogatives, il est de son devoir de donner une suite aux points non consensuels, car la République et les institutions doivent continuer à fonctionner». D’où le blocage.
Les prétentions du Cfop et de ses leaders sont que «tous les points non consensuels doivent rester en l’état et ne pas faire l’objet d’une quelconque initiative». Zéphirin Diabré a précisé que les deux co-présidents ont tenu le chef de l’Etat informé de la situation du blocage, d’où la décision de ce dernier de mettre un terme au dialogue.
Pour la Majorité, c’est plutôt l’Opposition qui «a mis fin brutalement et unilatéralement au dialogue politique», selon Assimi Kouanda qui précise que cette attitude n’est pas une chose nouvelle.
L’Opposition a déjà refusé le dialogue, «tout comme elle a refusé la confrontation directe des points de vue sur les mêmes questions en étouffant dans l’œuf l’initiative des médiateurs auto-saisis, conduite par le président Jean Baptiste Ouédraogo». La responsabilité et la culpabilité de l’échec du dialogue inclusif échoient à l’Opposition, martèle la Majorité même si cette dernière pense que les «fondamentaux d’un dialogue inclusif ne sont pas respectés» et qu’à propos des préalables, elle ne peut pas «aller benoîtement à ce dialogue». Roch Marc Christian Kaboré (Mpp) a fait remarquer à son tour que «nous ne sommes pas allés pour nous faire déculotter». Pour Saran Sérémé, le chef de l’Etat est libre d’utiliser ses prérogatives pour aller au référendum mais cela ne serait pas la meilleure voie. Pendant que chaque camp rejette la responsabilité de cet échec sur l’autre, les deux sont opposés à la proposition faite par certaines organisations de la société civile de coupler le référendum à la présidentielle. Les positions sont loin d’avoir bougé. Acculée au cours de la conférence de presse de la Majorité, l’Adf/Rda a encore rappelé sa position contre la modification de l’article 37 et ses inquiétudes quant au référendum. On attend donc de voir la prochaine étape après cet échec du dialogue. Pour le moment, le président du Faso n’a toujours pas déclaré ses intentions.

 


 

Arba Diallo continue de faire l’unanimité

 

Il est vrai que la Majorité et l’Opposition, par conférences de presse interposées, se sont jeté la responsabilité de l’échec du dialogue inclusif. Chacun accusant l’autre d’être à l’origine de l’échec de la tentative de résolution de la crise. Sur bien des aspects, aussi bien sur des séquences du dialogue avorté que sur ce qui a été dit au cours des rencontres, il n’y a pas eu d’unanimité. Cependant, s’il y a un point de consensus entre les deux protagonistes, c’est bien sur un homme : Hama Arba Diallo, président du Pds/Metba décédé le 1er octobre 2014. Lors de la conférence de presse du Cfop, Zéphirin Diabré a salué un homme politique «très avisé, pondéré mais toujours ferme dans ses principes, pilier dans le dispositif du Cfop». Quant à la Majorité, elle a salué «son sens du dialogue et son patriotisme exemplaires». Lors de ces conférences de presse, Hama Arba Diallo a eu «sa minute de silence» !

Jean De Baptiste OUEDRAOGO

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Numéro d'édition: 79

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