Entre Abidjan et Ouaga jusqu’à Kaya, il y avait déjà le vieux chemin de fer exploité par Sitarail (Bolloré). La réhabilitation de ce tronçon sera suivi du prolongement du réseau jusqu’à Tambao (localité située après Dori). C’est un prolongement qui suit le tracé du projet de la Boucle ferroviaire. (DR)

Chemin de fer Abidjan-Tambao: la collaboration entre Bolloré et Pam déterminante

• Le démarrage des travaux était prévu en août dernier

• L’accord-cadre signé en juillet ne règle pas tout

• Les deux sociétés vont continuer les négociations

Entre Abidjan et Ouaga, jusqu’à Kaya, il y avait déjà le vieux chemin de fer exploité par Sitarail (Bolloré). La réhabilitation de ce tronçon sera suivie du prolongement du réseau jusqu’à Tambao (localité située après Dori). C’est un prolongement qui suit le tracé du projet de la Boucle ferroviaire.

Entre Abidjan et Ouaga, jusqu’à Kaya, il y avait déjà le vieux chemin de fer exploité par Sitarail (Bolloré). La réhabilitation de ce tronçon sera suivie du prolongement du réseau jusqu’à Tambao (localité située après Dori). C’est un prolongement qui suit le tracé du projet de la Boucle ferroviaire.

La réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Kaya et de son prolongement jusqu’à Tambao ont été l’objet de l’un des accords signés lors de la 4e Conférence au Sommet du Traité d’amitié et de coopération (Tac) ivoiro-burkinabè. La rencontre, tenue en juillet dernier et co-présidée par les présidents Ouattara et Compaoré, a permis de conclure 28 accords et protocoles d’accords. Celui qui porte sur le chemin de fer engage, outre les deux Etats, le groupe Bolloré et la société Pan African Minerals (Pam). Ces deux opérateurs sont chargés des travaux et de l’exploitation du réseau. Parmi les enjeux, ce projet doit permettre, d’une part l’amélioration de la qualité du transport ferroviaire à travers le volet réhabilitation et d’autre part l’exploitation et l’acheminement des minerais de Tambao grâce au prolongement du rail. La Conférence de Ouagadougou avait clairement demandé aux deux opérateurs de «respecter strictement le calendrier proposé par les deux pays». Cette volonté tablait sur un démarrage effectif des travaux en août 2014. Mais jusque-là, aucune nouveauté n’est perceptible sur le terrain. Selon toute vraisemblance, les choses sérieuses ne pourront pas commencer cette année. A Sitarail, société concessionnaire du chemin de fer Abidjan-Kaya, une filiale du groupe Bolloré, on annonce le démarrage des travaux de réhabilitation en 2015. «Les travaux de réhabilitation prévus dans l’accord-cadre devraient démarrer au plus tard en début 2015, pour une durée de 3 ans», a fait savoir Joël Hounsinou, Dg de Sitarail, dans une interview parue le 11 août dans L’Observateur Paalga. Du côté de Pam, rien n’a filtré. Mais ce non respect du calendrier de démarrage des travaux signifie que l’accord signé fin juillet à l’occasion du sommet du Tac n’avait pas tout résolu. Tous les détails de la collaboration entre les deux opérateurs engagés sur les travaux ne semblent pas totalement réglés. Le sommet du Tac a seulement permis la signature «d’un accord-cadre général». Il avait établi les grands principes tels que les responsabilités des différents acteurs ou le cahier des charges. Mais pour les détails, Bolloré et Pam devaient encore se réunir pour s’entendre sur les relations contractuelles. Il leur restait notamment à fixer les annexes financières et techniques. Concernant ces négociations, une échéance a été fixée pour octobre prochain. «Nous nous sommes fixés pour objectif de finaliser l’ensemble des contrats de concession pour le 31 octobre», indiquait Philippe Labonne, Dg Bolloré Afrique Logistiques, après le sommet de Ouagadougou.

A coup sûr, certains points feront l’objet d’âpres discussions. Il s’agit notamment des conditions et tarifs qui seront appliqués à Pam lors du transport de son minerai sur la portion du chemin de fer concédée à Bolloré (Kaya-Abidjan). Inversement, quelles conditions pourront être appliquées à Bolloré sur la portion à construire par Pam ? Bien avant ces questions, les deux opérateurs devraient chercher à s’entendre sur la structure technique du nouveau rail à construire par Pam. C’est une condition pour obtenir une concordance parfaite entre les tronçons.


 

Un projet d’importance capitale

Au total, les travaux sur le chemin de fer vont coûter 438 milliards de F CFA. Selon le ministre burkinabè des Infrastructures, «la réhabilitation entre Abidjan et Kaya va coûter 262 milliards de F CFA. La nouvelle ligne entre Kaya et Tambao, 176 milliards de FCFA, alors que les études de faisabilité ont déjà mobilisé environ 900 millions de F CFA». 1.250 km sont concernés par la réhabilitation. Il s’agira «d’améliorer la qualité de la voie, d’augmenter sa capacité de trafic». A terme, le train devrait pouvoir désormais relier Ouagadougou à Abidjan en moins de 20 heures. La vitesse des trains de transport de marchandises passera de 15 km/h à 90 km/h, et le train des passagers de 25 km/h à environ 125 km/h. Outre la réhabilitation de l’infrastructure ferroviaire, le Groupe Bolloré prévoit également le renouvellement de son matériel de transport (locomotives, wagons et engins de manœuvre). Sitarail envisage acquérir 6 nouvelles locomotives «de dernière génération et de forte capacité» en début 2015. Un achat qui viendra renforcer son offre de traction. Selon le Dg, il permettra à la société de «répondre à la demande de transport de l’ensemble des clients de fret, avec un potentiel de transport journalier de plus de 3.000 tonnes». Du côté de Pam, société qui exploitera la mine de Tambao, le nouveau réseau du chemin de fer Tambao-Abidjan va permettre d’exporter, d’ici à trois ans, trois millions de tonnes de manganèse. Ce chemin permet également de réaliser une partie du projet de la Boucle ferroviaire.

Karim GADIAGA

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Numéro d'édition: 75

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